«Une mention toute particulière pour Jules Gondoin, l'un des hommes
les plus curieux que ce siècle a produits. Manifesta, dès son enfance,
un goût immodéré pour les biscuits de Reims et les vers de Lucain.
Ecrivit à six ans, sur le vers du poète latin, _Stat sonipes ac frena
ferox spumantia mandit_, une étude qui le fit immédiatement nommer
professeur de bicyclette au glacier des Bossons (3513 mètres),
Mont-Blanc. Passa de là comme inspecteur des canalisations littéraires
chez M. Victorien Sardou, qui voulut, au bout de quelque temps, le
faire recevoir à l'Académie française (de la Guadeloupe), où le
fauteuil anthume d'Alphonse Allais se trouvait vacant. Gondoin refusa
et vécut quelques années pauvre mais honnête en piquant des bottines.
Gagna en découvrant, le 16 octobre 1889, la muselière qui porte son
nom et grâce à laquelle les punaises sont devenues d'inoffensifs
polypèdes, une juste célébrité et la fortune. Entre temps passa son
bachot, sa licence ès-lettres et son agrégation. Erudit et modeste.
Chansonne avec un esprit tout de finesse et d'ironique acuité. Achève
une thèse sur l'_Epandage des Truismes et des Lieux-communs_ pour la
fertilisation des terrains vagues. Colonel de la Garde républicaine de
1890 à 1892 et titulaire du grade de Maréchal de camp dans l'armée
régulière de la République d'Andorre. Chevalier du Bain depuis 1894.
Fait comte par le Dey de Chandomayor à l'occasion de l'Exposition de
1889.»