«Si droite est ma vision, si pure ma sensation, si maladroitement
complète ma connaissance, et si déliée, si nette ma représentation, et
ma science si achevée que je me pénètre depuis l’extrémité du monde
jusqu’à ma parole silencieuse; et de l’informe _chose_ qu’on désire se
levant, le long de fibres connues et de centres ordonnés, je me _suis_,
je me réponds, je me reflète et me répercute, je frémis à l’infini des
miroirs--je suis de verre.»
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Ma solitude--qui n’est que le manque depuis beaucoup d’années, d’_amis_
longuement, profondément vus; de conversations étroites, dialogues sans
préambules, sans finesses que les plus rares, elle me coûte cher.--Ce
n’est pas vivre que vivre sans objections, sans cette résistance
vivante, cette proie, cette autre personne, adversaire, reste individué
du monde, obstacle et ombre du moi--autre moi--intelligence rivale,
irrépressible--ennemi le meilleur ami, hostilité divine,
fatale,--intime.
Divine, car supposé un dieu qui vous imprègne, pénètre, infiniment
domine, infiniment devine--sa joie d’être combattu par sa créature qui
essaie imperceptiblement d’être, se sépare... La dévorer et qu’elle
renaisse; et une joie commune et un agrandissement.
Si nous savions, nous ne parlerions pas--nous ne penserions pas, nous ne
nous parlerions pas.
La connaissance est comme étrangère à l’être même.--Lui s’ignore,
s’interroge, se fait répondre...
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De quoi j’ai souffert le plus? Peut-être de l’habitude de développer
toute ma pensée--d’aller jusqu’au bout en moi.
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Je méprise vos idées pour les considérer en toute clarté et presque
comme l’ornement futile des miennes; et je les vois comme on voit en
pleine eau pure, dans un vase de verre, trois ou quatre poissons rouges
faire, en circulant, des découvertes toujours naïves et toujours les
mêmes.
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Je ne suis pas bête parce que toutes les fois que je me trouve bête, je
me nie--je me tue.
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Dégoûté d’avoir raison, de faire ce qui réussit, de l’efficacité des
procédés, essayer autre chose.