En écrivant _Perte et gain_, l’auteur ne s’est point proposé d’en faire
un ouvrage de controverse en faveur de la religion catholique. C’est
seulement une peinture de ce que quelques-uns appellent la marche de la
pensée et l’état d’un esprit; ou, pour mieux dire, parmi les différentes
évolutions de la pensée et les différents états de l’esprit, c’est un
cas particulier dont le dénoûment est une conviction éclairée de
l’origine divine du catholicisme.
Ce récit n’est pas, non plus, basé sur un fait, pour nous servir d’une
expression consacrée. Ce n’est pas la propre histoire de l’esprit
d’aucun des nouveaux convertis à l’Église de Rome. Les principaux
caractères sont de pure invention; et l’auteur déclare n’avoir voulu, en
aucun d’eux, faire d’allusion personnelle. C’est dans ce but qu’il a
créé des corps ecclésiastiques et des localités imaginaires, afin de ne
pas courir le risque, ce qui autrement aurait pu arriver, de
représenter, sans le vouloir, aux yeux du lecteur, des personnages réels
que l’écrivain n’a pas eu du tout en vue.
Cependant il s’est emparé sans scrupule des discours et des actes qui
caractérisent l’époque et le lieu où la scène se passe. Du reste,
lorsque, dans un récit, une vérité générale ou un grand fait est
individuellement spécifié, il est impossible que, malgré les efforts de
l’auteur, la représentation idéale ne coïncide pas, plus ou moins, avec
des exemples ou des personnages vivants.
Ajoutons encore, pour empêcher une autre méprise, qu’on n’a voulu faire
d’aucun des acteurs de ce récit le représentant propre des opinions
religieuses qui ont exercé, récemment, tant d’influence au sein de
l’université d’Oxford.