Encore un changement de scène; on est transporté dans une taverne de
débauchés à Leipzig. Les convives boivent, chantent, se racontent leurs
amours.
Méphistophélès entre avec Faust, lie conversation avec ces buveurs; il fait
jaillir pour eux tous les vins qu'ils désirent du bois de la table; puis il
allume une flamme qui leur brûle les doigts, et s'envole, en se moquant
d'eux, hors de la tabagie. «Voilà, mes amis, ce que c'est qu'un miracle!»
dit-il en riant.
Les deux personnages, l'un menant l'autre, apparaissent ensuite dans un
long sabbat de sorcières, vaine imitation de Shakspeare, puérilité poétique
grotesque de détails, qui n'est propre qu'à amuser l'imagination d'enfants
ou de la populace dans un conte de fée. Les esprits sérieux se détournent
de ces débauches d'imagination, qui ne servent qu'à détruire la belle
illusion du drame pathétique dans lequel nous allons enfin entrer.