158 -- DERNIÈRE ÉPITAPHE

Sous les feuilles noires des lauriers, sous

les fleurs amoureuses des roses, c'est ici que

je suis couchée, moi qui sus tresser le vers

au vers, et faire fleurir le baiser.

J'ai grandi sur la terre des nymphes; j'ai

vécu dans l'île des amies; je suis morte dans

l'île de Kypris. C'est pourquoi mon nom est

illustre et ma stèle frottée d'huile.

Ne me pleure pas, toi qui t'arrêtes: on m'a

fait de belles funérailles, les pleureuses se

sont arraché les joues, on a couché dans ma

tombe mes miroirs et mes colliers.

Et maintenant, sur les pâles prairies

d'asphodèles, je me promème, ombre

impalpable, et le souvenir de ma vie

terrestre est la joie de ma vie souterraine.

Les chansons de Bilitis · 第 170 / 177 题