IV

Penché comme l’Histoire au-dessus de deux princes,

Il a vu s’affronter ces obscurs champions,

Et le frêle vaincu ruer des arpions

Pour détourner la pointe aux trois coups sûrs et minces.

Il a, dans un jardin d’une de nos provinces,

--Tout l’univers est là, dès que nous l’épions!--

Vu le Drame, et l’Idylle, et les deux Scorpions

Qui vont en se tenant tendrement par les pinces.

Il s’est ému de voir, sous la touffe de thym,

Ces êtres, observés à même leur destin,

Se heurter pour l’amour ou bien pour la bataille;

Et dans ses Souvenirs nous verrons, pleins d’émoi,

Tous ces êtres garder l’importance et la taille

Que leur donna sa loupe--et plus encor sa foi!

V

Il a vu, du plus haut problème effleurant l’_x_,

Jusqu’où l’instinct triomphe et quand il capitule,

Et comment le papier, le coton et le tulle

Sont faits par la Psyché, la Guêpe et le Bombyx.

O peuple merveilleux de métal et d’onyx!

Le Grillon d’Italie est un petit Catulle.

Le Pompile attaquant tout seul la Tarentule

Est grand comme Roland ou Vercingétorix.

Tout l’univers est là... combattants, parasites...

L’un vit de ses exploits, l’autre de ses visites.

Il y a le maçon, le potier, le tailleur.

Tu ravaudes, Clotho; Balanin, tu perfores;

Bousier, tu suis ton nom; toi, Cigale, ton cœur;

Et vous, vous attendez, dans un coin, Nécrophores!

Le Cantique de l'Aile · 第 45 / 131 题