Ces pressentiments n'étaient que trop fondés, monsieur; pourtant nous
fûmes bien tranquilles pendant un certain temps après l'événement du
châtaignier; nous guérissions avec beaucoup de soins sa blessure,
comme vous voyez; tous les jours Hyeronimo et Fior d'Aliza apportaient
au pied de l'arbre des mottes de terre humide, enlevées au bord de la
grotte, pour rafraîchir l'arbre et pour le panser comme on panse un
malade. Nous nous flattions qu'on nous avait oubliés là-bas, dans ce
coin de rocher, où nous ne faisions point d'autre mal que de respirer,
de nous aimer et de vivre.