UN ATTELAGE DE POLICEMEN

L'ouverture solennelle du Parlement britannique a été marquée par un

incident que la presse londonienne commente avec un humour qui trouvera

son écho à Berlin.

Le corps diplomatique se rendait à Westminster en carrosses de gala,

quand une batterie du Royal Horse Artillery, postée dans le parc de

Saint-James, tira le premier coup de la salve réglementaire.

Les attelages des divers ambassadeurs dressèrent bien l'oreille, mais ne

bronchèrent pas. Il n'en fut pas ainsi des chevaux de l'ambassadeur

d'Allemagne. Affolés par le fracas de la détonation, ils se sabrèrent,

et, malgré tous les efforts du cocher et des valets, rompirent leurs

harnais et brisèrent les brancards.

On put les maîtriser à temps, au moment où ils devenaient un danger pour

la foule massée sur les trottoirs, et des policemen furent requis de

traîner le carrosse jusqu'à la Chambre des lords.

Esclaves de la discipline, ils consentirent volontiers à traîner

l'ambassadeur; mais les valets en pompeux uniforme durent suivre à pied.

[Illustration: Le carrosse de l'ambassadeur d'Allemagne à Londres traîné

par des policemen.]

LA MÉNAGERIE DE LA DANSE, par Henriot.

L'Illustration, No. 3655, 15 Mars 1913 · 第 44 / 45 题