VI. PARTIE RELATIVE A LA GÉOGRAPHIE PHYSIQUE.

Niveau des mers.--État thermométrique du globe.--Température de la

surface des mers à différentes latitudes, et dans les différentes

couches superposées jusqu’aux plus profondes.--Courants d’eau chaude et

d’eau froide.--Les eaux de l’Océan comparées à l’atmosphère qui les

recouvre, sous le rapport de la température.--Couleur du ciel et des

nuages à différentes hauteurs au-dessus de l’horizon.--Point neutre de

polarisation dans l’atmosphère.--Emploi d’une plaque de tourmaline

taillée parallèlement aux arêtes du prisme, pour voir les écueils et

le fond de la mer.--Température de l’air autour du pôle

boréal.--Température moyenne de l’intérieur de la terre à des

profondeurs accessibles à l’homme (les observations faites sur la

température des puits forés, de différentes profondeurs, ont conduit à

la loi qui donne l’accroissement de chaleur à mesure que l’on s’enfonce

dans l’intérieur de la terre).

* * * * *

Tel est le tableau, encore bien incomplet malgré les richesses immenses

qu’il renferme, des travaux de M. Arago. Ils l’ont élevé au rang des

hommes les plus éminents du XIXe siècle. Son nom sera honoré partout où

se conservent le respect pour les services rendus aux sciences, le

sentiment de la dignité de l’homme et de l’indépendance de la pensée,

l’amour des libertés publiques. Mais ce n’est pas seulement l’autorité

d’une puissante intelligence qui a donné à M. Arago la popularité dont

il a joui; ce qui a contribué encore à mettre son nom en honneur, c’est

le zèle consciencieux qui ne s’est point démenti à l’approche de la

mort, ce sont ses efforts désespérés pour remplir jusqu’au dernier

moment les devoirs les plus minutieux. Il ne faut pas non plus oublier

le charme de sa diction, l’aménité de ses mœurs, la bienveillance de son

caractère. Capable du plus tendre dévouement, modérant toujours par sa

bonté naturelle la vivacité d’une âme ardente, M. Arago a goûté, au

centre d’une famille spirituelle et aimante, les paisibles douceurs de

la vie domestique. Ce qu’une touchante assiduité, l’exercice d’une

intelligente prévoyance, et le zèle le plus tendre et le plus inventif

ont pu offrir de consolation et de soulagement, M. Arago l’a trouvé

pendant le lent épuisement de ses forces, dans le cercle,

malheureusement trop étroit, des parents qui lui étaient chers. Il est

mort environné de ses fils; d’une sœur, madame Mathieu, digne de la

tendre affection d’un tel frère; d’une nièce, madame Laugier, qui s’est

consacrée à lui avec la plus touchante abnégation, et qui, au dernier

moment, s’est montrée aussi grande dans la douleur que noble dans le

dévouement.

Éloigné du lit de souffrance de M. Arago, je n’ai pu faire entendre que

de loin les accents de ma vive affliction. La certitude même d’une perte

prochaine n’a pu en diminuer l’amertume. Pour rendre un dernier hommage

à celui qui vient de descendre dans la tombe, je consignerai ici

quelques lignes qui déjà ont été publiées ailleurs. «Ce qui

caractérisait, disais-je, cet homme unique, ce n’était pas seulement la

puissance du génie qui produit et féconde, ou cette rare lucidité qui

sait développer des aperçus nouveaux et compliqués, comme choses

longuement acquises à l’intelligence humaine; c’était aussi le mélange

attrayant de la force et de l’élévation d’un caractère passionné, avec

la douceur affectueuse du sentiment. Je suis fier de penser que, par mon

tendre dévouement et par la constante admiration que j’ai exprimée dans

tous mes ouvrages, je lui ai appartenu pendant quarante-quatre ans, et

que mon nom sera parfois prononcé à côté de son grand nom.»

Alexandre de HUMBOLDT.

Potsdam, novembre 1853.

Histoire de ma jeunesse · 第 7 / 74 题