Le long du bois couvert de givre, je
marchais; mes cheveux devant ma bouche se
fleurissaient de petits glaçons, et mes
sandales étaient lourdes de neige fangeuse
et tassée.
Il me dit: « Que cherches-tu? --Je suis la
trace du satyre. Ses petits pas fourchus
alternent comme des trous dans un manteau
blanc. » Il me dit: « Les satyres sont morts.
« Les satyres et les nymphes aussi. Depuis
trente ans il n'a pas fait un hiver aussi
terrible. La trace que tu vois est celle
d'un bouc. Mais restons ici, où est leur
tombeau. »
Et avec le fer de sa houe il cassa la glace
de la source où jadis riaient les naïades.
Il prenait de grands morceaux froids, et, les
soulevant vers le ciel pâle, il regardait au
travers.