[Note A: Troupe composée de cavaliers (_mahrek_) et de piétons
(_droad_).
«Un certain nombre de cavaliers gaulois choisissaient un pareil nombre
parmi les piétons les plus agiles et les plus courageux; chacun d'eux
veillait sur un cavalier et le suivait dans les combats; la cavalerie
se repliait sur eux si elle était en danger, et les piétons
accouraient; si un cavalier blessé tombait de cheval, le piéton le
secourait et le défendait. Fallait-il s'avancer rapidement ou faire
une retraite précipitée, l'exercice avait rendu ces piétons si agiles,
qu'en se tenant à la crinière des chevaux, ils suivaient les cavaliers
à la course.» (=César=, _De Bell. Gall._, liv. I, chap. XLVIII.)]
[Note B: «Dans ce corps de cavalerie, chaque cavalier était
suivi de deux écuyers montés et équipés qui se tenaient derrière le
corps d'armée; lorsque le combat s'engageait, le cavalier était-il
démonté, les écuyers lui donnaient un de leurs chevaux; si le cheval
et le cavalier étaient tués ou que le cavalier blessé fût emporté du
champ de bataille par un des écuyers, l'autre occupait dans l'escadron
la place du cavalier. Ce corps de cavalerie s'appelait _trimarkisia_,
de deux mots qui, dans la langue gauloise, signifiaient _trois
chevaux_.» (130, v. 1. _Histoire des Gaulois_. _Amédée
Thierry_.--=Pausanias=. L. X.)]
[Note C: Les _Bardes_ faisaient, nous l'avons dit, partie de la
corporation des Druides...
«.....L'art--dit Jean Raynaud--n'était représenté chez les Gaulois que
par les bardes; ils avaient pour ceux-ci un attachement sans bornes...
ils ne les séparaient pas des autres ministres de la religion
druidique; le don céleste de l'inspiration leur paraissait une
investiture suffisante; ils comprenaient que l'art n'est digne de
celui qui en fait briller les rayons qu'à la condition d'encourager
les hommes dans les efforts qui font la noblesse et la sainteté de la
vie.--_Les bardes_,--dit Lucain,--_se plaisaient à célébrer la gloire
des fortes armes_, et en illustrant ainsi les héros, ils allumaient
dans les coeurs le désir d'imiter ces modèles, dans l'espoir d'être un
jour chantés comme eux.--On a comparé les bardes à Tyrtée qui, par
l'autorité de ses accents, disposait, comme un Dieu, de la
victoire.--_Ils se font écouter des ennemis comme de leurs amis_,--dit
Diodore de Sicile;--_souvent, entre les deux armées en bataille, quand
les rangs marchaient déjà l'un sur l'autre, les glaives tirés, les
piques en arrêt, les bardes s'avançant au milieu suspendent le combat,
comme s'ils venaient tout à coup apaiser des bêtes féroces par leurs
enchantements._
»Le but des bardes n'était pas de divertir, avec d'harmonieux accords,
des auditeurs mollement rassemblés autour d'eux pour leur plaisir;
animés par la religion dont ils se sentaient les ministres, ils
regardaient le ciel, et suivis de la multitude séduite, ils marchaient
en chantant dans la voie que leur montraient les dieux.» (=Jean
Raynaud=, _Druidisme_.)
«.....Les Gaulois eurent aussi leurs Pindares et leurs Tyrtées, le
talent des bardes, le talent des poëtes s'exerçant à chanter en vers
héroïques les actions des grands hommes, à entretenir dans le coeur
des Gaulois l'amour de la gloire.» (=Latour d'Auvergne=, _Origine
gauloise_, p. 158.)
«Les Gaulois pensent,--dit _Nicolas de Damas_,--qu'il est honteux de
vivre subjugués, et que, dans toute guerre, il n'y a que deux chances
pour l'homme de coeur: =vaincre ou périr=.» (=Nic.
Damasc.=--_ap._--_Strab. serm._ XII.)]
[Note D: César, dans ses _Commentaires_, et plus tard les
historiens ont pris le titre de commandement exercé par ce héros de la
Gaule pour son nom propre, et, par corruption, ils l'ont écrit
_Vercingetorix_, au lieu de _ver-cinn-cedo-righ_,
_chef-des-cent-vallées_, ainsi que le fait observer M. _Amédée
Thierry_ (_Hist. des Gaulois_, t. III, pag. 86). Vercingetorix, natif
d'Auvergne, était fils de _Celtil_, qui, coupable de conspiration
contre la liberté de sa cité, avait expié sur le bûcher son ambition
et son crime; héritier des biens de son père, dont il rougissait de
porter le nom, puisqu'on ne le trouve jamais autrement désigné dans
l'histoire que par son surnom de guerre, le jeune Gaulois, devenu
l'idole du peuple, voyagea beaucoup, alla à Rome et y vit César qui
tâcha de se l'attacher, mais le Gaulois repoussa l'amitié de l'ennemi
de sa patrie. Revenu dans son pays, il travailla secrètement à
réveiller parmi les siens le sentiment de l'indépendance, et à
susciter des ennemis aux Romains; quand l'heure d'appeler le peuple
aux armes fut venue, il se montra au grand jour, dans les cérémonies
druidiques, dans les réunions politiques, partout enfin on le voyait,
employant son éloquence, sa fortune, son crédit, en un mot, tous ses
moyens d'action sur les chefs et sur la multitude, pour les amener,
comme dit un historien, à revendiquer le droit de la vieille Gaule.
(=Amédée Thierry=, _Hist. des Gaules_.)]
=FIN DES NOTES DU PREMIER VOLUME.=