SUR LE TRICTRAC.

Air: _Ma plus belle promenade_.

Galants, je veux vous apprendre,

Sans livre et sans almanach,

Un jeu facile à comprendre,

Un nouveau jeu de trictrac.

Il faut, en suivant la chance,

Mettre les dames en bas;

C'est par-là que l'on commence,

Sans quoi l'on ne case pas.

Quand on a su les abattre,

On les pousse encore un peu

Pour avoir de quoi combattre,

Il faut étendre son jeu.

Si votre partie adverse

Craint, et ne s'avance point,

Que votre savoir s'exerce

A battre vite son coin.

C'est par le coin que l'on s'ouvre

L'entrée aux coups importants:

On passe une dame, on couvre,

On avance, on met dedans;

Mais ne faites point d'école,

N'oubliez point à marquer:

Jamais on ne se console

D'être assez sot pour manquer.

Pour faire de grands vacarmes,

N'avoir jamais le dessous,

Il faut amener des carmes,

Car ils font les plus grands coups.

L'autre jour, grand dieu! quel charme,

Et quel plaisir d'y songer!

Je vis prendre par un carme

Cinq ou six trous sans bouger.

Une fille jeune et vive

Ne peut modérer son jeu,

Ni, quand un beau coup arrive,

Garder un juste milieu:

Elle pousse un peu trop vite,

Et, son jeu se serrant trop,

On l'enfile tout de suite

Et l'on va le grand galop.

Si par heureuse fortune,

En l'absence d'un époux,

Vous jouez contre une brune,

Soyez bien sûr de vos coups:

Sur-tout point d'étourderie,

Et prenez bien votre jour;

Car on manque la partie

Souvent par jan de retour.

Le chanteur parisien Recueil des chansons de L.A. Pitou · 第 53 / 102 题