L’EFFROYABLE RÉVÉLATION

Le temps passa. La tristesse fut à nouveau gravée pour toujours sur les

traits de la fille du bon duc. On ne vit plus désormais ensemble elle et

Conrad. Le duc s’en affligea. Mais avec les semaines successives, les

couleurs revinrent aux joues de Conrad, son ancienne vivacité brilla

dans ses yeux, il continua à administrer le royaume avec une sagesse

lucide et mûrissante chaque jour.

Un bruit étrange, bientôt, se glissa dans le palais. Il grandit, et se

propagea. Les racontars de la cité le répandirent. Il pénétra dans tout

le duché. Et l’on entendait chuchoter: «La dame Constance a donné

naissance à un fils?»

Quand ce bruit parvint aux oreilles du seigneur de Klugenstein, il agita

par trois fois son casque à panache autour de sa tête, en criant:

«Longue vie au duc Conrad! Los! Sa couronne est sûre maintenant. Detzin

s’est acquitté de sa mission. Le brave scélérat a bien mérité sa

récompense!»

Il partit semer la nouvelle au large et au loin. Pendant quarante-huit

heures, il n’y eut pas une âme dans la baronnie qui ne dansât et ne

chantât, ne banquetât et n’illuminât, pour célébrer le grand événement,

le tout aux frais généreux et gais du vieux Klugenstein.

Contes choisis · 第 33 / 61 题