Les obsèques des victimes si péniblement arrachées aux flancs du
_Farfadet_ ont eu lieu, le 18 juillet, avec l'imposante solennité des
honneurs militaires, en présence de M. Pichon, notre résident général en
Tunisie, des amiraux Fournier, Gourdon, Jauréguiberry, des commandants
des principales unités de l'armée navale, des généraux Roux et Meunier,
des survivants de l'équipage et de leurs camarades du sous-marin
_Korrigan_, des fonctionnaires civils et de nombreuses délégations. A
l'issue de la cérémonie religieuse, célébrée par Mgr Tournier, évêque de
Carthage, assisté du curé de Ferryville, les quatorze cercueils, placés
sur des fourgons, furent embarqués à bord du remorqueur _Cyclope_, pour
être transportés de Sidi-Abdallah à Bizerte, où, après les suprêmes
hommages, ils devaient rester déposés au cimetière jusqu'au moment de
leur transfert en France.
Tout ce qui se rattache au tragique événement du 6 juillet offre mieux
qu'un intérêt rétrospectif; aussi, n'est-il pas superflu de compléter
nos documents relatifs aux opérations du renflouement effectué, malgré
tant de difficultés, au prix de tant d'efforts. Une de nos gravures
montre le dock flottant immergé à son maximum, au-dessus du Farfadet:
les chaînes passées sous la coque du sous-marin vont être rabattues;
puis des pompes à vapeur épuiseront l'eau du dock, lequel émergera,
tirant, par la puissance de son mouvement ascensionnel, le bateau coulé,
du fond de vase de lm,50 où il s'est enlisé.
Une autre reproduction photographique représente un scaphandrier
remontant à l'heure du déjeuner. Ces hommes, nous écrit-on,
accomplissaient leur rude et périlleuse besogne avec une admirable
vaillance: quand ils revenaient à l'air pour prendre à la hâte quelque
nourriture, ils ne se donnaient même pas le temps de se dévêtir
D'ailleurs, pendant la trop longue durée des manoeuvres que dirigeait le
contre-amiral Aubert, aidé du capitaine de frégate Benoît, chef
d'état-major, l'ingénieur de la marine Faure et le lieutenant de
vaisseau Mandine, tout le monde, en ces douloureuses circonstances, a su
faire son devoir, depuis les chefs jusqu'aux plus humbles travailleurs.