IV

Un jour, l’interne du père Bourri remarqua, avec une surprise bien

légitime, que son patron avait pour chaussures deux bottes du pied

droit. Quel mystère! En ce temps-là, on était en hiver; le père Bourri

avait deux lieues à faire pour se rendre à son hôpital; il devait, pour

arriver à sept heures, se lever longtemps avant le blond Phœbus, et on

savait qu’il n’était pas homme à brûler inutilement de la chandelle pour

faire sa toilette. On mit ce jour-là l’erreur de bottes sur le compte de

l’obscurité.

Mais, se demandait-on, comment a-t-il pu entrer dedans? il a dû

terriblement pousser.

V

Le lendemain et les jours suivants, la stupéfaction fut à son comble,

lorsque l’on vit le phénomène passer à l’état chronique et le maître ne

plus chausser que des bottes faites pour le pied droit.

--Grand Dieu, disait-on, comme il doit pousser!

Après son départ, internes, externes, roupious, infirmiers et

infirmières se réunissaient pour chanter d’un air sombre et sur un air

connu:

Quel est donc ce mystère?

Bientôt, j’espère,

Qu’un dieu prospè-è-re

Nous le révé-é-le-ra.

Les jours passaient et le mystère ne se révélait pas. Enfin...

Les causeries du docteur · 第 35 / 65 题