A ÉLÉONORE.

Ô toi qui fus mon écolière

En musique, et même en amour,

Viens dans mon paisible séjour

Exercer ton talent de plaire.

Viens voir ce qu'il m'en coûte à moi

Pour avoir été trop bon maître.

Je serois mieux portant peut-être,

Si moins assidu près de toi,

Si moins empressé, moins fidèle,

Et moins tendre dans mes chansons,

J'avois ménagé des leçons

Où mon coeur mettoit trop de zèle.

Ah! viens du moins, viens appaiser

Les maux que tu m'as faits, cruelle!

Ranime ma langueur mortelle;

Viens me plaindre; et qu'un seul baiser

Me rende une santé nouvelle.

Fidèle à mon premier penchant,

Amour, je te fais le serment

De la perdre encore avec elle.

Poésies érotiques · 第 23 / 33 题