— Tout ceci est pour toi, me dit-il. J’ai fait ton compte.

Voici pour le voyage, voici pour le portier, voici pour le café

Barbette, [94] voici pour l’élève qui t’a prêté dix francs.… J’avais

mis cet argent de côté pour faire un remplaçant à Cadet; mais Cadet ne

tire au sort que dans six ans, et d’ici là nous nous serons revus.

Je voulus parler, mais ce diable d’homme ne m’en laissa pas le temps:

“A présent, mon garçon, fais-moi tes adieux… voilà ma classe qui sonne,

et quand j’en sortirai, je ne veux plus te retrouver ici. L’air de cette

Bastille ne te vaut rien.… File vite à Paris, travaille bien, prie le

Bon Dieu, fume des pipes, et tâche d’être un homme. —Tu m’entends, tâche

d’être un homme. —Car vois-tu! mon petit Daniel, tu n’es encore qu’un

enfant, et même j’ai bien peur que tu ne sois un enfant toute ta vie.”

Là-dessus il m’ouvrit les bras avec un sourire divin; mais, moi,

je me jetai à ses genoux en sanglotant. Il me releva et m’embrassa

sur les deux joues.

La cloche sonnait le dernier coup.

— Bon! voilà que je suis en retard, dit-il en rassemblant à la hâte

ses livres et ses cahiers. Comme il allait sortir, il se retourna

encore vers moi:

— J’ai bien un frère à Paris, moi aussi, un brave homme de prêtre, que tu

pourrais aller voir.… Mais, bah! à moitié fou comme tu l’es, tu n’aurais

qu’à oublier son adresse.…—Et, sans en dire davantage, il se mit à

descendre l’escalier à grands pas. Sa soutane flottait derrière lui;

de la main droite il tenait sa calotte, et, sous le bras gauche,

il portait un gros paquet de papiers et de bouquins.… Bon abbé Germane!

Avant de m’en aller, je jetai un dernier regard autour de sa chambre;

je contemplai une dernière fois la grande [95] bibliothèque,

la petite table, le feu à demi éteint, le fauteuil où j’avais tant pleuré,

le lit où j’avais dormi si bien; et, songeant à cette existence

mystérieuse dans laquelle je devinais tant de courage, de bonté cachée,

de dévouement et de résignation, je ne pus m’empêcher de rougir de mes

lâchetés, et je me fis le serment de me rappeler toujours l’abbé Germane.

En attendant, le temps passait.… J’avais ma malle à faire, mes dettes

à payer, ma place à retenir à la diligence.…

Au moment de sortir, j’aperçus sur un coin de la cheminée plusieurs

vieilles pipes toutes noires. Je pris la plus vieille, la plus noire,

la plus courte, et je la mis dans ma poche comme une relique;

puis je descendis.

En bas, la porte du vieux gymnase était encore entr’ouverte.

Je ne pus m’empêcher d’y jeter un regard en passant, et ce que

je vis me fit frissonner.

Je vis la grande salle sombre et froide, l’anneau de fer qui reluisait,

et ma cravate violette, avec son nœud coulant, qui se balançait dans

le courant d’air au-dessus de l’escabeau renversé.

XI

LES CLEFS DE M. VIOT

Comme je sortais du collège à grandes enjambées, encore tout ému de

l’horrible spectacle que je venais d’avoir, la loge du portier s’ouvrit

brusquement, et j’entendis qu’on m’appelait:

[96]

— Monsieur Eyssette! monsieur Eyssette!

C’était le maître du café Barbette et son digne ami M. Cassagne,

l’air effaré, presque insolents.

Le cafetier parla le premier.

— Est-ce vrai que vous partez, monsieur Eyssette?

— Oui, monsieur Barbette, répondis-je tranquillement, je pars

aujourd’hui même.

M. Barbette fit un bond, M. Cassagne en fit un autre; mais le bond de

M. Barbette fut bien plus fort que celui de M. Cassagne, parce que je

lui devais beaucoup d’argent.

— Comment! aujourd’hui même!

— Aujourd’hui même, et je cours de ce pas retenir ma place à la diligence.

Je crus qu’ils allaient me sauter à la gorge.

— Et mon argent? dit M. Barbette.

— Et le mien? hurla M. Cassagne.

Sans répondre, j’entrai dans la loge, et tirant gravement, à pleines

mains, les belles pièces d’or de l’abbé Germane, je me mis à leur compter

sur le bout de la table ce que je leur devais à tous les deux.

Ce fut un coup de théâtre! Les deux figures renfrognées se déridèrent,

comme par magie.… Quand ils eurent empoché leur argent, un peu honteux

des craintes qu’ils m’avaient montrées, et tout joyeux d’être payés, ils

s’épanchèrent en compliments de condoléance et en protestations d’amitié:

— Vraiment, monsieur Eyssette, vous nous quittez? Oh! quel dommage!

Quelle perte pour la maison!

Et puis des oh! des ah! des hélas! des soupirs, des poignées de main,

des larmes étoffées.…

[97]

La veille encore j’aurais pu me laisser prendre à ces dehors d’amitié,

mais maintenant j’étais ferré à glace sur les questions de sentiment.

Le quart d’heure passé sous la tonnelle m’avait appris à connaître les

hommes,—du moins je le croyais ainsi,—et plus ces affreux gargotiers se

montraient affables, plus ils m’inspiraient de dégoût. Aussi, coupant

court à leurs effusions ridicules, je sortis du collège et m’en allai bien

vite retenir ma place à la bienheureuse diligence qui devait m’emporter

loin de tous ces monstres.

En revenant du bureau des messageries, je passai devant le café Barbette,

mais je n’entrai pas; l’endroit me faisait horreur. Seulement, poussé par

je ne sais quelle curiosité malsaine, je regardai à travers les vitres.…

Le café était plein de monde. Les nobles cœurs étaient au complet,

il ne manquait que le maître d’armes.

Je regardai un moment ces grosses faces rouges je m’enfuis.…

Or, comme je m’acheminais vers le collège, suivi d’un homme de la

diligence pour emporter ma malle, je vis venir sur la place le maître

d’armes, sémillant, une badine à la main, le feutre sur l’oreille,

mirant sa moustache fine dans ses belles bottes vernies.… De loin je le

regardais avec admiration en me disant: “Quel dommage qu’un si bel homme

porte une si vilaine âme!…” Lui, de son côté, m’avait aperçu et venait

vers moi avec un bon sourire bien loyal et deux grands bras ouverts.…

— Je vous cherchais, me dit-il.… Qu’est-ce que j’apprends? Vous…

[98]

Il s’arrêta net. Mon regard lui cloua ses phrases menteuses

sur les lèvres. Et dans ce regard qui le fixait d’aplomb, en face,

le misérable dut lire bien des choses, car je le vis tout à coup pâlir,

balbutier, perdre contenance; mais ce ne fut que l’affaire d’un instant:

il reprit aussitôt son air flambant, planta dans mes yeux deux yeux froids

et brillants comme l’acier, et, fourrant ses mains au fond de ses poches

d’un air résolu, il s’éloigna en murmurant que ceux qui né seraient

pas contents n’auraient qu’à venir le lui dire.… Bandit, va!

Quand je rentrai au collège, les élèves étaient en classe. Nous montâmes

dans ma mansarde. L’homme chargea la malle sur ses épaules et descendit.

Moi, je restai encore quelques instants dans cette chambre glaciale,

regardant les murs nus et salis, le pupitre noir tout déchiqueté, et,

par la fenêtre étroite, les platanes des cours qui montraient leurs têtes

couvertes de neige.… En moi-même je disais adieu à tout ce monde.

A ce moment j’entendis une voix de tonnerre qui grondait dans les classes:

c’était la voix de l’abbé Germane. Elle me réchauffa le cœur et fit

venir au bord des cils quelques bonnes larmes.

Après quoi je descendis lentement, regardant attentif autour de moi,

comme pour emporter dans mes yeux l’image, toute l’image, de ces lieux

que je ne devais plus jamais revoir. C’est ainsi que je traversai les

longs corridors à hautes fenêtres grillagées où les yeux noirs m’étaient

apparus pour la première fois. Dieu vous protège, mes chers yeux noirs!…

Je passai aussi [99] devant le cabinet du principal, avec sa double

porte mystérieuse; puis, à quelques pas plus loin, devant le cabinet de

M. Viot.… Là je m’arrêtai subitement.… Ô joie, ô délices! les clefs,

les terribles clefs pendaient à la serrure, et le vent les faisait

doucement frétiller. Je les regardai avec une sorte de terreur religieuse;

puis, tout à coup, une idée de vengeance me vint. Traîtreusement,

d’une main sacrilège, je retirai le trousseau de la serrure, et,

le cachant sous ma redingote, je descendis l’escalier quatre à quatre.

Il y avait au bout de la cour des moyens un puits très profond. J’y

courus d’une haleine.… A cette heure la cour était déserte; la fée aux

lunettes n’avait pas encore relevé son rideau. Tout favorisait mon crime.

Alors, tirant les clefs de dessous mon habit, ces misérables clefs

qui m’avaient tant fait souffrir, je les jetai dans le puits de toutes

mes forces.… Frinc! frinc! frinc! Je les entendis dégringoler,

rebondir contre les parois, et tomber lourdement dans l’eau qui se

referma sur elles; ce forfait commis, je m’éloignai souriant.

Sous le porche, en sortant du collège, la dernière personne que

je rencontrai fut M. Viot, mais un M. Viot sans ses clefs, hagard,

effaré, courant de droite et de gauche. Quand il passa près de moi,

il me regarda un moment avec angoisse. Le malheureux avait envie

de me demander si je ne _les_ avais pas vues. Mais il n’osa pas.…

A ce moment le portier lui criait du haut de l’escalier, en se penchant:

— Monsieur Viot, je ne les trouve pas!

J’entendis l’homme aux clefs faire tout bas:

[100]

— Oh! mon Dieu!

Et il partit comme un fou à la découverte.

J’aurais été heureux de jouir plus longtemps de ce spectacle,

mais le clairon de la diligence sonnait sur la place d’Armes,

et je ne voulais pas qu’on partit sans moi.

Et maintenant, adieu pour toujours, grand collège enfumé, fait de vieux fer

et de pierres noires; adieu, vilains enfants! adieu, règlement féroce! Le

petit Chose s’envole et ne reviendra plus. Et vous, marquis de Boucoyran,

estimez-vous heureux: on s’en va, sans vous allonger ce fameux coup d’épée,

si longtemps médité avec les nobles cœurs du café Barbette.…

Fouette, cocher! Sonne, trompette! Bonne vieille diligence, fais feu de

tes quatre roues, emporte le petit Chose au galop de tes trois chevaux.…

Emporte-le bien vite dans sa ville natale, pour qu’il embrasse sa mère

chez l’oncle Baptiste, et qu’ensuite il mette le cap sur Paris et rejoigne

au plus vite Eyssette (Jacques) dans sa chambre du Quartier latin!…

XII

L’ONCLE BAPTISTE

Un singulier type d’homme que cet oncle Baptiste, le frère de Mme Eyssette!

Ni bon ni méchant, marié de bonne heure à un grand gendarme de femme avare

et maigre qui lui faisait peur, ce vieil enfant n’avait [101] qu’une

passion au monde: la passion du coloriage. Depuis quelque quarante ans

il vivait entouré de godets, de pinceaux, de couleurs, et passait son temps

à colorier des images de journaux illustrés. La maison était pleine de

vieilles _Illustrations!_ de vieux _Charivaris!_ de vieux _Magasins

pittoresques!_ de cartes géographiques! tout cela fortement enluminé.

Même dans ses jours de disette, quand la tante lui refusait de l’argent

pour acheter des journaux à images, il arrivait à mon oncle de colorier

des livres. Ceci est historique: j’ai tenu dans mes mains une grammaire

espagnole que mon oncle avait mis en couleurs d’un bout à l’autre,

les adjectifs en bleu, les substantifs en rose, etc.…

C’est entre ce vieux maniaque et sa féroce moitié que Mme Eyssette était

obligée de vivre depuis six mois. La malheureuse femme passait toutes ses

journées dans la chambre de son frère, assise à côté de lui et s’ingéniait

à être utile. Elle essuyait les pinceaux, mettait de l’eau dans les

godets.… Le plus triste, c’est que, depuis notre ruine, l’oncle Baptiste

avait un profond mépris pour M. Eyssette, et que du matin au soir la

pauvre mère était condamnée à entendre dire: “Eyssette n’est pas sérieux!

Eyssette n’est pas sérieux!” Ah! le vieil imbécile! il fallait voir de

quel air sentencieux et convaincu il disait cela, en coloriant sa

grammaire espagnole! Depuis j’en ai souvent rencontré dans la vie, de ces

hommes soi-disant très graves, qui passaient leur temps à colorier des

grammaires espagnoles et trouvaient que les autres n’étaient pas sérieux.

Tous ces détails sur l’oncle Baptiste et l’existence lugubre que

Mme Eyssette menait chez lui, je ne les [102] connus que plus tard;

pourtant, dès mon arrivée dans la maison, je compris que, quoi qu’elle en

dit, ma mère ne devait pas être heureuse.… Quand j’entrai, on venait de

se mettre à table pour le dîner. Mme Eyssette bondit de joie en me voyant,

et, comme vous pensez, elle embrassa son petit Chose de toutes ses forces.

Cependant la pauvre mère avait l’air gênée; elle parlait peu,

—toujours sa petite voix douce et tremblante, les yeux dans son assiette.

Elle faisait peine à voir avec sa robe étriquée et toute noire.

L’accueil de mon oncle et de ma tante fut très froid. Ma tante me demanda

d’un air effrayé si j’avais dîné. Je me hâtai de répondre que oui.…

La tante respira; elle avait tremblé un instant pour son dîner.

Joli, le dîner! des pois chiches et de la morue.

L’oncle Baptiste, lui, me demanda si nous étions en vacances.…

Je répondis que je quittais l’Université, et que j’allais à Paris

rejoindre mon frère Jacques, qui m’avait trouvé une bonne place.

J’inventai ce mensonge pour rassurer la pauvre Mme Eyssette sur mon

avenir, et puis aussi pour avoir l’air sérieux aux yeux de mon oncle.

En apprenant que le petit Chose avait une bonne place, la tante Baptiste

ouvrit de grands yeux.

— Daniel, dit-elle, il faudra faire venir ta mère à Paris.…

La pauvre chère femme s’ennuie loin de ses enfants; et puis,

tu comprends! c’est une charge pour nous, et ton oncle ne

peut pas toujours être _la vache à lait_ de la famille.

— Le fait est, dit l’oncle Baptiste, la bouche pleine, que je suis

_la vache à lait_.…

[103]

Cette expression de _vache à lait_ l’avait ravi,

et il la répéta plusieurs fois avec la même gravité.…

Le dîner fut long, comme entre vieilles gens. Ma mère mangeait peu,

m’adressait quelques paroles et me regardait à la dérobée;

ma tante la surveillait.

— Vois ta sœur! disait-elle à son mari, la joie de retrouver Daniel lui

coupe l’appétit. Hier elle a pris deux fois du pain, aujourd’hui une

fois seulement.

Ah! chère madame Eyssette! comme j’aurais voulu vous emporter ce soir-là,

comme j’aurais voulu vous arracher à cette impitoyable vache à lait,

et à son épouse; mais, hélas! je m’en allais au hasard moi-même,

ayant juste de quoi payer ma route, et je pensais bien que la chambre

de Jacques n’était pas assez grande pour nous tenir tous les trois.

Encore si j’avais pu vous parler, vous embrasser à mon aise; mais non!

On ne nous laissa pas seuls une minute.… Rappelez-vous: tout de suite

après dîner l’oncle se remit à sa grammaire espagnole, la tante essuyait

son argenterie, et tous deux ils nous épiaient du coin de l’œil.…

L’heure du départ arriva, sans que nous eussions rien pu nous dire.

Aussi le petit Chose avait le cœur bien gros, quand il sortit de chez

l’oncle Baptiste; et en s’en allant, tout seul, dans l’ombre de la grande

avenue qui mène au chemin de fer, il se jura deux ou trois fois très

solennellement de se conduire désormais comme un homme et de ne plus

songer qu’à reconstruire le foyer.

NOTES

_Title_. Le Petit Chose, ‘Little What’s-his-name,’ or ‘Little

What-do-you-call-him’: so also _Monsieur Chose, Madame Chose_.

Page 1. (chapter i. full=i)

2. Languedoc: an old province of the south of France,

so called from the name given to the language of its

inhabitants, who used the word _oc_ as an affirmative,

and were said to speak the _langue d’oc_ as distinguished

from the dialect spoken north of the Loire, which

expressed the affirmative by _oïl_ and was called the

_langue d’oïl_.

5. Carmélites: nuns of the order of Mount Carmel.

Their congregation was introduced into France in 1452.

13. aussi: note the inversion. In sentences beginning with

_aussi,_ ‘therefore,’ ‘so’; _à peine_, ‘hardly’;

_peut-être_, ‘perhaps’; _toujours,_ ‘still’; _au moins_,

‘at least’; _encore_, ‘yet,’ ‘even then,’ and a few more,

the _interrogative_ form of the verb is used.

Page 2.

7. Marseille, ‘Marseilles,’ Note the difference in spelling.

So also _Lyon_ (p. 9 l. 8.)

qui lui emportait plus de quarante mile francs, ‘who

robbed him of more than 40,000 francs.’ Why not _plus que_?

13. la grève des ourdisseuses, ‘the strike of the warping-women.’

_La grève_, originally=‘the strand,’ ‘beach.’

_La Place de Grève_, situated on the banks of the Seine,

was the Tyburn of ancient Paris. It was also in olden times

the rendezvous for the unemployed, hence the meaning ‘strike.’

Cf. _se mettre en grève, faire grève, les grévistes_.

16. la Révolution: i.e. the Revolution of February 24, 1848,

which caused Louis-Philippe, ‘king of the French,’ to

abdicate and a republic to be proclaimed.

17. coup de grâce, ‘the finishing stroke.’ Learn the following:—

p. 3 l. 23, _tout à coup_, ‘suddenly.’

p. 5 l. 19, _pour le coup_, ‘this time.’

p. 21 l. 19, _le coup de sonnette_, ‘the ring at the bell.’

p. 72 l. 20, _un coup de tête_, ‘a rash act.’

p. 75 l. 18, _à coup sûr_, ‘to be sure,’ ‘certainly.’

p. 96 l. 22, _un coup de théâtre_, ‘a clap-trap,

transformation scene.’

p. 100 l. 12, _un coup d’épée_, ‘a sword-thrust.’

18. à partir de, ‘from,’ ‘beginning from.’

ne battit plus que d’une aile, ‘was on its last legs,’

i.e. like a bird that is wounded and can fly with only one wing.

20. un métier bas, ‘one loom put aside.’

21. table d’impression, ‘printing-block.’

24. du second: sc. _étage_.

25. condamnée, ‘shut up.’ Pronounce _condané_.

27. agonisa, ‘was on the verge of ruin.’

Page 3.

13. assister à l’agonie: note _assister à qc._, ‘to be present

at something’; _assister qn._, to help some one.’

The original meaning of _assister_=‘to stand by,’ ‘to be present’;

then ‘to stand by a person,’ i.e. ‘to assist him.’

_Les assistants,_ ‘those present,’ or ‘the bystanders.’

16. à ma guise, ‘to my heart’s content.’

22. par exemple, ‘however.’ The meaning of this expression

varies according to the context. It can mean ‘however,’

‘indeed,’ ‘well now,’ ‘to be sure,’ ‘bless me,’ etc.

24-29. c’était dans l’habitude . . à tout ce qui l’entourait,

‘his was usually a fiery, violent, immoderate nature,

given to shouting, breaking and storming. In reality,

he was an excellent man; quick, however, with his hands,

loud in his speech, and prompted by an imperious desire

to make all those around him tremble.’

31. à qui s’en prendre, ‘on whom to lay the blame.’

Note the expletive use of _en_ and cf.—

_en vouloir à qn._, ‘to have a grudge against some one.’

_en venir aux mains_, ‘to come to blows.’

_il en est de même de . ._, ‘it is the same with . .’

Page 4.

1. mistral: a dry cutting NW. wind which blows across the south coast

of France. It is especially prevalent in the Rhone valley.

6. n’étaient pas en odeur de sainteté, ‘were not looked upon with

much favour.’

19. à voix basse, ‘in a whisper’; but _à haute voix_, ‘in a loud voice.’

23. mon grand frère l’abbé, ‘my big brother the clergyman,’ i.e. Henri

Daudet, professor at the College of the Assumption at Nîmes.

He died at the early age of twenty-four. The term _abbé_

originally meant the Superior of an abbey, then was extended

to any ecclesiastic.

31. un singulier enfant que mon frère Jacques: i.e. _mon frère

Jacques était un singulier enfant._ Note the _que_ of

emphatic inversion. It is a very common type of construction.

Cf. p. 73 l. 3, _la jolie ville que ce Paris!_ p. 100 l. 22,

_un singulier type d’homme que cet oncle Baptiste!_

Page 5.

2. les yeux rouges et la joue ruisselante: note the absence

of a preposition corresponding to the English ‘with.’

It is a very characteristic French idiom.

12. que veux-tu, mon ami? ‘how can we help it, my dear?’

lit. ‘what would you have (him do)?’

16. qu’avait cet étrange garçon: inversion frequently occurs

in relative clauses, especially when the subject is

longer than the verb.

18. désolation, ‘distress’; désolé, ‘grieved,’ ‘disconsolate,’

_not_ ‘desolate.’

19. c’est pour le coup . . à son aise, ‘this was a grand

opportunity for him to sob to his heart’s content.’

31. une douzaine d’années: the suffix _-aine_ added to

numerals generally implies an approximate number;

_une quinzaine_, ‘about fifteen.’

Page 6.

5. mon fidèle Vendredi: Robinson Crusoe’s servant and companion.

12. je le jouais, ‘I acted it.’

21. tenait son emploi, ‘played his part.’

24. toujours est-il que, ‘anyhow.’ Cf. note, p. 1 l. 13.

28. j’en avais quelquefois le cœur bouleversé, ‘my courage was

sometimes shaken.’

Page 7.

1. gros mots d’enfants de la rue, ‘coarse expressions of the

street arabs.’

3. en pleine table, ‘before the whole table.’ Cf.—

p. 25 l. 11, _en pleine montagne_, ‘right on the hill

side, ‘in the heart of the mountains.’

p. 64 l. 20, _en pleine révolte_, ‘in open mutiny.’

p. 65 l. 30, _en pleine étude_, ‘before the whole class.’

So also—

_en plein air_, ‘in the open air.’

_en pleine rue_, ‘in the middle of the street.’

_en plein hiver_, ‘in the depths of winter.’

11. ukase: a Russian term for an ‘edict’ or imperial order.

13. loge, ‘porter’s lodge.’

du côté de, ‘somewhere about,’ ‘in the direction of.’

Note this use of _de_ of motion ‘towards,’ and cf. _de

mon côté_ (p. 8. l. 12), _du côté de sa chère fabrique_

(p. 10 l. 6), etc. Don’t confuse with _à côté de_;

see note, p. 11 l. 3.

26. se dégoûta de, ‘became tired of.’

28. au fond de, ‘in the remotest parts of.’ Note _il sait

l’anglais a fond_, ‘he knows English thoroughly.’

Page 8.

10. de bonne heure, ‘early’; _à la bonne heure_, ‘all right,’

‘well done,’ ‘capital!’ Like _par exemple_ (see note,

p. 3 l. 22), the latter derives its meaning from the

context or tone in which it is said. Note _sur l’heure_

(p. 78 l. 8), ‘immediately,’ ‘at once’; _tout à l’heure_,

‘a moment ago,’ ‘presently.’

14. juste Dieu! ‘good gracious!’ ‘gracious me!’ So also _grand Dieu_

(l. 29). These and similar exclamations, e.g. _mon Dieu!—ah!

mon Dieu!—mon Dieu, oui!_ must _not_ be translated literally.

There is no idea of profanity attached to them.

16. à plat ventre, ‘flat on my face.’

19. c’est égal, ‘all the same.’

30. il n’en fut rien, ‘nothing of the kind happened.’

Page 9.

1. dès qu’ils furent partis, je courus: after _après que,

aussitôt que, dès que, à peine, quand, lorsque_,

the _Past Anterior_, not the _Pluperfect_, must be used

when the principal verb is in the preterite. In other

words, the auxiliary of the compound verb must be in the

same tense as the verb in the principal sentence.

22. il avait pris les devants, ‘he had gone on in front.’

26. Beaucaire: a fine town on the right bank of the Rhone.

It is connected with Tarascon by a splendid

suspension-bridge, and is famous for its fair held annually

in July, and frequented by many thousands of people.

Daudet gives a graphic account of it in _Numa Roumestan_.

Page 10.

2. Un parapluie: note the gender; nouns ending in _e_ mute

preceded by a vowel are usually feminine. Other

exceptions are _génie, incendie, lycée, musée_.

3. tout de même, ‘all the same.’

Page 11. (chapter ii. full=ii)

3. à côté de, ‘by the side of,’ ‘beside.’ Cf. note,

p. 7 l. 13. Distinguish also _à côté_ and _de côté_;

e.g. _il demeure à côté_, ‘he lives close by’; _la maison

d’à côté_ ‘the next house’; _le tableau est de côté_ ‘the

picture is on one side’; _un regard de côté_, ‘a side glance.’

7. large, ‘broad,’ _never_ ‘large.’

8. le ciel riait, ‘the sky was radiant.’

9. descendaient au fil de l’eau, ‘were going down stream.’

19. ma foi! ‘upon my word!’ ‘faith!’ _not_ ‘my faith!’

Never translate this expression literally.

Page 12.

3. serrés les uns contre les autres, ‘closely packed.’

9. à tâtons, ‘groping his way along.’

qui vive? ‘who goes there?’ The challenge of a French sentinel.

14. et en route, ‘and moved off.’

21. ah! mon Dieu! see note, p. 8 l. 14.

23. me serra plus fort, ‘grasped my hand more firmly.’

29. s’il parlait, je crois bien: on l’entendait d’une lieue,

‘I should rather think it was talking, you could hear it

a mile off.’ The sentence is elliptical, _vous demandez_

being understood before _s’il_. Note the idiomatic use

of _bien_, and cf. _je le veux bien_, ‘I am _perfectly_

willing’; _voulez-vous bien vous en aller_, ‘_won’t_ you go away!’

_je donnerais bien un franc_, ‘I shouldn’t mind giving a franc.’

30. trouble, ‘agitation,’ ‘confusion,’ _not_ ‘trouble,’

the French for which is _peine, chagrin, douleur.

Les troubles_=‘rebellion,’ ‘rising,’ e.g. _des troubles

éclatèrent en France_.

Page 13.

9. plus de Vendredi! plus de perroquet…plus possible: _plus_ is

often used negatively without _ne_ when the verb is understood.

Trans. ‘without a Friday, or a parrot, a Robinson would not

be possible any longer.’

Le Petit Chose (Histoire d'un Enfant) · 第 6 / 11 段