PHYLANTE

Ce Phylante aux rubans choisis chez Perdrigeon,

Ce Phylante pattu comme un riche pigeon

Dont les pattes auraient pour plumes des dentelles,

Qui ne porte jamais, si coûteuses soient-elles,

Que des bottes de peau levantine, que des

Chemises à jabot de linge hollandais,

Expert à se serrer au poignet, sous la manche,

Le large ruban noir qui fait la main plus blanche,

Ce cher Phylante, encor qu’il soit loin d’être laid,

Qu’il excelle à donner les violons, qu’il ait

La réputation d’être bon alcôviste

Et de savoir en quoi le dernier doux consiste,

Encor qu’il soit celui, lorsqu’on parle d’amours,

Dont le nom à côté de son nom vient toujours,

Encor qu’il chante en bas pour elle à l’instant même,

Il ne l’aime pas plus, grand Dieu! qu’elle ne l’aime.

Tout ceci n’est qu’un jeu raffiné de roman.

Le Cantique de l'Aile · 第 84 / 131 题