Ici gît le corps délicat de Lydé, petite
colombe, la plus joyeuse de toutes les
courtisanes, qui plus que toute autre aima
les orgies, les cheveux flottants, les danses
molles et les tuniques d'hyacinthe.
Plus que toute autre elle aima les glottismes
savoureux, les caresses sur la joue, les jeux
que la lampe voit seule et l'amour qui brise
les membres. Et maintenant, elle est une
petite ombre.
Mais avant de la mettre au tombeau, on l'a
merveilleusement coiffée et on l'a couchée
dans les roses; la pierre même qui la recouvre
est tout imprégnée d'essences et de parfums.
Terre sacrée, nourrice de tout, accueille
doucement la pauvre morte, endors-la dans
tes bras ô Mère! et fais pousser autour de
la stèle, non les orties et les ronces, mais
les faibles violettes blanches.