Éditions En Marge

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Suis en amour avec le jour qui passe

près de ma fenêtre

par-dessus ma chair ruisselante d'avenir

sous un amoncellement de gestes fous

que l'histoire raconte pour bercer la petite fille

Suis en amour avec la nuit qui passe

près de mon lit

dans les hauts-fonds de mon âme

parmi les spasmes et tous ces bruits

arrachés au plaisir d'être là

comme un fruit dans son nectar

Suis en amour avec les mots d'amour

près de la vie

comme des semences d'éternité

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Devant toi comme quelqu'un qui attend

qui attend que la nuit soit consommée

en attendant que tu sois là

l'âme à nue

en plein coeur du rire

envoyée dans tous les sens

débridée par les mots écrits comme ça

en plein jour

en pleine nuit

alors que les coeurs s'entrechoquent à travers les ondes

provoquent des signes amourachés tendres

Comment résister aux mots désordonnés

sans faux pli

des mots qui provoquent la rencontre l'amitié

la vie jusqu'au bord du risque

le risque de perdre son âme dans l'âme de l'autre

cet autre soi-même accordé à la vie

ses rythmes

ses accords à travers les saisons provocantes

une provocation d'images chauffées à blanc

pour le bonheur de l'instant

Comment résister aux heures arrogantes

ce trajet de l'esprit en voyage sur les sens

quand le regard touche les courbes brûlantes du délire

quand la main vient se poser sur le cri

Un silence dérobé à l'envie d'être là

jusqu'au bout

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Parmi les feux de la nuit

ce parcours du silence de ton âme secrète

s'abreuve à la source de nos avenues intimes

jusqu'au tréfonds de nos corps lancinants

comme un puits si profond

d'où surgissent les vertiges du matin

ses accords sur la portée du coeur

à n'en plus finir

L'amour se consume

à travers une nuée de caresses étonnées

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Les doigts du ciel effleurent le sanctuaire de la folle amante

gonflée dans la poitrine du vent

et d'inutiles colères se heurtent aux douleurs des griffes

emprisonnées dans les veines du temps

Les lèvres s'habituent aux désirs

quand la crue des souffles inonde l'espace

jusqu'à l'épuisement des gestes

Cernées les images passent

l'amour délire

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Le temps

mon frère

vient d'arriver avec en poche

le poids de ma fragilité

déposée aux pieds de la tendresse

parfois emportée par le vent du large

ses milliers de p'tits papiers accrochés au fil des jours

et du printemps venu râteler ses émotions

éparpillées sur le gazon

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Dans la prison du désir

je tue les heures une à une

sans blesser les instants de l'espace amoureux

sans piétiner les sourires

sans mélanger la couleur des gris trop gris

sans mourir sous le toit indigné par la caresse des jours

sans suivre le cours du rêve inachevé

des lendemains avides de temps

À même cette prison

j'habitue mes mots au délire

pour contrôler les enchantements

pour nager dans les attentes trop vives

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Oui je rêve que je ne rêve pas

dans le délire de tes nuits

dans la conscience du jour

cette envie de colorer tes arcs-en-ciel aux prises avec les nuages

assise sous le chêne

à brouter des impatiences dans la gueule du temps

ce temps empanaché d'étoiles

de fils d'araignée

quand la voix cherche les contours d'une présence

pour la suite du jour

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Ma vie se berce au creux de la mémoire

d'un amour retrouvé comme un mystère

entre les seins affolés

par une nuée d'interdits

En proie aux fièvres

mes rêves glissent sous le poids de la démesure

sur les rives chaudes et parfumées du sommeil

quand mes pores se tordent

dans la nuit peuplée de sueurs

de doux désirs entr'ouverts

entre le souffle et les ongles

Les bouches lasses se cueillent

devant la lune éclose

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Demain est toujours un autre jour

qui nous suit pas à pas

dans les décombres de la nuit

ses rêves immobiles sous l'oreiller

poursuivis dans le plein des silences

qui charrient à distance les feux de l'âme

cette distance que l'oeil inonde

pour nettoyer les passions refoulées

dans les abîmes d'un poème qui ne veut pas se taire

un poème à la mesure du coeur

aiguisé par la lenteur des heures à bout de cris

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À l'approche de ton corps nu

ma chair goûte tes fièvres

de la courbe de tes rêves à la pointe du vertige

et l'ivresse de mes lèvres déclenche le délire

cette sauvage volupté

quand mon souffle te parcourt satiné

Se cambre ta raison

sous mes doigts agités

sans rancune

de laisser échapper ce mouvement ondulé

cette vague

comme un spasme

au bout du cri

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L'amour veille dans le silence advenu

ce silence ému par le vertige des jours

jours de peurs

jours des alentours défaits

jours qui parlent tout bas

jours évidés des sens

jour dans la descente du jour

long cortège des jours abandonnés à leurs songes

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Ce jour n'en peut plus de dormir si tard dans son lit

cette âme qui dort tout bonnement dans sa nuit

un pan de nuit accrochée à la vie

quand la vie se mesure à nos pas piétinés

quand la vie nous rassure dans le délire des ombres

De toutes ses coutures elle craque

dans la charpie des heures

s'effiloche en petites rivières nocturnes

se rabat dans la dorure d'un soleil emprisonné

dans un espace trop étroit

un espace de temps trop vieux

que la main pose sur la détresse du jour

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Le soleil me joue des tours

projette dans mon regard

les jours étourdis par de trop grandes extases

accrochées au clou de mon âme

en attente du prochain soir violacé

Par une fenêtre du coeur

gémissent des musiques

des gestes interrompus

dans ce piège adossé au réveil

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Tu peux toujours croquer quelques mots pour déjeuner

pour accrocher les soucis

dans l'oeil figé du temps qu'il fait dehors

les branches tendues aux quatre vents

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Quand un grand vent souffla sur la peau de l'automne

elle prit la fuite

et une chemise au hasard

en parlant de rentrer dans un portrait de famille

sans parlure

sans ambiance

puis revint ranger cette randonnée

là où elle l'avait laissée

juste sous le ciel étoilé de son lit

Jusqu'à l'extrême regard: Poésie · 第 3 / 11 题