Champ de bataille entre les deux camps. (On sonne la marche. Bruits de
tambours et de trompettes.)
_Entrent_ AGRIPPA _et antres_.
AGRIPPA.--Battons en retraite: nous nous sommes engagés trop avant.
César lui-même a payé de sa personne, et nous avons trouvé plus de
résistance que nous n'en attendions.
(Agrippa et les siens sortent.) (Bruit d'alarme. Entrent Antoine et
Scarus blessés.)
SCARUS.--O mon brave général! voilà ce qui s'appelle combattre. Si nous
avions commencé par là, nous les aurions renvoyés chez eux avec des
torchons autour de la tête.
ANTOINE.--Ton sang coule à grands flots.
SCARUS.--J'avais ici une blessure comme un T, maintenant c'est une H.
ANTOINE.--Ils battent en retraite.
SCARUS.--Nous les repousserons jusque dans des trous.--J'ai encore de la
place pour six blessures.
(Éros entre.)
ÉROS.--Ils sont battus, seigneur; et notre avantage peut passer pour une
victoire complète.
SCARUS.--Tirons-leur des lignes sur le dos, prenons-les par derrière
comme des lièvres; c'est une chasse d'assommer un fuyard.
ANTOINE.--Je veux te donner une récompense pour cette saillie, et dix
pour ta bravoure... Suis-moi.
SCARUS.--Je vous suis en boitant.
(Ils sortent.)