43. =Le major de BÜLOW.=--Il ordonna les massacres et la destruction
d'Aerschot.
44. =Le major DIECKMANN.=--Dans une proclamation datant du 6 septembre
(Grivegnée, Belgique) il déclara qu' «_il y va de la vie des otages, à
ce que la population se tienne paisible en toute circonstance_», et que,
si les premiers otages ne sont pas remplacés dans les quarante-huit
heures par d'autres, «_l'otage encourt la peine de mort_», et que
«_quiconque n'obtempère pas au commandement: Levez les bras! est
passible de la peine de mort_.»
54. =L'officier allemand WALTER BLOEM.=--Il fut chargé de faire une
enquête en Belgique (voir la _Gazette de Cologne_ du 10 février 1915) et
il avoua sans honte que tout ce qui y fut commis fait partie d'un
système ayant pour principe que «_la collectivité entière à laquelle il_
(le coupable) _appartient doit expier_» et que, si les coupables ne
peuvent être désignés, «_les innocents doivent expier à leur place, non
pas parce qu'un crime a été commis, mais pour qu'un crime ne soit plus
commis dans la suite_.»
La presse entière des Nations alliées ne devrait-elle pas demander la
nomination immédiate d'un tribunal international pour juger et condamner
par contumace--ainsi que le réclame le «Figaro» (27 mai)--tous ces
criminels de droit commun.
*
* *
Nous ne pouvons mieux faire, en terminant cette liste, que de citer la
conclusion du réquisitoire de M. Léon Maccas.
«Donc, la _responsabilité théorique_ des cruautés allemandes»,
affirme-t-il dans cette conclusion, «appartient: directement aux
écrivains militaires de l'Allemagne; plus profondément et dans leurs
causes, à ses professeurs, à ses historiens, à ses philosophes. Au
premier rang des exécuteurs viennent ensuite les chefs militaires.
«Mais le _verdict général_ porte sur toute l'Allemagne, car tous ses
citoyens, du premier jusqu'au dernier, se présentent aux yeux du monde,
étonné au début, révolté ensuite, comme solidaires dans l'œuvre de
dévastation, de meurtre, de pillage et de lâcheté, qui signalera aux
yeux de l'histoire la guerre que l'Allemagne a déchaînée.
«Nous, du moins, neutre de nationalité, impartial de jugement, nous les
solidarisons tous, dans le sentiment de mépris et de dégoût qu'ils
inspirent à notre cœur indigné, et dans le jugement sévère mais juste
qu'ils ont mérité de notre raison déçue».