44 -- LA NUIT

C'est moi maintenant qui le recherche.

Chaque nuit, très doucement, je quitte la

maison, et je vais par une longue route,

jusqu'à sa prairie, le regarder dormir.

Quelquefois je reste longtemps sans parler,

heureuse de le voir seulement, et j'approche

mes lèvres des siennes, pour ne baiser que

son haleine.

Puis tout à coup je m'étends sur lui. Il se

réveille dans mes bras, et il ne peut plus se

relever car je lutte! Il renonce, et rit, et

m'étreint. Ainsi nous jouons dans la nuit.

... Première aube, ô clarté méchante, toi

déjà! En quel antre toujours nocturne, sur

quelle prairie souterraine pourrons-nous si

longtemps aimer, que nous perdions ton

souvenir...

Les chansons de Bilitis · 第 49 / 177 题