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Au bout de tes doigts
je remonte ma vie
par l'échelle de tes accomplissements
Au bout de tes doigts
je vois tes mots gravés dans la pierre
ces enfants de la parole que je croyais tus
Au bout de tes doigts
un faisceau lumineux
ranime la braise de mes étonnements
Au bout de tes doigts
mes quotidiens mijotent
dans le jus de tes passions andalouses
Au bout de tes doigts
je marche dans des pas neufs
pour apprendre la suite du monde
Au bout de tes doigts
je poursuis tes mots jusqu'au carrefour
de mon achèvement
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Sous la lumière d'un ciel rosé
la montagne encensait
le turquoise de l'horizon
projeté dans l'oeil
retourné au passé
sous l'épaisse couche de givre
quand le présent fait rage
sur l'âme rompue
au vif espoir
d'une lumière entrevue
à travers les silences
le bruit de mes pas
et le cri d'un oiseau
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Les mots rouges habitent
le feu des passions
que le soir emporte
en ses draps parfumés de vifs espoirs
s'accordent aux douceurs d'être
dans le plein des sens
amusés par les sursauts du coeur
habillé pourpre
en ses vagues
en ses cris
fusent du désir
d'embrasser la nuit sombre
à la poursuite des rêves
inaccomplis
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Était-ce un coup monté ?
Par qui ? Par quoi ?
Une simple brise printannière ?
Peut-être pas
C'était un parfum
inoubliable
gravé dans la mémoire
des printemps successifs
un souffle du temps que l'on nomme
du temps hors des oublis
en soi
toujours en repli
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Intimement
la lune engrossée
par un immense frisson
projette dans le noir
son oeil tout rond
immersion totale
dans nos incertitudes
toujours accueille
en son regard
le vermeil de nos passions
abandonnées au présent
Lune rouge
quand le soir invite la nuit
dans son lit
phare des intempéries
joyeusement devenu
flamme
de tous les instants
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Au pied du tragique
la parole se répand nue
sème récolte
se perd
dans l'infini des arrivées
des départs
rebelle
se meut dans le souffle du monde
toujours se meurt amoureuse
se moque des jours
caresse les nuits
remonte le temps
son cours d'eau
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Troublé
un éclat de voix
contourne
glisse sur les désirs
échoués à la source poignante
des ivresses
s'éclate fluide
en son chant
retenu dans une parole
multicolore
multipliée
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S'écroule le jour
sans rage le soir
s'engage l'espoir
si court l'amour
si maigre l'espoir
reprise le noir
du jour au soir
s'écoule le temps
les jours les soirs
l'amour à rire
dans un sanglot
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À mains nues
se murmure la tendresse
sur un monde désenchanté
quand sur la mousse
s'étalent les avenues du corps
à la source des lèvres
se prononce doux
oser la tendresse
nue sur la mousse
boire à la source
du prononcé des lèvres
allant de l'éclat du rire
jusqu'à l'éclat du dire
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Sur la page
une femme trace la trajectoire
d'une parole infinie
puissance de sa chair
puissance de son geste
refait les jours
dénoue les nuits
dépose entre désir
et plaisir
le geste à naître
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Beaux lumineux
les lieux se dévisagent
fluides
traversés par une parole
que transporte le jour neuf
dans l'emportée du geste
geste reconnu
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Mirage pour l'un
dans l'âme de l'autre
abandonné
dans la rosée des espoirs insensés
espoirs à perte de vue
dans les cendres du désir incandescent
refusé
sans appel
des mots de chair
des mots d'esprit
des mots d'amour
que l'on appelle
poésie
c'était un rappel
un séisme momentané
un regard partagé
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Quelle passion ! Quelle douleur !
Quel enchantement !
se gravent au bout des doigts
pourtant si fragiles
en nos mémoires
si denses
dans le silence des nuits
remuent les jours
bousculent les heures
jaillissement du cri
en sa douleur
répète sans cesse
le mot
origine
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