Sous les feuilles noires des lauriers, sous
les fleurs amoureuses des roses, c'est ici que
je suis couchée, moi qui sus tresser le vers
au vers, et faire fleurir le baiser.
J'ai grandi sur la terre des nymphes; j'ai
vécu dans l'île des amies; je suis morte dans
l'île de Kypris. C'est pourquoi mon nom est
illustre et ma stèle frottée d'huile.
Ne me pleure pas, toi qui t'arrêtes: on m'a
fait de belles funérailles, les pleureuses se
sont arraché les joues, on a couché dans ma
tombe mes miroirs et mes colliers.
Et maintenant, sur les pâles prairies
d'asphodèles, je me promème, ombre
impalpable, et le souvenir de ma vie
terrestre est la joie de ma vie souterraine.