II

La littérature allemande a toutes les qualités et tous les défauts de ce

caractère national des Germains; elle est lente et contemplative comme

cette race; elle a mis treize cents ans à se développer en littérature

digne d'être étudiée, et, malgré ces treize cents ans de vieillesse, elle a

encore aujourd'hui les balbutiements, la naïveté, disons le mot, la

puérilité d'une première enfance. Ce n'est pas le génie cependant qui

manque aux Allemands, fortes têtes de la famille européenne, c'est l'emploi

de leur génie; ils jouent avec leur imagination comme des enfants avec

leurs jouets. Au lieu de lui demander ces oeuvres sérieuses que l'Italie,

la France, l'Angleterre font produire à leurs grands hommes de lettres, les

Allemands rêvent, et nous pensons. Le Rhin et le Danube sont des _Léthés_

qui semblent ne rouler que des songes.

Cours familier de Littérature - Volume 07 · 第 54 / 326 题