U.

L'_u_ suivi d'une autre voyelle finale, est toujours long, comme dans

_v[=u]e_, _coh[=u]e_.

_Ure_, finissant un mot, toujours long: _murm[=u]re_, _aug[=u]re_,

_d[=u]re_.

_Usse_, est long dans les verbes, comme je _p[=u]sse_, et dans _ût_, à

la troisieme personne de ce temps.

L'aspiration peut être regardée comme une partie de la Prosodie; mais

elle ne regarde que l'_h_. Cette lettre est aspirée, lorsqu'elle a les

propriétés de la consonne; c'est-à-dire, lorsqu'elle ne souffre ni

suppression de voyelle, ni liaison de consonne. On dit sans élision, une

_haquenée_, et sans liaison, des _haquenées_. Comme il n'y a point de

regles à donner à cet égard, on peut consulter la liste suivante, dont

tous les mots commencent par des _h_ aspirées.

_Ha! habler, hableur, haha, hagard, haie, haie! haillon, haîne, haïr,

haire, halage, halbran, halbrener, hâle, hâler, halener, haleter, halte,

hameau, hampe, hanap, hanche, hangard, hanneton, hanter, happelourde,

happer, haquenée, haquet, harangue, haras, harasser, harceler, hardes,

hardi, hargneux, hareng, haricot, haridelle, harnois, haro, harpailler,

harpe, harper, harpie, harpon, hart, hasard, hâter, have, havresac,

hausser, haut, hé! hennir, hérault, here, hérisser, hérisson, hernie,

héron, héros, herse, hêtre, heurter, hibou, hic, hideux, hoc,

hiérarchie, ho! hola! hobereau, hoche, hochepot, hochet, houpe, honnir,

honte, holle, houblon, houille, houlette, houppe, houppelande, housard,

hussard, houssaie, houspiller, houspillon, housse, housser, houssine,

houssiner, hoyau, huche, hucher, huer, hulotte, humer, hume, huppe,

hure, hutte._

Tous les mots dérivés des précédens conservent leur aspiration, excepté

ceux de _héros_, qui sont: _héroïne_, _héroïsme_, _héroïde_,

_héroïquement_. Dans _enhardir_ l'_h_ est aspirée, mais non pas dans

_exhausser_. On aspire l'_h_ du mot _Henri_, dans un discours oratoire;

mais hors de là, c'est une affectation. _Hollande_, _Hollandois_,

commencent par une _h_ aspirée, excepté dans ces façons de parler: toile

d'_hollande_, fromage d'_hollande_, qui ont passé du peuple dans le

langage ordinaire. _Hongrie_ s'aspire, excepté dans ces phrases: eau de

la reine _d'Hongrie_, points _d'Hongrie_, etc. Quoique onze et onzieme

commencent par une voyelle, on écrit sans élision l'article ou la

préposition qui la précede, et l'on ne lie pas la consonne: de _onze_

enfants il ne leur en reste qu'un; tous les _onze_ du mois.

* * * * *

Pour l'intelligence des signes de quantité prosodique dont on va faire

usage, on croit devoir avertir qu'on ne s'est point assujetti à la

méthode de l'abbé d'Olivet. Quoique par son traité de Prosodie, il ait

rendu un grand service à la langue, il s'en faut bien que son ouvrage

ait été aussi utile qu'il eût pu l'être, s'il eût distingué l'accent

prosodique de la quantité prosodique. En confondant ces deux parties, il

a embrouillé la matiere. Il est bien, difficile, pour ne pas dire

impossible, de comprendre, ce qu'il entend par syllabes longues, breves

et douteuses.

Nous avons des voyelles graves par leur nature, et par conséquent

très-longues. Leur longueur et leur gravité ne changent jamais du

primitif au dérivé, quelque place qu'elles occupent dans un mot. On fait

entendre également, l'_a_, l'_e_ et l'_o_ graves, dans m_â_t, m_â_ter,

il m_â_te; dans pr_ê_t, pr_ê_ter, il pr_ê_te; dans dép_ô_t, dép_o_ser,

il dép_o_se, etc. Ces voyelles sont très-longues dans tous ces mots.

Au contraire, les voyelles aiguës et les muettes deviennent moyennes, si

la syllabe qui vient après commence par une consonne suivie d'une

muette. La syllabe _gé_, par exemple, qui est aiguë et très-breve dans

affli_gé_, est muette et breve dans affli_ge_ra. Elle est moyenne, tant

pour la quantité que pour l'accent prosodique, dans ils affli_ge_rent:

elle tient le milieu entre la longue et la breve, et entre l'aiguë et la

grave.

L'abbé d'Olivet nomme quelquefois douteuses les voyelles qui sont

moyennes quant à la qualité de la voix, et quelquefois il les nomme

breves relativement aux graves, qui sont toujours très-longues. On

pourroit les qualifier de longues, en les comparant aux breves,

puisqu'elles tiennent le milieu, tant pour la quantité que pour la

qualité, entre la grave et l'aiguë, entre la longue et la breve. Mais on

peut les qualifier de moyennes, sous les deux rapports de la quantité et

de l'accent: cette qualification préviendra toute équivoque.

Cela étant convenu, on avertit que les syllabes breves seront annoncées

par le signe suivant (u); les longues, par celui-ci (=); et les

moyennes, par (v).

Et comme, dans notre langue, nous avons beaucoup plus de breves que de

longues, pour ne pas surcharger l'écriture de signes inutiles, les

voyelles qui ne porteront aucun signe, seront réputées breves.

On prévient les lecteurs qu'on n'a pas pu indiquer les différentes

qualités de son, parce qu'on auroit hérissé les syllabes de signes

embarassans. On doit se tenir pour averti que l'article _les_, et les

pronoms, _mes_, _tes_, _ses_, doivent se prononcer, comme si l'_e_ étoit

marqué d'un accent grave, et que la conjonction _et_ se prononce comme

un _e_ moyen, au lieu que le verbe _est_ a le son très-ouvert.

Dictionnaire grammatical du mauvais langage ou, Recueil des expressions et des phrases vicieuses usitées en France, et notamment à Lyon · 第 29 / 31 题