« Où étais-tu? -- Chez la marchande de fleurs.
J'ai acheté des iris très beaux. Les voici,
je te les apporte. -- Pendant si longtemps tu
as acheté quatre fleurs? -- La marchande m'a
retenue.
-- Tu as les joues pâles et les yeux
brillants. -- C'est la fatigue de la
route. -- Tes cheveux sont mouillés et
mêlés. -- C'est la chaleur et c'est le vent
qui m'ont toute décoiffée.
-- On a dénoué ta ceinture. J'avais fait le
noeud moi-même, plus lâche que celui-ci. --
Si lâche qu'elle s'est défaite; un esclave qui
passait me l'a renouée.
-- Il y a une trace à ta robe. -- C'est l'eau
des fleurs qui est tombée. -- Mnasidika, ma
petite âme, tes iris sont les plus beaux qu'il
y ait dans tout Mytilène. -- Je le sais bien,
je le sais bien. »