Ne crois pas, Myromêris, que, d'avoir été
mère, tu sois moindre en beauté. Voici que
ton corps sous la robe a noyé ses formes
grêles dans une voluptueuse mollesse.
Tes seins sont deux vastes fleurs renversées
sur ta poitrine, et dont la queue coupée
nourrit une sève laiteuse. Ton ventre
plus doux défaille sous la main.
Et maintenant considère la toute petite enfant
qui est née du frisson que tu as eu un
soir dans les bras d'un passant dont tu ne
sais plus le nom. Rêve à sa lointaine destinée.
Ces yeux qui s'ouvrent à peine s'allongeront
un jour d'une ligne de fard noir, et ils
sèmeront aux hommes la douleur ou la joie,
d'un mouvement de leurs cils.