#Responsable de la section française des services linguistiques centraux de
l'Administration fédérale suisse
*Entretien du 14 janvier 1999
= Quel est l'apport de l'internet dans un service de traduction?
Travailler sans internet est devenu tout simplement impossible: au-delà de tous
les outils et commodités utilisés (messagerie électronique, consultation de la
presse électronique, activités de services au profit de la profession des
traducteurs), internet reste pour nous une source indispensable et inépuisable
d'informations dans ce que j'appellerais le "secteur non structuré" de la toile.
Pour illustrer le propos, lorsqu'aucun site comportant de l'information
organisée ne fournit de réponse à un problème de traduction, les moteurs de
recherche permettent dans la plupart des cas de retrouver le chaînon manquant
quelque part sur le réseau.
= Comment voyez-vous l'expansion du multilinguisme sur le web?
Le multilinguisme sur internet peut être considéré comme une fatalité heureuse
et surtout irréversible. C'est dans cette optique qu'il convient de creuser la
tombe des rabat-joie dont le seul discours est de se plaindre d'une suprématie
de l'anglais. Cette suprématie n'est pas un mal en soi, dans la mesure où elle
résulte de réalités essentiellement statistiques (plus de PC par habitant, plus
de locuteurs de cette langue, etc.). La riposte n'est pas de "lutter contre
l'anglais" et encore moins de s'en tenir à des jérémiades, mais de multiplier
les sites en d'autres langues. Notons qu'en qualité de service de traduction,
nous préconisons également le multilinguisme des sites eux-mêmes.
La multiplication des langues présentes sur internet est inévitable, et ne peut
que bénéficier aux échanges multiculturels. Pour que ces échanges prennent place
dans un environnement optimal, il convient encore de développer les outils qui
amélioreront la compatibilité. La gestion complète des diacritiques ne constitue
qu'un exemple de ce qui peut encore être entrepris.
*Entretien du 25 janvier 2000
= En quoi consiste votre site web?
Conçu d'abord comme un service intranet, notre site web se veut au service
d'abord des traducteurs opérant en Suisse, qui souvent travaillent sur la même
matière que les traducteurs de l'administration fédérale, mais également, par
certaines rubriques, au service de n'importe quel autre traducteur où qu'il se
trouve. Les dictionnaires électroniques ne sont qu'une partie de l'ensemble, et
d'autres secteurs documentaires ont trait à l'administration, au droit, à la
langue française, etc., sans parler des informations générales. Le site abrite
par ailleurs les pages de la CST (Conférence des services de traduction des
états européens).
= En quoi consiste exactement votre activité professionnelle?
Je suis responsable de la section française des services linguistiques centraux
(SLC-f) de la Chancellerie fédérale suisse, c'est-à-dire en charge des questions
organisationnelles de la traduction pour l'ensemble des services linguistiques
du gouvernement suisse.
= Que pensez-vous des débats liés au respect du droit d'auteur sur le web?
Le problème est réel même si la solution n'est pas évidente. On peut toutefois
regretter que la lutte contre ce genre de fraude finira par justifier, avec
d'autres dérives, une "police du WWW" malheureusement bien éloignée de l'esprit
dans lequel la toile a été créée.
= Comment voyez-vous l'évolution vers un internet multilingue?
Nous y sommes, à l'internet multilingue: reste à le consolider et à veiller à
l'égalité des chances d'accès, ce qui prendra probablement un peu plus de temps.