Deux amants.
Survient le grand séparateur social,--le père,--que l'on appelle, je
crois, _père noble_, en termes consacrés, chez les marionnettes.
Faut-il continuer?
Non, évidemment.
Ainsi, laissons de côté cette intrigue[20].
[20] Paul Forestier d'E. Augier (1868).
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Les vers de cette comédie étant écrits suivant une esthétique qui me
semble une des espiègleries les plus amusantes de notre grand siècle, je
m'abstiendrai de toute appréciation à leur égard. Le Public _pleure_ en
les entendant; c'est tout ce qu'il faut,--et c'est là le gage parfait,
selon l'opinion moderne, de la beauté d'une oeuvre. Ayant le malheur
d'avoir une confiance médiocre en l'infaillibilité des glandes
lacrymales et des digestions pénibles, touchant l'Art éternel, les
sanglots étouffés qui partent des baignoires, les foulards interrupteurs
et autres critériums actuels du sublime, m'ont toujours--(qu'on me
plaigne!)--fait lever le coeur. Ainsi laissons cela de nouveau.
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Quant à la pièce, elle contient, vraiment, plusieurs scènes
admirablement jouées, et deux ou trois décalques photographiques de la
simple nature.
La Nature avant tout. Il est bon que le spectateur voyant un homme
passer dix minutes à dire: «_Donnez-moi mon paletot_», ou: «_Je boucle
ma valise_», s'écrie: «Comme c'est naturel! Vivent les POÈTES!» Ainsi
oublions, derechef, toute discussion stérile sur un principe aussi
flatteur.
Une seule scène est d'un écrivain, dans ce mélodrame: c'est la grande
scène du troisième acte.
Quant au reste de l'action, j'ai eu l'honneur de n'y rien comprendre, et
il est inutile de faire partager au lecteur cette manière de voir.--La
chose m'a paru un triste mélange de criailleries, de banalités et de
puérilités inconcevables. Mais je livre cette appréciation avec la plus
grande humilité; je suis un fort mauvais juge de ces sortes de pièces.
Etant donné leur horizon, je ne distingue plus, au bout de dix minutes,
les personnages les uns des autres; et il y a des moments où je confonds
M. Got avec Madame Lafontaine.
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Une seule impression domine certains esprits au dénouement de la pièce.
C'est celle que cause le vénérable père noble.
Le drôle ferait rougir d'être au monde.
Je ne connais pas de dégoût comparable à celui que m'inspirent ses
cheveux blancs. C'est vraiment le monstre, le bourreau oiseux, l'Ennemi,
celui qui mérite la mort et le haussement d'épaules.
Quelle infernale et suffisante caricature! Comme il parle de Dieu, de
vertu, d'honnêteté, de dévouement, des lois sociales!... Comme il
attendrit la foule!
Un jour, quand on sera revenu des discussions théâtrales avec ces types,
lorsqu'on verra clair au fond de cette sorte de gens honorables,--on
sera bien étonné; au lieu de sangloter sur leurs sages maximes, si émues
et si judicieuses, on leur préférera celles de Desrues, l'empoisonneur,
comme plus efficaces et plus humaines.