L'allumoir dont nous entretenons nos lecteurs est basé sur un principe
original--peu ou pas employé jusqu'à présent, du moins dans ce genre
d'applications--la rupture du courant d'une _dynamo_.
Habituellement, les appareils ordinaires rompent le courant d'une
_magnéto_, c'est-à-dire qu'ils comportent des aimants permanents, sujets
à se désaimanter, ou bien ils utilisent le courant d'une pile,
rapidement épuisée, en tout cas rarement commode.
Ces appareils cessent d'ailleurs de fonctionner au bout d'un court laps
de temps et l'on se voit forcé de recourir à des réparations coûteuses
et embarrassantes. Ces circonstances ont souvent discrédité les
allumoirs électriques.
Partant du principe qu'un allumoir réellement pratique doit renfermer en
premier lieu sa propre source d'énergie inépuisable, _ne comportant
jamais_ un renouvellement ou complément, l'inventeur de l'appareil en
question, après de longues et laborieuses recherches, a réussi, en se
basant sur le principe dynamo-électrique, à construire un appareil
donnant toute satisfaction, tout en assurant à l'instrument une durée de
fonctionnement de plusieurs années.
Comme on peut le voir sur la figure ci-jointe, dans une cassette en
métal et cristal, se trouvent une petite _dynamo complète_, du type
Siemens, un mécanisme d'allumage à rupture ainsi qu'un récipient pour la
matière inflammable.
Sur la surface, côté gauche, se trouve l'allumoir, avec une coiffe de
culasse; à côté, en arrière, l'allume-cigare; à droite, dans un
enfoncement, un cendrier mobile avec un coupe-cigare au-dessus. Dans la
paroi de face, vers le milieu, se trouve enchâssée une poignée de
rotation.
On fait fonctionner l'appareil en faisant subir à cette poignée _un
mouvement de rotation vif et continu_, mais sans brusquerie, dirigé de
gauche à droite. Une roue dentée, reliée à la poignée, entraîne un petit
pignon fixé à l'induit de la dynamo. Il se produit ainsi, pour un seul
mouvement de la main, une dizaine de tours destinés à exciter la dynamo,
dont finalement le circuit est rompu sèchement par un choc de leviers au
contact d'une mèche imprégnée d'alcool. Une vive étincelle se produit et
la lampe s'allume, tandis que se découvre la coiffe recouvrant la mèche.
Il ne peut pour ainsi dire pas y avoir de ratés et la dynamo est
toujours prête à l'allumage puisqu'elle n'emprunte qu'à la main de
l'opérateur la puissance nécessaire à son fonctionnement.
Un récipient, dont le couvercle paraît sur la gauche arrière de la
figure, doit être rempli pour un peu plus que la moitié d'alcool
dénaturé (on met habituellement dans celui-ci une goutte de parfum, pour
retirer l'odeur de l'alcool).
Après chaque opération, on recouvre la coiffe, ce qui éteint la flamme
et empêche ensuite l'évaporation de l'alcool.
Les frais d'entretien sont très minimes et le prix de l'appareil se
trouve remboursé par l'économie que l'on fait en faisant usage de
l'allumoir.
[Illustration: L'allumoir dynamo.]
Cet appareil, fort élégant, se trouve en vente, au prix de 75 francs,
chez _Kirby, Beard et Cie, 5, rue Auber, Paris_.
[Avec ce Numéro _Supplément de quatre pages_ ET GRAVURE HORS TEXTE]
[NOTE du transcripteur: Le supplément de quatre pages, concernant
l'Exposition de Liège ne nous a pas été fourni. La gravure hors-texte
intitulée le CHEF-D'OEUVRE a été déplacée et jointe au texte qui la
commente.]