L'amour des femmes est le plus beau de
tous ceux que les mortels éprouvent, et tu
penserais ainsi, Kléôn, si tu avais l'âme
vraiment voluptueuse; mais tu ne rêves que
vanités.
Tu perds tes nuits à chérir les éphèbes
qui nous méconnaissent. Regarde-les donc!
Qu'ils sont laids! Compare à leurs têtes
rondes nos chevelures immenses; cherche
nos seins blancs sur leurs poitrines.
À côté de leurs flancs étroits, considère
nos hanches luxuriantes, large couche creusée
pour l'amant. Dis enfin quelles lèvres
humaines, sinon celles qu'ils voudraient
avoir, élaborent les voluptés?
Tu es malade, ô Kléôn, mais une femme
te peut guérir. Va chez la jeune Satyra,
la fille de ma voisine Gorgô. Sa croupe est
une rose au soleil, et elle ne te refusera pas
le plaisir qu'elle-même préfère.