Sur une terrasse blanche, la nuit, ils nous
laissèrent évanouies dans les roses. La
sueur chaude coulait comme des larmes, de nos
aisselles sur nos seins. Une volupté
accablante empourprait nos têtes renversées.
Quatre colombes captives, baignées dans
quatre parfums, voletèrent au dessus de nous
en silence. De leurs ailes, sur les femmes
nues, ruisselaient des gouttes de senteur.
Je fus inondée d'essence d'iris.
Ô lassitude! je reposai ma joue sur le
ventre d'une jeune fille qui s'enveloppa de
fraîcheur avec ma chevelure humide. L'odeur
de sa peau safranée enivrait ma bouche
ouverte. Elle ferma sa cuisse sur ma nuque.
Je dormis, mais un rêve épuisant m'éveilla:
l'iynx, oiseau des désirs nocturnes, chantait
éperdument au loin. Je toussai avec un frisson.
Un bras languissant comme une fleur s'élevait
peu à peu vers la lune, dans l'air.