#Webmestre du site du Club des poètes
Fondé il y a quarante ans par Jean-Pierre Rosnay, le père de Blaise Rosnay, le
Club des Poètes propose une découverte de la poésie de tous les temps et de tous
les pays depuis les origines jusqu'à aujourd'hui.
*Entretien du 8 juin 1998
= Quel est l'historique de votre site web?
Le site du Club des Poètes a été créé en 1996, il s'est enrichi de nombreuses
rubriques au cours des années et il est mis à jour deux fois par semaine.
= Quel est l'apport de l'internet dans votre activité?
L'internet nous permet de communiquer rapidement avec les poètes du monde
entier, de nous transmettre des articles et poèmes pour notre revue, ainsi que
de garder un contact constant avec les adhérents de notre association. Par
ailleurs, nous avons organisé des travaux en commun, en particulier dans le
domaine de la traduction.
= Quels sont vos projets?
Nos projets pour notre site sont d'y mettre encore et toujours plus de poésie.
Ajouter encore des enregistrements sonores de poésie dite ainsi que des vidéos
de spectacles.
*Entretien du 16 janvier 2000
= En quoi consiste exactement votre activité sur l'internet?
Je mets en page des poèmes, je modère modérément le forum des poètes, j'anime
une rubrique d'actualité poétique ("Etat d'urgence poésie"), je rédige des notes
de lecture sur les sites poétiques de l'internet francophone, et je dialogue
avec les internautes curieux de poésie. Le site du Club des Poètes est mis à
jour deux fois par semaine au moins.
= Quelles sont vos nouvelles réalisations et vos nouveaux projets?
Nous sommes en train de réaliser une version animée (utilisant la technologie
Flash) de la rubrique "La poésie et l'enfant".
Dès que nous aurons un peu plus de moyens, nous nous connecterons par le câble
au Club des Poètes et nous retransmettrons nos spectacles à l'aide d'une webcam.
= Que pensez-vous des débats liés au respect du droit d'auteur sur le web?
La diffusion de la culture doit être facilitée sur l'internet. Les éditeurs et
les pouvoirs publics doivent encourager tous les projets réalisés par des
passionnés de tel ou tel auteur qui partagent leur passion avec les autres sur
internet sans en faire profit.
Exemple: il serait absurde qu'un jeune homme qui aime Le Petit Prince de
Saint-Exupéry ne soit pas encouragé à partager son amour et à l'illustrer par
quelques extraits de cette oeuvre qui, soit dit en passant, est un beau
plaidoyer pour le coeur contre les raisons de l'argent. En résumé, il me semble
que l'internet peut encore devenir un moyen de partage de la culture et de la
beauté à condition que la culture et la beauté ne soient pas considérées comme
des biens de consommation. C'est la moindre des choses, car, justement, la
poésie et la beauté véhiculent d'autres valeurs morales et spirituelles.
= Comment voyez-vous l'évolution vers un internet multilingue?
Dans la mesure où la culture française, y compris contemporaine, pourra être
diffusée sans obstacles, la langue française aura la possibilité de rester
vivante sur le réseau. Ses oeuvres, liées au génie de notre langue, susciteront
nécessairement de l'intérêt puisqu'elles sont en prise avec l'évolution actuelle
de l'esprit humain. Dans la mesure où il y aura une volonté d'utiliser
l'internet comme moyen de partage de la connaissance, de la beauté, de la
culture, toutes les langues, chacune avec leur génie propre, y auront leur
place. Mais si l'internet, comme cela semble être le cas, abandonne ces
promesses pour devenir un lieu unique de transactions commerciales, la seule
langue qui y sera finalement parlée sera une sorte de jargon dénaturant la belle
langue anglaise, je veux dire un anglais amoindri à l'usage des relations
uniquement commerciales.
= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?
D'innombrables rencontres avec des poètes du monde entier que nous avons
découverts sur internet et qui sont venus nous rendre visite au Club des Poètes.
D'innombrables messages de soutien et d'encouragement.
= Et votre pire souvenir?
Le constat que, faute d'une volonté politique de partage culturel, les
initiatives les plus belles sont le plus souvent découragées par la logique
marchande et que l'internet risque de se transformer peu à peu en vitrine de
supermarché.
*Entretien du 9 novembre 2000
= Utilisez-vous encore des documents papier?
Le moins possible: en fait nous apprenons les poèmes par coeur et ce que nous
aimons le mieux, c'est de transmettre la poésie dans sa tradition orale. Mais en
vérité l'internet aussi nous paraît un peu vieillot. C'est d'un coeur à l'autre,
en passant par les lèvres et l'oreille, que la poésie se propage à la vitesse de
la pensée.
= Les jours du papier sont-ils comptés?
Cela n'a qu'une importance relative. On imprime beaucoup de bêtises sur du
papier et le paysage de l'internet commence aussi à se dégrader sérieusement.
Les marchands de papier (lisez "éditeurs") laisseront-ils place au marchands
d'électrons par internet interposé (lisez "producteurs de contenus sur internet"
(sic))? Peu nous importe. La poésie poursuit son voyage pour l'éternité.
= Quelle est votre opinion sur le livre électronique?
Je n'ai aucun sentiment pour les machines. Elles ne sont même pas douces à
caresser.
Quelles sont vos suggestions pour une meilleure accessibilité du web aux
aveugles et malvoyants?
L'usage de la voix bien sûr. Notre site propose bien sûr de nombreux poèmes dits
et chantés à écouter.
= Comment définissez-vous le cyberespace?
Une toile irisée où se reflètent nos désirs insensés.
= Et la société de l'information?
Une société de plus en plus mal fréquentée. Quand donc les humains associés
apprendront-ils à converger vers la beauté?
*Entretien du 3 mai 2001
= Quoi de neuf depuis notre dernier entretien?
Dans le cadre des nouveautés, nous avons créé cette année Poésie vive qui nous
permet d'offrir un espace aux internautes-poètes qui nous intéressent.
Cela complète gracieusement Poésie.net dont la vocation est davantage de
présenter un très large panorama des grandes voix de la poésie de tous les pays
et de tous les temps.
Nous allons créer (il sera en ligne la semaine prochaine, à savoir le 8 mai
2001, je pense) "Nouvailes, le site des nouvelles qui vous donnent des ailes",
qui offrira tous les jours une bonne nouvelle (une nouvaile!) à ses visiteurs,
ce qui les changera des informations télévisées, radiodiffusées, et maintenant
internétisées, qui sont bien faites pour briser le moral des plus résistants des
coeurs sensibles.
Nous allons en profiter pour redonner aussi un coup de jeune à "Ulysse,
chercheur de connaissances", un beau site de partage de la culture, répertoire
des plus belles ressources culturelles sur l'internet.
Voilà. En d'autres termes, nous travaillons toujours ardemment à donner un peu
d'âme au monde virtuel aussi bien que réel.