MARGUERITE.

Je suis maintenant tout entière en ta puissance. Laisse seulement que

j'allaite mon enfant. Je l'ai bercé sur mon coeur toute cette nuit; ils me

l'ont pris pour me tourmenter, et ils disent maintenant que je l'ai tué!

Jamais plus je ne serai joyeuse. Ils chantent des chansons sur moi: c'est

méchant de leur part. Un vieux conte finit ainsi; mais qui leur a dit d'y

faire allusion?

FAUST, _se jetant à ses pieds_.

Un amant est à tes genoux; il vient ouvrir la porte à ta captivité

lamentable.

MARGUERITE, _faisant de même_.

Oui, oui, à genoux pour invoquer les saints! Vois sous ces marches, sous le

seuil, l'enfer bout; le malin, avec des grincements terribles, mène un

train!

FAUST, _à voix haute_.

Gretchen! Gretchen!

MARGUERITE, _d'un air attentif_.

C'était la voix du bien-aimé. (_Elle bondit. Les chaînes tombent._) Où

est-il? Je l'ai entendu appeler. Je suis libre! Personne ne me retiendra!

Je veux voler à son cou, me reposer sur son sein. Il a appelé Gretchen; il

se tenait sur le pas de la porte. Au milieu des hurlements horribles et du

fracas de l'enfer, au milieu des éclats de rire des démons, j'ai reconnu sa

voix si douce, si aimante.

Cours familier de Littérature - Volume 07 · 第 189 / 326 题