Bernadette, lorsque tu t’éveilles au matin, la lumière délicate met un
baiser couleur de primevère jaune aux lèvres du contrevent. Et ce baiser
glisse jusqu’à toi, et alors tu pries Dieu dans un langage incompris de
nous, un langage qui est celui des oiseaux à cette heure où le ciel
éclaire la nuit.
* * * * *
Bernadette, lorsque je t’élève vers le Seigneur, le soir, avant de te
recoucher, tu souris et ta bouche est comme la braise d’un encensoir. Ta
jeune prière c’est toi-même, ton innocence qui ne parle pas. Un jour tu
diras: «Notre Père...» Mais à présent tu contemples ce Père sans trouver
aucun mot, et ton oraison ressemble à celle des oiseaux qui se taisent à
cette heure où la nuit éclaire le ciel.