Je touche à la fin de mon calvaire, mon ingénieur. Mais ce sont les
marches les plus pénibles qui me restent à gravir.
Je ne pense pas que le Raz--du moins en cette saison de l’année--ait vu
beaucoup de journées aussi radieuses que celle du jeudi 17 mars. L’air
était tiède comme en juin. Une lumière généreuse avivait d’une splendeur
presque estivale les lointains élargis. La courbe des eaux, à l’horizon,
avait des teintes d’un bleu intense que rehaussait un mince linéament
d’or. Autour du phare, les courants semblaient se jouer avec abandon,
déroulant les mille reflets de leurs soies et de leurs satins, telles
que des écharpes de fées, tissées de toutes les irisations de
l’arc-en-ciel. Il n’était pas jusqu’à l’île de Sein, dans l’ouest, dont
la longue échine plate et triste ne se fût comme soulevée sur la mer,
pour saluer la résurrection du soleil; ce n’était plus la terre-épave, à
demi sombrée; on eût dit que les façades blanches de ses maisons se
déployaient, prêtes à prendre le vent, ainsi que des voiles. Quant au
continent, il nous faisait l’effet de s’avancer vers Gorlébella comme la
proue éclatante d’un navire surnaturel.
Et voici qu’une vraie barque s’en détacha, contourna son énorme carène
et cingla droit sur nous, d’un vol si souple qu’il égratignait à peine
la crête onduleuse des vagues.
--Ohé! ceux de là-haut!
--Ohé! ceux de là-bas!
Dix minutes plus tard, le _Ravitailleur_ accostait.
--Allons, le permissionnaire! cria de sa voix joyeusement bourrue le
vieux patron Lozac’h, lorsque les paniers de provisions, les sacs à
linge et le tonnelet d’eau fraîche eurent été hissés au sommet de la
roche.
Le permissionnaire, mon ingénieur, c’était moi. Je sautai dans
l’embarcation et m’installai, sur l’arrière, à la place que Chevanton
venait de quitter.
--A-t-il de la chance, ce chef! fit Louarn. Beau temps, mer belle et du
soleil assuré pour ses quinze jours!... sans compter le reste,
ajouta-t-il, avec une grimace expressive, en faisant claquer sa langue
contre son palais.
Chevanton esquissa un mauvais sourire. Le _Ravitailleur_ dérapait. Je
tendis une dernière fois la main à Louarn, en lui redemandant, par
manière d’habitude:
--Ainsi, pas de commissions pour la «grande terre»?
--Aucune. Tu prieras seulement qu’on n’oublie pas de soigner Cocotte.
--Sois tranquille, répondis-je; j’irai moi-même, dès mon arrivée, lui
donner de tes nouvelles et m’informer des siennes.
Nous filions déjà grand largue, quand, derrière nous, sa voix résonna
encore:
--C’est Chevanton qui brûle d’envie de te charger d’embrasser pour lui
sa femme!
Nous entendîmes Chevanton qui protestait en une sorte de grognement
indistinct: après quoi, il n’y eut plus autour de nous que le
froissement argentin des eaux à l’avant de la barque et le chant
atténué, la grande harmonie en sourdine de la mer dans les lointains
occidentaux.
--Ce Louarn aurait dû s’appeler _Moualc’h_[2] prononça au bout d’un
quart d’heure le patron Lozac’h dont ce n’est pas le défaut d’être
bavard et qui ne laisse tomber une phrase que lorsqu’elle se détache
d’elle-même comme un fruit mûr. Puis, après avoir fait changer de côté à
sa chique:
[2] Il y a ici un jeu de mots: Louarn, en français, veut dire
_renard_, et Moualc’h, _merle_.
--Car c’est un vrai merle, n’est-ce pas? monsieur Dénès, le merle des
merles... Toujours le mot drôle!... De la gaieté à revendre, que c’en
est une bénédiction!... Il en faudrait quelques-uns comme cela, dans la
vallée de Josaphat, au jour du dernier jugement. Ça dériderait le bon
Dieu.
Le mousse et le matelot firent chorus:
--Pour sûr qu’il est gai!... Et si bon enfant!... s’arrêtant à causer
avec un chacun, prêt à donner un coup de main aussi lestement qu’un coup
de langue.
--Oui, repartis-je--sans même songer à ce que ces éloges contenaient, en
somme, de critique à mon adresse,--ils sont ainsi, ces Trégorrois. Chez
nous, en Léon, un adage prétend qu’ils ont les cloches de Ker-Is dans la
tête. C’est un carillon ravissant: il ensorcelle qui l’écoute.
--C’est pourquoi vous êtes allé prendre femme dans leur pays,--conclut,
avec un clignement d’yeux, le brave père Lozac’h.
L’image d’Adèle, brusquement évoquée, m’emplit d’un vertige délicieux.
Je m’allongeai à demi, la nuque appuyée au bordage, et ne parlai plus.
D’ordinaire, quand je rentrais d’exil, j’avais au début de la traversée,
un besoin puéril de donner de la voix, de gesticuler, d’entonner même de
vagues airs qui ne me revenaient qu’alors, de me prouver enfin que je
m’appartenais et de faire retentir les échos du chant de ma liberté
reconquise. Cette fois, ce fut tout l’opposé.
Bercé au mouvement à peine perceptible du bateau, dont la haute voilure,
rougie au tan, promenait sur la mer une ombre couleur de pourpre, je me
laissai aller à une espèce de somnolence, de torpeur magique où je
n’avais plus conscience de rien, sinon que la nature était en fête, que
le char merveilleux de quelque fée, souveraine des vents, m’emportait
vers Adèle et que j’étais heureux.
J’écoutais le clapotis siffloter je ne sais quel refrain de marche et je
regardais, au-dessus de moi, palpiter magnifiquement les profondeurs
azurées du ciel. Il en descendait une lumière pure et calme, comme
solennisée par les approches du soir. Les eaux, l’espace, le profil
singulièrement adouci de la terre déjà voisine, tout nageait dans un
immense bain d’or. Jamais, je crois, la beauté des choses ne m’avait
pénétré à ce point. Je me figurais voguer vers les rives d’un paradis
terrestre, et que j’allais goûter près d’Adèle des ivresses inconnues
dont l’idée, par avance, me faisait défaillir, des ivresses comparables
à celles du premier homme, quand ses yeux éblouis s’arrêtèrent sur la
première femme...
Un coup de coude du patron Lozac’h me tira de mon extase.
--Voyez donc si ce n’est pas elle qui vous guette de là-haut,--dit-il,
sans se douter qu’il répondait à ma pensée secrète, et comme s’il eût
continué la conversation entamée au départ.
Je me frottai les paupières, du geste de quelqu’un qu’on réveille, et me
soulevai pour regarder dans la direction que son doigt m’indiquait.
Nous avions, depuis un bon moment, doublé les roches de l’extrême Pointe
et, sur notre gauche, commençait à se développer la monstrueuse muraille
de schiste des falaises, labourée d’entailles, de balafres à vif où le
suintement des eaux ferrugineuses ruisselait en larmes de sang. Çà et
là, des combes s’ouvraient, pareilles à des créneaux tapissés de
mousses, et leurs pentes gazonnées, en dévalant quasi jusqu’à la mer,
faisaient à distance, l’effet de guirlandes vertes suspendues par places
aux remparts de quelque fantastique cité de l’abîme. La tour désaffectée
du phare, le mât de l’ancien sémaphore achevaient de compléter
l’illusion: ils hérissaient, comme d’un profil de mystérieux monuments,
la ligne sévère et nue de ce paysage presque géométrique. De silhouette
humaine, en revanche, ni sur le faîte du promontoire, ni plus bas, dans
les pâtis d’herbe rase, tout baignés des ardentes lueurs du couchant, je
n’apercevais rien qui y ressemblât.
--Comment!... Cette forme assise, là, dans le creux de Beztré?...
insistait, non sans impatience, le patron Lozac’h.
Je finis par discerner une chose brunâtre, de contours indécis, qui
pouvait passer aussi bien pour un tas de goémon séché.
--Oh! c’est assurément une femme, opina le matelot. Même qu’elle a le
buste penché en avant et les mains aux genoux.
--Je vous dis que c’est madame Adèle! affirma Lozac’h.
Je ne demandais pas mieux que d’être persuadé. De tout l’hiver, Adèle
n’était pas venue à ma rencontre, et je n’avais, du reste, pas eu à lui
en vouloir, la saison ayant été d’une rigueur exceptionnelle. Mais
aujourd’hui, par ce clair et vivifiant soleil... Évidemment oui,
pensai-je, le charme du renouveau, sinon la hâte de me revoir, l’aura
incitée à la promenade et, sortie de bonne heure, quoiqu’elle n’aime
guère à se risquer toute seule dans les sentiers de gabelous, elle se
sera aventurée au-devant de moi jusqu’à Beztré... Chère petite femme!
Mon cœur volait vers elle; sur mes lèvres flottait un hymne
d’allégresse, un _Lætare_, une muette et religieuse action de grâces.
Déjà, je me représentais cheminant à ses côtés, m’attardant avec elle
dans la douceur alanguie de cet admirable soir, quand le mousse, qui
n’avait pas encore exprimé son avis, insinua timidement:
--Sauf votre respect, patron, la coiffe de madame Adèle est blanche, et
celle-ci porte, je crois bien, la jobeline[3] noire des filles de
l’Enès.
[3] C’est le nom de l’espèce de cape que portent, en guise de
coiffure, les femmes de Sein.
Je fus, Dieu me pardonne, sur le point de le souffleter. Il ne disait,
d’ailleurs, que trop vrai. La forme assise s’étant redressée, nous vîmes
distinctement sa cape d’Ilienne, dont les pans retombaient le long de
son visage comme les ailes d’un corbeau blessé. Le père Lozac’h jura, en
bougonnant, qu’il s’arracherait les yeux, la prochaine fois qu’ils lui
joueraient pareil tour. Moi, je me rencognai contre le bordage. Les
autres, eux, continuèrent d’épiloguer, à la façon des gens de mer qui,
dans leur existence un peu vide, prennent prétexte du fait le plus
insignifiant pour se livrer à des commentaires sans fin.
--Si la _Penn-Dû_[4] attend qu’on la vienne querir de l’île, déclara le
matelot, elle en a sûrement pour jusqu’à la nuit close. Il n’y a en vue,
derrière nous, que les voiles des Audiernais qui rentrent.
[4] Tête-Noire, nom que les Capistes donnent aux Iliennes, précisément
à cause de leur coiffure.
--Aussi bien, fit le mousse, elle n’a pas l’air pressé. Regardez: elle a
tiré son rosaire.
A ce mot de rosaire, le patron Lozac’h se frappa le front et, redevenu
jovial:
--Parbleu! s’écria-t-il, gageons que, ce coup-ci, c’est moi qui devine
juste!... Le bateau qu’elle guette, cette Ilienne-là, c’est le nôtre...
Et c’est après vous qu’elle en a, monsieur Dénès, poursuivit-il en me
touchant l’épaule:--Elle n’aura pas voulu manquer la commission dont on
vous a chargé pour elle. Apprêtez-vous à embrasser Thumette Chevanton.
Cette grosse plaisanterie les fit tous rire aux éclats, et je feignis
moi-même d’en être fort amusé. Mais l’idée que ce pouvait être,
effectivement, la sournoise sauvagesse qui se tenait embusquée là-haut,
sur le bord du seul sentier praticable qui, de Beztré, permît de gagner
la Pointe, m’avait fait passer entre chair et peau un désagréable
frisson. Je n’avais jamais eu--tant s’en faut--la moindre sympathie pour
cette femme. Dès le début, j’avais naturellement épousé à son endroit
toutes les préventions d’Adèle; et, plus tard, forcé de lui témoigner
quelques égards, depuis la nuit sinistre où elle avait surgi si à propos
pour rompre l’attirance du gouffre, je m’étais mis à la détester encore
davantage, à cause du service même qu’elle m’avait rendu et que j’étais
honteux de lui devoir. Je rusais pour l’éviter. Toute rencontre avec
elle me produisait une impression de malaise, presque de dégoût. Si elle
m’adressait la parole, j’étais incapable de lui répondre sans rougir;
j’avais la langue épaisse, je balbutiais. Elle ne faisait pas mine de
remarquer mon trouble, mais j’avais la certitude instinctive qu’il ne
lui échappait pas et, peut-être, qu’elle s’en réjouissait. Ce dont
j’enrageais le plus, c’est qu’à mon aversion très imparfaitement
déguisée elle opposait--et en ces derniers temps surtout--une onctueuse
douceur hypocrite, mêlée de je ne sais quelle insolente pitié. Dans les
propos les plus simples, les plus banals, un bonjour, un bonsoir, une
réflexion sur le temps, elle affectait d’enfermer une infinité de
sous-entendus. Ces façons m’irritaient quelquefois à un tel point
que--par un retour assez singulier--c’était ma femme à présent qui me
calmait et qui plaidait pour l’Ilienne.
--Non, je t’assure, elle est moins mauvaise que tu le dis. Je suis
beaucoup revenue sur son compte. Cet hiver, elle s’est quasiment
apprivoisée... Quand il n’y a que Louarn et moi, elle entre volontiers,
s’assied avec nous, prend part à la conversation. Même, les jours où je
suis seule, elle ne me fuit plus comme par le passé. Souvent, après
souper, elle apporte son tricot et, tandis que je brode, elle me raconte
les histoires comme je les aime, des histoires de choses
invraisemblables arrivées à des personnes de son île. On ne s’ennuie
jamais avec elle... Bien mieux: chaque matin, c’est elle qui va me
puiser mon eau à la citerne... Elle a des qualités, crois-moi... Ce
n’est que quand tu es là qu’elle se renfonce dans sa sauvagerie, par
discrétion, je pense, et aussi--elle me l’a confessé--parce qu’elle te
craint, parce qu’elle ne peut s’empêcher de voir en toi le chef de son
mari et que ta gravité silencieuse lui en impose.
Je m’inclinais devant le dire d’Adèle, que Louarn, dans nos entretiens
du phare, me confirmait, mais je n’avais pas encore réussi à me
débarrasser de mes préjugés hostiles contre la Chevanton. Elle demeurait
pour moi l’«ennemie»; et de songer que ce serait sa figure équivoque qui
m’apparaîtrait la première au débarquer, alors surtout que j’avais tant
rêvé d’une vision toute différente, cela me gâtait cette fin de voyage,
jetait sur mon âme une ombre analogue à celle qui s’élargissait sur la
mer, au pied des falaises que maintenant nous longions.
Au fait, qu’avait-elle à chercher sur cette côte, cette rôdeuse de
funeste présage, cette «chouette de la mort», comme le brigadier des
douanes l’avait surnommée, qui ne se montrait guère dans le voisinage
des vagues que la nuit, et seulement sur le versant septentrional de la
Pointe, vers les lagunes de Laoual et les sables de la Baie des
Trépassés, là où les courants, charrieurs d’épaves, balayent, ainsi
qu’en un gigantesque ossuaire, les reliefs des festins du Raz:
squelettes d’hommes, tronçons de mâts, carcasses démantibulées de
vaisseaux... Une peur soudaine me prit. Il me ressouvint de l’histoire
du sou, à laquelle je ne pensais plus et je murmurai mentalement...
--Serait-ce qu’Adèle a quelque chose, et celle-ci m’attendrait-elle, de
sa part, en messagère de malheur?... Jésus-Dieu! que va-t-elle
m’annoncer?
A la stupéfaction de l’équipage, je m’élançai d’un bond sur l’avant du
bateau, qui n’avait pas fini de se ranger à quai, et d’un autre bond, au
risque de me casser les reins, je m’abattis sur les pierres du môle. Mes
genoux, à l’heure où j’écris ces lignes, sont encore meurtris de cette
chute. J’entendis derrière moi la voix du patron Lozac’h qui
s’exclamait:
--Malédiction rouge!... S’il ne s’est pas tué!...
Sans même me retourner pour lui crier, comme d’habitude: «A la
prochaine, patron!» j’escaladais déjà, d’une allure désordonnée de fou,
les marches, dépourvues de rampes, qui, du fond de la crique, permettent
d’atteindre le rebord du plateau. J’avais des ailes aux talons, j’en
avais aux bras, j’en avais à tout le corps. En atteignant l’orifice du
puits, je faillis avoir un éblouissement. Par-delà le vaste pays nu, à
l’extrémité des roches du Van, la mer était en feu et renvoyait, comme
décuplée par une énorme lentille ardente, la dernière et splendide
flambée du soleil à son déclin. J’en eus les yeux si blessés que je dus
serrer les paupières et cheminer quelques instants à tâtons. Quand je
les rouvris, l’Ilienne me barrait la route. Je bredouillai
précipitamment:
--Qu’est-ce qu’il y a?... Adèle?... Un accident?... Quoi?... Parlez
donc!
Elle répondit en son breton traînant, avec un mince sourire:
--Madame la cheffesse était aussi fraîche qu’une églantine de mai, cette
après-midi, lorsque je suis sortie de la caserne.
Il me sembla que chacun de ses mots coulait en moi comme une rosée
rafraîchissante, et à ce moment-là, oui, je crois que, pour le
soulagement qu’elles venaient de me donner, j’aurais été capable de
baiser ses lèvres.
Elle, cependant, avait repris:
--Vous plaît-il, monsieur Dénès, que nous fassions ensemble un bout de
trajet?
--Comment donc! déclarai-je, tout ce que vous voudrez, madame Thumette.
Je buvais avidement l’air de la hauteur; des aromes subtils de thym et
de lavande me chatouillaient délicieusement les narines. Mes
appréhensions étaient calmées; plus rien ne me pressait maintenant:
j’attendais sans impatience que l’Ilienne s’expliquât, tout disposé,
d’ailleurs, à lui être agréable, si, comme j’en étais convaincu, elle
avait quelque service à me demander. Nous cheminâmes assez longtemps en
silence. On ne rencontre dans cette partie de la lande qu’un logis
humain: la chaumière de Ty-Map-Fourmant. La vieille filandière qui
l’habite était en train de donner à manger à son porc; elle nous dit, en
manière de salut:
--Un beau soir, n’est-ce pas, chrétiens?
Nous répondîmes en chœur:
--Un beau soir, en vérité.
Un peu plus loin, sur la gauche, est la croix du Laz, ainsi nommée parce
qu’elle fut érigée dans ces parages solitaires en souvenir d’un meurtre.
L’usage veut qu’on n’y passe point sans ramasser dans la sente
schisteuse un caillou que l’on jette ensuite au pied du socle. Il y en
aurait tout un monceau sous lequel la croix elle-même ne tarderait pas à
disparaître, si les eaux d’hiver, d’une année à l’autre, ne se
chargeaient de déblayer le terrain. Thumette Chevanton, le rite
accompli, marmonna une courte prière, se signa; puis, ayant craché dans
la paume de sa main droite, leva le bras vers le ciel, selon l’habitude
bretonne quand on est pour faire un grand serment.
--Que toutes les pierres qui sont là me lapident, prononça-t-elle, s’il
y a une seule parole de mensonge dans ce que je vais dire ici.