[Illustration: JEAN-JACQUES HENNER Mort à Paris le 23 juillet]
Le peintre Jean-Jacques Henner vient de mourir.
Il n'y a pas trois mois (le 13 mai), _L'Illustration_ avait la bonne
fortune d'offrir à ses lecteurs une parfaite reproduction d'une oeuvre
caractéristique de ce grand maître: une _Tête de Femme_, harmonie
admirable de chair rosée à peine, de roux, de bleu et de rouge vibrant.
Nous avons publié dans le même numéro un court article où étaient
analysées--trop brièvement--les belles qualités de ce talent savoureux
de Henner, qui exerce sur les foules, comme sur l'élite des
connaisseurs, une si puissante séduction.
L'artiste était alors gravement malade. Cependant, tout espoir était
loin d'être perdu et même, depuis cette alerte, on l'avait vu reprendre
ses forces; on pouvait croire que son robuste tempérament triompherait
du mal.
Nous nous bornerons à rappeler ici les titres de quelques-unes des
oeuvres maîtresses qui ont marqué les étapes de cette belle carrière
artistique: 1858, la _Mort d'Abel_, son prix de Rome; 1865, la _Chaste
Suzanne_; 1867, la fameuse _Biblis changée en source_; la _Femme au
divan noir_, du musée de Mulhouse; 1874, _Madeleine dans le
désert_;1876, le _Christ mort_; 1898, le _Lévite Éphraïm_, qui lui valut
la médaille d'honneur, et enfin un grand nombre de figures isolées,
comme _Fabiola_, et de portraits, dont les deux plus beaux sont celui de
_Chanzy_ et celui de l'artiste même, pour la galerie des Peintres, aux
Offices de Florence.