L'innovation la plus récente est Unicode. Bien qu'il soit encore en train
d'évoluer et qu'il ait tout juste été incorporé dans les derniers logiciels, ce
nouveau système de codage traduit chaque caractère en 16 bits. Alors que l'ASCII
étendu à 8 bits pouvait prendre en compte un maximum de 256 caractères, Unicode
peut prendre en compte plus de 65.000 caractères uniques et il a donc la
possibilité de traiter informatiquement tous les systèmes d'écriture du monde.
Les instruments sont maintenant plus ou moins en place. Ils ne sont pas encore
parfaits, mais on peut désormais naviguer sur le web en chinois, en japonais, en
coréen, et dans de nombreuses autres langues qui n'utilisent pas l'alphabet
occidental. Comme l'internet s'étend à des parties du monde où l'anglais est
très peu utilisé, par exemple la Chine, il est naturel que ce soit le chinois et
non l'anglais qui soit utilisé. La majorité des usagers en Chine n'a pas d'autre
choix que sa langue maternelle.
Une période intermédiaire précède bien sûr ce changement. Une grande partie de
la terminologie technique disponible sur le web n'est pas encore traduite dans
d'autres langues. Et, comme nous nous en sommes rendus compte dans NetGlos,
notre glossaire multilingue de la terminologie de l'internet, la traduction de
ces termes n'est pas toujours facile. Avant qu'un nouveau terme ne soit accepté
comme le terme correct, il y a une période d'instabilité avec plusieurs
candidats en compétition. Souvent un terme emprunté à l'anglais est le point de
départ et, dans de nombreux cas, il est aussi le point d'arrivée. On assiste
finalement à l'émergence d'un vainqueur qui est ensuite utilisé aussi bien dans
les dictionnaires techniques que dans le vocabulaire quotidien de l'usager non
spécialiste. La dernière version de NetGlos est la version russe et elle devrait
être disponible dans deux semaines environ (fin septembre 1998, ndlr). Elle sera
sans nul doute un excellent exemple du processus dynamique en cours pour la
russification de la terminologie du web.