LA VISITE DU PRINCE DE BULGARIE AU MUSÉE CARNAVALET, M. Georges Cain,
directeur du musée, en fait les honneurs au prince Ferdinand et au
Président de la République.
Le prince Ferdinand de Bulgarie, qui vient de passer quatre jours en
France, accompagné de M. Rantcho Petrow, son premier ministre, du
général Savow, son ministre de la Guerre, et d'une suite assez
nombreuse, est, comme on l'avait annoncé, arrivé lundi dernier, 16
octobre, à Paris, où il a occupé, au ministère des Affaires étrangères,
les appartements précédemment aménagés pour le roi d'Espagne. Au dîner
de gala donné le soir même en son honneur à l'Elysée, les deux chefs
d'État échangeaient des toasts pleins de cordialité.
Le mardi 17, chasse à Compiègne et soirée à la Comédie-Française, dans
la loge présidentielle, avec, au programme, _le Duel_, de M. Henri
Lavedan. Favorisée par le temps, la chasse, que dirigeait le commandant
Lamy, dans les tirés de Compiègne, avait été fort brillante; au tableau:
238 faisans, 74 lapins, un chevreuil, et l'on a lieu de supposer qu'en
sa qualité d'excellent «fusil» le souverain bulgare, fortement botté et
coiffé d'un chapeau de peluche verte, mit à mal une part notable de ce
gibier.
Le mercredi 18, après avoir assisté, le matin aux manoeuvres de
Vincennes et au déjeuner militaire offert par M. Berteaux, ministre de
la Guerre, il allait visiter le musée Carnavalet, au seuil duquel M.
Dujardin-Beaumetz, sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts, et M. Cain, le
conservateur, lui souhaitaient la bienvenue; puis les collections
artistiques de la ville de Paris, au Petit Palais des Champs-Elysées. Le
soir, dîner offert par M. Rouvier, au quai d'Orsay.
Le jeudi 19, le prince prenait congé pour se rendre aux établissements
du Creusot, où il a fait, on le sait, une importante commande de
matériel d'artillerie.