L’arbre-à-lait de Bernadette, c’est sa mère.
L’enfant, comme un fruit entre deux branches suspendu, se gonfle de suc,
tenue entre les bras.
La bouche de la téteuse se prend au sein où les veines dessinent une
voie lactée, et la sève aspirée s’épand dans ces petits os, ces mignons
ongles, cette peau de rose, y fixe ses gracieux éléments, et fait de
Bernadette un trésor composé de la fleur du minéral.
Souvent, alors qu’aucune bise ne l’agite, l’arbre maternel saisi de joie
chante.