278 692 suivi aussi de 423 zéros.

Nota. Les problèmes I et II, ainsi que leurs solutions, ont été extraits

de l'excellent ouvrage intitule: _Exposition de la Théorie des chances

et des probabilités_, par M. Cournot.

III. Le problème proposé se décompose en trois questions partielles,

savoir:

1° Reconnaître la fraude. Pour cela, il suffit de transposer les poids.

Si les balances sont fausses et préparées de telle sorte qu'elles

paraissent justes étant chargées de poids inégaux, tout aussi bien que

vides, leur fausseté sera manifestée par la simple transposition du

poids et de la marchandise qui se font équilibre dans les deux bassins.

On verra la marchandise enlevée alors par le poids qu'on croyait être le

sien.

2° Le principe sur lequel ces balances sont fondées est connu sous le

nom de _principe du levier_, et consiste en ce que les forces parallèles

appliquées aux deux bras d'un levier mobile autour d'un point d'appui,

doivent être en raison inverse des distances de leur point d'application

au point d'appui, pour se faire équilibre.

Cela posé, pour fabriquer des balances fausses, on a du prendre d'abord

des bras de fléau inégaux en longueur, mais on les a pris aussi

inégalement pesants, de telle sorte qu'ils se fassent équilibre autour

de l'axe de suspension. On bien encore, s'ils sont également pesants, on

leur donne une forme différente, de sorte que le centre de gravité du

bras le plus long soit à la même distance de l'axe du fléau que le

centre de gravité du fléau le plus court.

Ensuite on a muni les extrémités de ces deux bras du fléau de bassins

dont les poids sont aussi en raison inverse des longueurs des deux

liras. Ainsi, ces deux bras étant supposés, l'un de 30 l'autre de 322

centimètres de longueur, il faudrait que si le bassin adapté au bras de

32 centimètres pèse 80 grammes, le bassin du bras de 32 seulement

pesât 75.

A chaque pesée qu'on ferait avec cette balance, en mettant le poids dans

le bassin le plus pesant et la marchandise dans l'autre, l'acheteur

serait trompé d'un seizième. Mais nous avons indiqué le moyen de

découvrir la fraude.

3º Pour se faire donner un poids exact, il y a un procédé très-simple

qui réussit infailliblement, quel que soit l'état de la balance.

Équilibrez d'abord la marchandise placée dans un des bassins avec de la

grenaille de plomb ou de fer, avec une matière quelconque que vous

mettrez dans l'autre bassin. Enlevez ensuite la marchandise, et

remplacez-la par un poids qui fasse équilibre à la grenaille que vous

avez laissée à la place où vous l'aviez mise. Ce poids sera exactement

celui que l'on cherche. On connaîtra donc le poids de sa marchandise

avec une exactitude qui ne dépendra plus aucunement de celle de la

balance, mais seulement de celle des poids.

Cette méthode, si simple à concevoir, qui paraît se présenter si

naturellement à l'esprit, n'a été imaginée que vers la fin du siècle

dernier, par notre illustre navigateur et physicien Borda. Elle est

connue sous le nom de _Méthode des doubles pesées_. Pour apprécier ce

qu'une découverte, en apparence si modeste, peut avoir d'importance, il

suffira de dire qu'elle a rendu les plus grands services pour la

détermination du système métrique des poids et mesures, et qu'elle en

rend encore tous les jours dans les laboratoires des physiciens et des

chimistes.

Avant de la connaître, on procédait ainsi: on plaçait alternativement la

substance à peser dans l'un et l'autre bassin; on cherchait les poids

qui y faisaient équilibre et on prenait la racine carrée de leur

produit.--Ainsi, l'un des deux poids étant de 80 grammes, l'autre de 90,

et la racine du produit de 80 par 90 étant de 84, 83, on en concluait

que le véritable poids était de 84 grammes 83 centigrammes.

L'Illustration, No. 0042, 16 Décembre 1843 · 第 11 / 14 题