NOTES:

[1: _Les règles de la Méthode sociologique_, Paris, F. Alcan, 1895.]

[2: Et pourtant, nous montrerons (p. 368, note) que cette manière de

voir, loin d'exclure toute liberté, apparaît comme le seul moyen de la

concilier avec le déterminisme que révèlent les données de la

statistique.]

[3: Reste un très petit nombre de cas qui ne sauraient s'expliquer

ainsi, mais qui sont plus que suspects. Telle l'observation, rapportée

par Aristote, d'un cheval qui, en découvrant qu'on lui avait fait

saillir sa mère, sans qu'il s'en aperçût et après qu'il s'y était

plusieurs fois refusé, se serait intentionnellement précipité du haut

d'un rocher (_Hist. des anim._, IX, 47). Les éleveurs assurent que le

cheval n'est aucunement réfractaire à l'inceste. Voir sur toute cette

question, Westcott, _Suicide_, p. 174-179.]

[4: Nous avons mis entre parenthèses les nombres qui se rapportent à ces

années exceptionnelles.]

[5: Dans le tableau, nous avons représenté alternativement par des

chiffres ordinaires ou par des chiffres gras les séries de nombres qui

représentent ces différentes ondes de mouvement, afin de rendre

matériellement sensible l'individualité de chacune d'elles.]

[6: Wagner avait déjà comparé de cette manière la mortalité et la

nuptialité (_Die Gesetzmäassigkeit,_ etc., p. 87).]

[7: D'après Bertillon, article _Mortalité_ du _Dictionnaire

Encyclopédique des sciences médicales_, t. LXI, p. 738.]

[8: Bien entendu, en nous servant de cette expression nous n'entendons

pas du tout hypostasier la conscience collective. Nous n'admettons pas

plus d'âme substantielle dans la société que dans l'individu. Nous

reviendrons, d'ailleurs, sur ce point.]

[9: V. L. III, ch. I.]

[10: On trouvera en tête de chaque chapitre, quand il y a lieu, la

bibliographie spéciale des questions particulières qui y sont traitées.

Voici les indications relatives à la bibliographie générale du suicide.

I.--_Publications statistiques officielles dont nous nous sommes

principalement servi:_

Oesterreischische Statistik (Statistik des Sanitätswesens).--Annuaire

statistique de la Belgique.--Zeitschrift des Koeniglisch Bayerischen

statistischen bureau.--Preussische Statistik (Sterblichkeit nach

Todesursachen und Altersclassen der gestorbenen).--Würtembürgische

Iahrbücher für Statistik und Landeskunde.--Badische Statistik.--Tenth

Census of the United States. Report on the Mortality and vital statistic

of the United States 1880, 11e partie.--Annuario statistico

Italiano.--Statistica delle cause delle Morti in tutti i communi del

Regno.--Relazione medico-statistica sulle conditione sanitarie

dell'Exercito Italiano.--Statistische Nachrichten des Grossherzogthums

Oldenburg.--Compte-rendu général de l'administration de la justice

criminelle en France.

Statistisches Iahrbuch der Stadt Berlin.--Statistik der Stadt

Wien.--Statistisches Handbuch für den Hamburgischen Staat.--Jahrbuch für

die amtliche Statistik der Bremischen Staaten.--Annuaire statistique de

la ville de Paris.

On trouvera en outre des renseignements utiles dans les articles

suivants: Platter, _Ueber die Selbstmorde in Oesterreich in den Iahren

1819-1872_. In _Statist. Monatsch._, 1876.--Brattassévic, _Die

Selbstmorde in Oesterreich in den Iahren 1873-77_, In _Stat. Monatsch._,

1878, p. 429.--Ogle, _Suicides in England and Wales in relation to Age,

Sexe, Season and Occupation_. In _Journal of the statistical Society_,

1886.--Rossi, _Il Suicidio nella Spagna nel 1884_. _Arch. di

psychiatria_, Turin, 1886.

II.--_Études sur le suicide en général_.

De Guerry, _Statistique morale de la France_, Paris, 1835, et

_Statistique morale comparée de la France et de l'Angleterre_, Paris,

1864.--Tissot, _De la manie du suicide et de l'esprit de révolte, de

leurs causes et de leurs remèdes_, Paris, 1841.--Etoc-Demazy,

_Recherches statistiques sur le suicide_, Paris, 1844.--Lisle, _Du

suicide_, Paris, 1856.--Wappäus, _Allgemeine Bevölkerungsstatistik_,

Leipzig, 1861.--Wagner, _Die Gesetzmässigkeit in den scheinbar

willkürlichen menschlichen Handlungen_, Hambourg, 1864, 2e

partie.--Brierre de Boismont, _Du suicide et de la folie-suicide_,

Paris, Germer Baillière, 1865.--Douay, _Le suicide ou la mort

volontaire_, Paris, 1870.--Leroy, _Étude sur le suicide et les maladies

mentales dans le département de Seine-et-Marne_, Paris,

1870.--Oettingen, _Die Moralstatistik_, 3e Auflage, Erlangen, 1882, p.

786-832 et tableaux annexes 103-120.--Du même, _Ueber acuten und

chronischen Selbstmord_, Dorpat, 1881.--Morselli, _Il suicidio_, Milan,

1879.--Legoyt, _Le suicide ancien et moderne_, Paris, 1881.--Masaryk,

_Der Selbstmord als sociale Massenerscheinung_, Vienne, 1881.--Westcott,

_Suicide, its history, litterature_, etc., Londres, 1885.--Motta,

_Bibliografia del Suicidio_, Bellinzona, 1890.--_Corre, Crime et

suicide_, Paris, 1891.--Bonomelli, _Il Suicidio_, Milan, 1892.--Mayr,

_Selbstmordstatistik_, In _Handwörterbuch der Staatswissenschaften,

herausgegeben von Conrad, Erster Supplementband_, Iena, 1895.]

[11: _Bibliographie_.--Falret, _De l'hypocondrie et du suicide_, Paris,

1822.--Esquirol, _Des maladies mentales_, Paris, 1838 (t. I, p. 526-676)

et article _Suicide_, in _Dictionnaire de médecine_, en 60

vol.--Cazauvieilh, _Du suicide et de l'aliénation mentale_, Paris,

1840.--Etoc Demazy, _De la folie dans la production du suicide_, in

_Annales médico-psych._, 1844.--Bourdin, _Du suicide considéré comme

maladie_, Paris, 1845.--Dechambre, _De la monomanie homicide-suicide_,

in _Gazette médic._, 1852.--Jousset, _Du suicide, et de la monomanie

suicide_, 1858.--Brierre de Boismont, _op. cit._--Leroy, _op.

cit._--Art. _Suicide_, du _Dictionnaire de médecine et de chirurgie,

pratique_, t. XXXIV, p. 117.--Strahan, Suicide and Insanity, Londres,

1824.

Lunier, _De la production et de la consommation des boissons alcooliques

en France_, Paris, 1877.--Du même, art. in _Annales médico-psych._,

1872; _Journal de la Soc. de stat._, 1878.--Prinzing, _Trunksucht und

Selbstmord_, Leipzig, 1895.]

[12: Dans la mesure où la folie est elle-même purement individuelle. En

réalité, elle est, en partie, un phénomène social. Nous reviendrons sur

ce point.]

[13: _Maladies mentales_, t. I, p. 639.]

[14: _Ibid._, t. I, p. 665.]

[15: _Du suicide_, etc., p. 137.]

[16: In _Annales médico-psych._, t. VII, p. 287.]

[17: _Maladies mentales_, t. I, p. 528.]

[18: V. Brierre de Boismont, p. 140.]

[19: _Maladies mentales_, 437.]

[20: V. article _Suicide_ du _Dictionnaire de médecine et de chirurgie

pratique_.]

[21: Il ne faut pas confondre ces hallucinations avec celles qui

auraient pour effet de faire méconnaître au malade les risques qu'il

court, par exemple, de lui faire prendre une fenêtre pour une porte.

Dans ce cas, il n'y a pas de suicide d'après la définition précédemment

donnée, mais mort accidentelle.]

[22: Bourdin, _op. cit._, p. 43.]

[23: Falret, _Hypochondrie et suicide_, p. 299-307.]

[24: _Suicide et folie-suicide_, p. 397.]

[25: Brierre, _op. cit._, p. 574.]

[26: _Ibid._, p. 314.]

[27: _Maladies mentales_, t. I, p. 529.]

[28: _Hypochondrie et suicide_, p. 3.]

[29: Koch, _Zur Statistik der Geisteskrankheiten_. Stuttgart, 1878, p.

73.]

[30: D'après Morselli.]

[31: D'après Koch, _op. cit._, p. 108-119.]

[32: V. plus bas, liv. I, ch. II, p. I.]

[33: V. plus bas, liv. I, ch. II, p. I.]

[34: V. Tableau IX, ci-dessous.]

[35: Koch, _op. cit._, p. 139-146.]

[36: Koch, _op. cit._, p. 81.]

[37: La première partie du tableau est empruntée à l'article _Aliénation

mentale_, dans le _Dictionnaire_ de Dechambre (t. III, p. 34); la

seconde à Oettingen, _Moralstatistik_, tableau annexe 97.]

[38: _Op. cit._, p. 238.]

[39: _Op. cit._, p. 404.]

[40: Morselli ne le déclare pas expressément, mais cela ressort des

chiffres mêmes qu'il donne. Ils sont trop élevés pour représenter les

seuls cas de folie. Cf. le tableau donné dans le _Dictionnaire_ de

Dechambre et où la distinction est faite. On y voit clairement que

Morselli a totalisé les fous et les idiots.]

[41: Des pays d'Europe sur lesquels Koch nous renseigne nous avons

laissé seulement de côté la Hollande, les informations que l'on possède

sur l'intensité qu'y a la tendance au suicide ne paraissant pas

suffisantes.]

[42: _Op. cit._, p. 403.]

[43: La preuve, il est vrai, n'en a jamais été faite d'une manière tout

à fait démonstrative. En tout cas, s'il y a progrès, nous ignorons le

coefficient d'accélération.]

[44: V. Liv. II, chap. IV.]

[45: On a un exemple frappant de cette ambiguïté dans les ressemblances

et les contrastes que la littérature française présente avec la

littérature russe. La sympathie avec laquelle nous avons accueilli la

seconde démontre qu'elle n'est pas sans affinités avec la nôtre. Et en

effet, on sent chez les écrivains des deux nations une délicatesse

maladive du système nerveux, une certaine absence d'équilibre mental et

moral. Mais comme ce même état, biologique et psychologique à la fois,

produit des conséquences sociales différentes! Tandis que la littérature

russe est idéaliste à l'excès, tandis que la mélancolie dont elle est

empreinte, ayant pour origine une compassion active pour la douleur

humaine, est une de ces tristesses saines qui excitent la foi et

provoquent à l'action, la nôtre se pique de ne plus exprimer que des

sentiments de morne désespoir et reflète un inquiétant état de

dépression. Voilà comment un même état organique peut servir à des fins

sociales presque opposées.]

[46: D'après le _Compte général de l'administration de la justice

criminelle_, année 1887.--V. planche I, p. 48.]

[47: _De la production et de la consommation des boissons alcooliques en

France_, p. 174-175.]

[48: V. planche I, ci-dessus.]

[49: _Ibid._]

[50: D'après Lunier, _op. cit._, p. 180 et suiv. On trouvera des

chiffres analogues, se rapportant à d'autres années, dans Prinzing, _op.

cit._, p. 58.]

[51: Pour ce qui est de la consommation du vin, elle varie plutôt en

raison inverse du suicide. C'est dans le Midi qu'on boit le plus de vin,

c'est là que les suicides sont le moins nombreux. On n'en conclut pas

pourtant que le vin garantit contre le suicide.]

[52: D'après Prinzing, _op. cit._, p. 75.]

[53: On a quelquefois allégué, pour démontrer l'influence de l'alcool,

l'exemple de la Norwège où la consommation des boissons alcooliques et

le suicide ont diminué parallèlement depuis 1830. Mais, en Suède,

l'alcoolisme a également diminué et dans les mêmes proportions, alors

que le suicide n'a cessé d'augmenter (115 cas pour un million en

1886-88, au lieu de 63 en 1821-1830). Il en est de même en Russie.

Afin que le lecteur ait en mains tous les éléments de la question, nous

devons ajouter que la proportion des suicides que la statistique

française attribue soit à des accès d'ivrognerie soit à l'ivrognerie

habituelle, est passée de 6,69 % en 1849 à 13,41 % en 1876. Mais

d'abord, il s'en faut que tous ces cas soient imputables à l'alcoolisme

proprement dit qu'il ne faut pas confondre avec la simple ivresse ou la

fréquentation du cabaret. Ensuite, ces chiffres, quelle qu'en soit la

signification exacte, ne prouvent pas que l'abus des boissons

spiritueuses ait une bien grande part dans le taux des suicides. Enfin,

nous verrons plus loin pourquoi on ne saurait accorder une grande valeur

aux renseignements que nous fournit ainsi la statistique sur les causes

présumées des suicides.]

[54: Notamment Wagner, _Gesetzmässigkeit_, etc., p. 165 et suiv.;

Morselli, p. 158; Oettingen, _Moralstatistik_, p. 760.]

[55: _L'espèce humaine_, p. 28. Paris, Félix Alcan.]

[56: Article _Anthropologie_, dans le _Dictionnaire_ de Dechambre, t.

V.]

[57: Nous ne parlons pas des classifications proposées par Wagner et par

Oettingen; Morselli lui-même en a fait la critique d'une manière

décisive (p. 160).]

[58: Pour expliquer ces faits, Morselli suppose, sans donner de preuves

à l'appui, qu'il y a de nombreux éléments celtiques en Angleterre et,

pour les Flamands, il invoque l'influence du climat.]

[59: Morselli, _op. cit._, p. 189.]

[60: _Mémoires d'anthropologie_, t. I, p. 320.]

[61: L'existence de deux grandes masses régionales, l'une formée de 15

départements septentrionaux où prédominent les hautes tailles (39

exemptés seulement pour mille conscrits), l'autre composée de 24

départements du Centre et de l'Ouest, et où les petites tailles sont

générales (de 98 à 130 exemptions pour mille), paraît incontestable.

Cette différence est-elle un produit de la race? C'est déjà une question

beaucoup plus difficile à résoudre. Si l'on songe qu'en trente ans la

taille moyenne en France a sensiblement changé, que le nombre des

exemptés pour cette cause est passé de 92,80 en 1831 à 59,40 pour mille

en 1860, on sera en droit de se demander si un caractère aussi mobile

est un bien sûr critère pour reconnaître l'existence de ces types

relativement immuables qu'on appelle des races. Mais, en tout cas, la

manière dont les groupes intermédiaires, intercalés par Broca entre ces

deux types extrêmes, sont constitués, dénommés et rattachés soit à la

souche kymrique soit à l'autre, nous paraît laisser place à bien plus de

doute encore. Les raisons d'ordre morphologique sont ici impossibles.

L'anthropologie peut bien établir quelle est la taille moyenne dans une

région donnée, non de quels croisements cette moyenne résulte. Or les

tailles intermédiaires peuvent être aussi bien dues à ce que des Celtes

se sont croisés avec des races de plus haute stature, qu'à ce que des

Kymris se sont alliés à des hommes plus petits qu'eux. La distribution

géographique ne peut pas davantage être invoquée, car il se trouve que

ces groupes mixtes se rencontrent un peu partout, au Nord-Ouest (la

Normandie et la Basse-Loire), au Sud-Ouest (l'Aquitaine), au Sud (la

Province romaine), à l'Est (la Lorraine) etc. Restent donc les argumenta

historiques qui ne peuvent être que très conjecturaux. L'histoire sait

mal comment, quand, dans quelles conditions et proportions les

différentes invasions et infiltrations de peuples ont eu lieu. À plus

forte raison, ne peut-elle nous aider à déterminer l'influence qu'elles

ont eue sur la constitution organique des peuples.]

[62: Surtout si l'on défalque la Seine qui, à cause des conditions

exceptionnelles dans lesquelles elle se trouve, n'est pas exactement

comparable aux autres départements.]

[63: V. plus bas, liv. II, ch. IV, § I.]

[64: Broca, _op. cit._, t. I, p. 394.]

[65: V. Topinard, _Anthropologie_, p. 464.]

[66: La même remarque s'applique à l'Italie. Là aussi, les suicides sont

plus nombreux au Nord qu'au Midi et, d'un autre côté, la taille moyenne

des populations septentrionales est supérieure légèrement à celle des

régions méridionales. Mais c'est que la civilisation actuelle de

l'Italie est d'origine piémontaise et que, d'un autre côté, les

Piémontais se trouvent être un peu plus grands que les gens du Sud.

L'écart est, du reste, faible. Le _maximum_ qui s'observe en Toscane et

en Vénétie, est de 1 m. 65, le _minimum_, en Calabre, est de 1 m. 60, du

moins pour ce qui regarde le continent italien. En Sardaigne, la taille

s'abaisse à 1 m. 58.]

[67: _Sur les fonctions du cerveau_, Paris, 1825.]

[68: _2 Maladies mentales_, t. I, p. 582.]

[69: _Suicide_, p. 197.]

[70: Cité par Legoyt, p. 242.]

[71: _Suicide_, p. 17-19.]

[72: D'après Morselli, p. 410.]

[73: Brierre de Boismont, _op. cit._, p. 59; Cazauvieilh, _op. cit._, p.

19.]

[74: Ribot, _L'hérédité_, p. 145. Paris, Félix Alcan.]

[75: Lisle, _op. cit._, p. 195.]

[76: Brierre, _op. cit._, p. 57.]

[77: Luys, _op. cit._, p. 201.]

[78: _Dictionnaire encyclopédique des sciences méd._, art. _Phtisie_, t.

LXXVI p. 542.]

[79: _Op. cit._, p. 170-172.]

[80: V. Morselli, p. 329 et suiv.]

[81: V. Legoyt, p. 158 et suiv. Paris, Félix Alcan.]

[82: Les éléments de ce tableau sont empruntés à Morselli.]

[83: Pour les hommes, nous n'en connaissons qu'un cas, c'est celui de

l'Italie où il se produit un stationnement entre 30 et 40 ans. Pour les

femmes, il y a au même âge un mouvement d'arrêt qui est général et qui,

par conséquent, doit être réel. Il marque une étape dans la vie

féminine. Comme il est spécial aux célibataires, il correspond sans

doute à cette période intermédiaire où les déceptions et les

froissements causés par le célibat commencent à être moins sensibles, et

où l'isolement moral qui se produit à un âge plus avancé, quand la

vieille fille reste seule, ne produit pas encore tous ses effets.]

[84: _Bibliographie_.--Lombroso, _Pensiero e Meteore_; Ferri,

_Variations thermométriques et criminalité_. In _Archives d'Anth.

criminelle_, 1887; Corre, _Le délit et le suicide à Brest_. In _Arch.

d'Anth. crim._, 1890, p. 109 et suiv., 259 et suiv.; Du même, _Crime et

suicide_, p. 605-639; Morselli, p. 103-157.]

[85: V. plus bas, liv. II, ch. IV, § I.]

[86: _De l'hypochondrie_, etc., p. 28.]

[87: On ne peut juger de la manière dont les cas de folie se

répartissent entre les saisons que par le nombre des entrées dans les

asiles. Or, un tel critère est très insuffisant; car les familles ne

font pas interner les malades au moment précis où la maladie éclate,

mais plus tard. De plus, en prenant ces renseignements tels que nous les

avons, ils sont loin de montrer une concordance parfaite entre les

variations saisonnières de la folie et celles du suicide. D'après une

statistique de Cazauvieilh, sur 1.000 entrées annuelles à Charenton, la

part de chaque saison serait la suivante: hiver, 222; printemps, 283;

été, 261; automne 231. Le même calcul fait pour l'ensemble des aliénés

admis dans les asiles de la Seine donne des résultats analogues: hiver,

234; printemps, 266; été, 249; automne, 248. On voit: 1° que le maximum

tombe au printemps et non en été; encore faut-il tenir compte de ce fait

que, pour les raisons indiquées, le maximum réel doit être antérieur; 2°

que les écarts entre les différentes saisons sont très faibles. Ils sont

autrement marqués pour ce qui concerne les suicides.]

[88: Nous rapportons ces faits d'après Brierre de Boismont, _op. cit._,

p. 60-62.]

[89: Tous les mois dans ce tableau, ont été ramenés à 30 jours.--Les

chiffres relatifs aux températures sont empruntés pour la France à

l'_Annuaire du bureau des longitudes_, et, pour l'Italie, aux _Annali

dell'Ufficio centrale de Meteorologia._]

[90: On ne saurait trop remarquer cette constance des chiffres

proportionnels sur la signification de laquelle nous reviendrons (liv.

III, ch. I).]

[91: Il est, vrai que, suivant ces auteurs, le suicide ne serait qu'une

variété de l'homicide. L'absence de suicides dans les pays méridionaux

ne serait donc qu'apparente, car elle serait compensée par un excédent

d'homicides. Nous verrons plus loin ce qu'il faut penser de cette

identification. Mais, dès maintenant, comment ne pas voir que cet

argument se retourne contre ses auteurs? Si l'excès d'homicides qu'on

observe dans les pays chauds compense le manque de suicides, comment

cette même compensation ne s'établirait-elle pas aussi pendant la saison

chaude? D'où vient que cette dernière est à la fois fertile en homicides

de soi-même et en homicides d'autrui?]

[92: _Op. cit._, p. 148.]

[93: Nous laissons de côté les chiffres qui concernent la Suisse. Ils ne

sont calculés que sur une seule année (1876) et, par conséquent, on n'en

peut rien conclure. D'ailleurs la hausse d'octobre à novembre est bien

faible. Les suicides passent de 83 pour mille à 90.]

[94: La longueur indiquée est celle du dernier jour du mois.]

[95: Cette uniformité nous dispense de compliquer le tableau XIII. Il

n'est pas nécessaire de comparer les variations mensuelles de la journée

et celles du suicide dans d'autres pays que la France, puisque les unes

et les autres sont sensiblement les mêmes partout, pourvu qu'on ne

compare pas des pays de latitudes trop différentes.]

[96: Ce terme désigne la partie du jour qui suit immédiatement le lever

du soleil.]

[97: On a une autre preuve du rythme de repos et d'activité par lequel

passe la vie sociale aux différents moments de la journée dans la

manière dont les accidents varient selon les heures. Voici comment,

d'après le bureau de statistique prussienne, ils se répartiraient:

/*

+-------------------------+------------------------------------------+

| De 6 heures à midi | 1.011 accidents en moyenne par heure. |

+-------------------------+------------------------------------------+

| De midi à 2 heures | 686 --- --- --- |

+-------------------------+------------------------------------------+

| De 2 heures à 6 h. | 1.191 --- --- --- |

+-------------------------+------------------------------------------+

| De 6 heures à 7 h. | 979 --- --- --- |

+-------------------------+------------------------------------------+

*/

]

[98: Il est remarquable que ce contraste entre la première et la seconde

moitié de la semaine se retrouve dans le mois. Voici, en effet, d'après

Brierre de Boismont, _op. cit._, p. 424, comment 4.595 suicidée

parisiens se répartiraient:

/*

+-------------------------------------------------------+------------+

|Pendant les dix premiers jours du mois | 1.727 |

+-------------------------------------------------------+------------+

|Pendant les dix suivants | 1.488 |

+-------------------------------------------------------+------------+

|Pendant les dix derniers | 1.380 |

+-------------------------------------------------------+------------+

*/

L'infériorité numérique de la dernière décade est encore plus grande

qu'il ne ressort de ces chiffres; car à cause du 31e jour, elle renferme

souvent 11 jours au lieu de 10. On dirait que le rythme de la vie

sociale reproduit les divisions du calendrier; qu'il y a comme un

renouveau d'activité toutes les fois qu'on entre dans une période

nouvelle et une sorte d'alanguissement à mesure qu'elle tend vers sa

fin.]

[99: D'après le _Bulletin du ministère des travaux publics_.]

[100: _Ibid._ À tous ces faits qui tendent à démontrer l'accroissement

de l'activité sociale pendant l'été on peut ajouter le suivant: c'est

que les accidents sont plus nombreux pendant la belle saison que pendant

les autres. Voici comme ils se répartissent en Italie:

/*

+--------------------------------------+---------+---------+---------+

| | 1886. | 1887. | 1888. |

+--------------------------------------+---------+---------+---------+

|Printemps | 1.370 | 2.582 | 2.457 |

+--------------------------------------+---------+---------+---------+

|Été | 1.823 | 3.290 | 3.085 |

+--------------------------------------+---------+---------+---------+

|Automne | 1.474 | 2.560 | 2.780 |

+--------------------------------------+---------+---------+---------+

|Hiver | 1.190 | 2.748 | 3.032 |

+--------------------------------------+---------+---------+---------+

*/

Si, à ce point de vue, l'hiver vient quelquefois après l'été, c'est

uniquement parce que les chutes y sont plus nombreuses à cause de la

glace et que le froid, par lui-même, produit des accidents spéciaux. Si

l'on fait abstraction de ceux qui ont cette origine, les saisons se

rangent dans le même ordre que pour le suicide.]

[101: On remarquera de plus que les chiffres proportionnels des

différentes saisons sont sensiblement les mêmes dans les grandes villes

comparées, tout en différant de ceux qui se rapportent aux pays auxquels

ces villes appartiennent. Ainsi nous retrouvons partout cette constance

du taux des suicides dans les milieux sociaux identiques. Le courant

suicidogène varie de la même manière aux différents moments de l'année à

Berlin, à Vienne, à Genève, à Paris, etc. On pressent dès lors tout ce

qu'il a de réalité.]

[102: _Bibliographie_.--Lucas, _De l'imitation contagieuse_, Paris,

1833.--Despine, _De la contagion morale_, 1870. _De l'imitation_,

1871.--Moreau de Tours (Paul), _De la contagion du suicide_, Paris,

1875.--Aubry, _Contagion du meurtre_, Paris, 1888.--Tarde, _Les lois de

l'imitation_ (_passim_). _Philosophie pénale_, p. 319 et suiv. Paris, F.

Alcan.--Corre, _Crime et suicide_, p. 207 et suiv.]

[103: Bordier, _Vie des sociétés_, Paris, 1887, p. 77.--Tarde,

_Philosophie pénale_, p. 321.]

[104: Tarde, _ibid._, p. 319-320.]

[105: En attribuant ces images à un _processus_ d'imitation, voudrait-on

dire qu'elles sont de simples copies des états qu'elles expriment? Mais

d'abord, ce serait une métaphore singulièrement grossière, empruntée à

la vieille et inadmissible théorie des espèces sensibles. De plus, si

l'on prend le mot d'imitation dans ce sens, il faut l'étendre à toutes

nos sensations et à toutes nos idées indistinctement; car il n'en est

pas dont on ne puisse dire, en vertu de la même métaphore, qu'elles

reproduisent l'objet auquel elles se rapportent. Dès lors, toute la vie

intellectuelle devient un produit de l'imitation.]

[106: Il peut se faire, sans doute, dans des cas particuliers, qu'une

mode ou une tradition soit reproduite par pure singerie; mais alors elle

n'est pas reproduite en tant que mode ou que tradition.]

[107: Il est vrai qu'on a parfois appelé imitation tout ce qui n'est pas

invention originale. À ce compte, il est clair que presque tous les

actes humains sont des faits d'imitation; car les inventions proprement

dites sont bien rares. Mais, précisément parce que, alors, le mot

d'imitation désigne à peu près tout, il ne désigne plus rien de

déterminé. Une pareille terminologie ne peut être qu'une source de

confusions.]

[108: Il est vrai qu'on a parlé d'une imitation logique (V. Tarde, _Lois

de l'imitation_, 1re éd., p. 158); c'est celle qui consiste à reproduire

un acte parce qu'il sert à une fin déterminée. Mais une telle imitation

n'a manifestement rien de commun avec le penchant imitatif; les faits

qui dérivent de l'une doivent donc être soigneusement distingués de ceux

qui sont dus à l'autre. Ils ne s'expliquent pas du tout de la même

manière. D'un autre côté, comme nous venons de le faire voir,

l'imitation-mode, l'imitation-coutume sont aussi logiques que les

autres, quoiqu'elles aient à certains égards leur logique spéciale.]

[109: Les faits imités à cause du prestige moral ou intellectuel du

sujet, individuel ou collectif, qui sert de modèle, rentrent plutôt dans

la seconde catégorie. Car cette imitation n'a rien d'automatique. Elle

implique un raisonnement: on agit comme la personne à laquelle on a

donné sa confiance, parce que la supériorité qu'on lui reconnaît

garantit la convenance de ses actes. On a pour la suivre les raisons

qu'on a pour la respecter. Aussi n'a-t-on rien fait pour expliquer de

tels actes quand on a simplement dit qu'ils étaient imités. Ce qui

importe, c'est de savoir les causes de la confiance ou du respect qui

ont déterminé cette soumission.]

[110: Et encore, comme nous le verrons plus bas, l'imitation, à elle

seule, n'est-elle une explication suffisante que bien rarement.]

[111: Car il faut bien se dire que nous ne savons que vaguement en quoi

il consiste. Comment, au juste, se produisent les combinaisons d'où

résulte l'état collectif, quels sont les éléments qui y entrent, comment

se dégage l'état dominant, toutes ces questions sont beaucoup trop

complexes pour pouvoir être résolues par la seule introspection. Toute

sorte d'expériences et d'observations seraient nécessaires qui ne sont

pas faites. Nous savons encore bien mal comment et d'après quelles lois

même les états mentaux de l'individu isolé se combinent entre eux; à

plus forte raison, sommes-nous loin de connaître le mécanisme des

combinaisons beaucoup plus compliquées qui résultent de la vie en

groupe. Nos explications ne sont trop souvent que des métaphores. Nous

ne songeons donc pas à considérer ce que nous en avons dit plus haut

comme une expression exacte du phénomène; nous nous sommes seulement

proposé de faire voir qu'il y avait là tout autre chose que de

l'imitation.]

[112: V. le détail des faits dans Legoyt, _op. cit._, p. 227 et suiv.]

[113: V. des faits semblables dans Ebrard, _op. cit._, p. 376.]

[114: III, 26.]

[115: _Essais_, II, 3.]

[116: On verra plus loin que, dans toute société, il y a de tout temps

et normalement une disposition collective qui se traduit sous forme de

suicides. Cette disposition diffère de ce que nous proposons d'appeler

épidémie, en ce qu'elle est chronique, qu'elle constitue un élément

normal du tempérament moral de la société. L'épidémie est, elle aussi,

une disposition collective, mais qui éclate exceptionnellement, qui

résulte de causes anormales et, le plus souvent, passagères.]

[117: V. planche II, ci-dessous.]

[118: _Op. cit._, p. 213.--D'après le même auteur, même les départements

complets de Marne et de Seine-et-Marne auraient, en 1865-66, dépassé la

Seine. La Marne aurait alors compté 1 suicide sur 2.791 habitants; la

Seine-et-Marne, 1 sur 2.768; la Seine, 1 sur 2.822.]

[119: Bien entendu, il ne saurait être question d'une influence

contagieuse. Ce sont trois chefs-lieux d'arrondissement, d'importance à

peu près égale, et séparés par une multitude de communes dont les taux

sont très différents. Tout ce que prouve, au contraire, ce

rapprochement, c'est que les groupes sociaux de même dimension et placés

dans des conditions d'existence suffisamment analogues, ont un même taux

de suicides, sans qu'il soit pour cela nécessaire qu'ils agissent les

uns sur les autres.]

[120: _Op. cit._, p. 193-194. La très petite commune qui tient la tête

(Lesche) compte 1 suicide sur 630 habitants, soit 1.587 suicides pour un

million, de quatre à cinq fois plus que Paris. Et ce ne sont pas là des

cas particuliers à la Seine-et-Marne. Nous devons à l'obligeance du Dr

Legoupils, de Trouville, des renseignements sur trois communes

minuscules de l'arrondissement de Pont-l'Évêque, Villerville (978 h.),

Cricquebœuf (150 h.) et Pennedepie (333 h.). Le taux des suicides

calculé pour des périodes qui varient entre 14 et 25 ans, y est

respectivement de 429, de 800 et de 1081 pour 1 million d'habitants.

Sans doute, il reste vrai, en général, que les grandes villes comptent

plus de suicides que les petites ou que les campagnes. Mais la

proposition n'est vraie qu'en gros et comporte bien des exceptions. Il y

a, d'ailleurs, une manière de la concilier avec les faits qui précèdent

et qui paraissent la contredire. Il suffit d'admettre que les grandes

villes se forment et se développent sous l'influence des mêmes causes

qui déterminent le développement du suicide, plus qu'elles ne

contribuent à le déterminer elles-mêmes. Dans ces conditions, il est

naturel qu'elles soient nombreuses dans les régions fécondes en

suicides, mais sans qu'elles aient le monopole des morts volontaires;

rares, au contraire, là où l'on se tue peu, sans que le petit nombre des

suicides soit dû à leur absence. Ainsi leur taux moyen serait en général

supérieur à celui des campagnes tout en pouvant lui être inférieur dans

certains cas.]

[121: Voir planche III, ci-dessous.]

[122: Voir même planche et, pour le détail des chiffres par canton, liv.

II, ch. V, tableau XXVI.]

[123: _Traité des maladies mentales_, p. 243.]

[124: _De la contagion du suicide_, p. 42.]

[125: V. notamment Aubry, _Contagion du meurtre_, 1re édit., p. 87.]

[126: Nous entendons par là l'individu, abstraction faite de tout ce que

la confiance ou l'admiration collective peuvent lui ajouter de pouvoir.

Il est clair, en effet, qu'un fonctionnaire ou un homme populaire, outre

les forces individuelles qu'ils tiennent de la naissance, incarnent des

forces sociales qu'ils doivent aux sentiments collectifs dont ils sont

l'objet et qui leur permettent d'avoir une action sur la marche de la

société. Mais ils n'ont cette influence qu'autant qu'ils sont autre

chose que des individus.]

[127: V. Delage, _La structure du protoplasme et les théories de

l'hérédité_, Paris, 1895, p. 813 et suiv.]

[128: 1 D'après Legoyt, p. 342.]

[129: D'après Oettingen, _Moralstatistik_, tables annexes, p. 110.]

[130: _Op. cit._, p. 358.]

[131: La population au-dessous de 15 ans a été défalquée.]

[132: Nous n'avons pas de renseignements sur l'influence des cultes en

France. Voici pourtant ce que dit Leroy dans son étude sur la

Seine-et-Marne: dans les communes de Quincy, Nanteuil-les-Meaux,

Mareuil, les protestants donnent un suicide sur 310 habitants, les

catholiques 1 sur 678 (_op. cit._, p. 203).]

[133: _Handwoerterbuch der Staatswissenschaften_, Supplément, t. I, p.

702.]

[134: Reste le cas de l'Angleterre, pays non catholique où l'on ne se

tue pas beaucoup. Il sera expliqué plus bas.]

[135: La Bavière est encore la seule exception: les juifs s'y tuent deux

fois plus que les catholiques. La situation du judaïsme dans ce pays

a-t-elle quelque chose d'exceptionnel? Nous ne saurions le dire.]

[136: Legoyt, _op. cit._, p. 205; Oettingen, _Moralstatistik_, p. 654.]

[137: Il est vrai que la statistique des suicides anglais n'est pas

d'une grande exactitude. À cause des pénalités attachées au suicide,

beaucoup de cas sont portés comme morts accidentelles. Cependant, ces

inexactitudes ne suffisent pas à expliquer l'écart si considérable entre

ce pays et l'Allemagne.]

[138: Oettingen, _Moralstatistik_, p. 626.]

[139: Oettingen, _Moralstatistik_, p. 586.]

[140: Dans une de ces périodes (1877-78) la Bavière dépasse légèrement

la Prusse; mais le fait ne se produit que cette seule fois.]

[141: Oettingen, _ibid._, p. 582.]

[142: Morselli, _op. cit._, p. 223.]

[143: D'ailleurs, on verra plus loin, que renseignement secondaire et

supérieur sont également plus développés chez les protestants que chez

les catholiques.]

[144: Les chiffres relatifs aux époux lettrés sont empruntés à

Oettingen, _Moralstatistik_, annexes, tableau 85; ils se rapportent aux

années 1872-78, les suicides à la période 1864-76.]

[145: V. _Annuaire statistique de la France_, 1892-94, p. 50 et 51.]

[146: Oettingen, _Moralstatistik_, p. 586.]

[147: Compte général de la justice criminelle de 1882, p. CXV.]

[148: V. Prinzing, _op. cit._, p. 28-31.--Il est curieux qu'en Prusse la

presse et les arts donnent un chiffre assez ordinaire (279 suicides).]

[149: Oettingen, _Moralstatistik_, annexes, tableau 83.]

[150: Morselli, p. 223.]

[151: Oettingen, _ibid._, p. 577.]

[152: À l'exception de l'Espagne. Mais, outre que l'exactitude de la

statistique espagnole nous laisse sceptique, l'Espagne n'est pas

comparable aux grandes nations de l'Europe centrale et septentrionale.]

[153: Baly et Boudin. Nous citons d'après Morselli, p. 225.]

[154: D'après Alwin Petersilie, _Zur Statistik der höheren Lehranstalten

in Preussen._ In Zeitschr. d. preus. stät. Bureau, 1877, p. 109 et

suiv.]

[155: _Zeitschr. d. pr. stat. Bureau_, 1889, p. XX.]

[156: Voici, en effet, de quelle manière très inégale les protestants

fréquentent les établissements d'enseignement secondaire dans les

différentes provinces de Prusse:

/*

+----------+--------------------------------+-----------+------------+

| | RAPPORT DE LA POPULATION | RAPPORT | DIFFÉRENCE |

| | protestante | moyen des | entre le |

| | à la population totale | élèves | deuxième |

| | |protestants| rapport et |

| | | au total | le premier |

| | |des élèves | |

+----------+--------------------------------+-----------+------------+

|1er groupe| De 98,7 à 87,2 %--Moyenne 94,6 | 90,8 | - 3,8 |

+----------+--------------------------------+-----------+------------+

|2e ---- | De 80 à 50 % -- --- 70,3. | 75,3 | + 5 |

+----------+--------------------------------+-----------+------------+

|3e ---- | De 50 à 40 % -- --- 46,4. | 56,0 | + 10,4 |

+----------+--------------------------------+-----------+------------+

|4e ---- | Au-dessous. -- --- 29,2. | 61,0 | + 31,8 |

+----------+--------------------------------+-----------+------------+

*/

Ainsi, là où le protestantisme est en grande majorité, sa population

scolaire n'est pas en rapport avec sa population générale. Dès que la

minorité catholique s'accroît, la différence entre les deux populations,

de négative, devient positive et cette différence positive devient plus

grande à mesure que les protestants deviennent moins nombreux. Le culte

catholique, lui aussi, montre plus de curiosité intellectuelle là où il

est en minorité (V. Oettingen, _Moralstatistik_, p. 650).]

[157: La seule prescription pénale que nous connaissions est celle dont

nous parle Flavius Josèphe, dans son _Histoire de la guerre des Juifs

contre les Romains_ (III, 25), et il y est simplement dit que «les corps

de ceux qui se donnent volontairement la mort demeurent sans sépulture

jusqu'après le coucher du soleil, quoiqu'il soit permis d'enterrer

auparavant ceux qui ont été tués à la guerre». On peut même se demander

si c'est là une mesure pénale.]

[158: V. Wagner, _Die Gesetzmässigkeit_, etc., p. 177.]

[159: V. article _Mariage_, in _Dictionnaire encyclopédique des sciences

médicales_, 2e série. V. p. 50 et suiv.--Cf., sur cette question, J.

Bertillon fils, _Les célibataires, les veufs et les divorcés au point de

vue du mariage_, in _Revue scientifique_, février 1879.--Du même, un

article dans le _Bulletin de la société d'anthropologie_, 1880, p. 280

et suiv.--Durkheim, _Suicide et natalité_, in _Revue philosophique_,

novembre 1888.]

[160: Nous supposons que l'âge moyen des groupes est le même qu'en

France. L'erreur qui peut résulter de cette supposition est très

légère.]

[161: À condition de considérer les deux sexes réunis. On verra plus

tard l'importance de cette remarque (livre II, ch. V, § 3).]

[162: V. Bertillon, art., _Mariage_, in _Dict. Encycl._, 2e série. V. p.

52.--Morselli, p. 348.--_Corre, Crime et suicide_, p. 472.]

[163: Et pourtant le travail à faire pour réunir ces informations,

considérable quand il est entrepris par un particulier, pourrait être

effectué sans grande peine par les bureaux officiels de statistique. On

nous donne toute sorte de renseignements sans intérêt et on nous tait le

seul qui nous permettrait d'apprécier, comme on le verra plus loin,

l'état où se trouve la famille dans les différentes sociétés d'Europe.]

[164: Il y a bien aussi une statistique suédoise, reproduite dans le

_Bulletin de démographie internationale_, année 1878, p. 195, qui donne

les mêmes renseignements. Mais elle est inutilisable. D'abord, les veufs

y sont confondus avec les célibataires, ce qui rend la comparaison peu

significative, car des conditions aussi différentes demandent à être

distinguées. Mais de plus, nous la croyons erronée. Voici en effet quels

chiffres on y trouve:

/*

+--------------------------------------------------------------------+

| _Suicides pour 100.000 habitants de chaque sexe, |

| du même état civil et du même âge._ |

+-------------+------+------+------+------+------+------+------------+

| |16 à |26 à |36 à |46 à |56 à |66 à | AU delà |

| |25 ans|35 ans|45 ans|55 ans|65 ans|75 ans| |

+-------------+------+------+------+------+------+------+------------+

| | HOMMES |

+-------------+------+------+------+------+------+------+------------+

|Mariés |10,51 |10,58 |18,77 |24,08 | 26,29| 20,76| 9,48 |

+-------------+------+------+------+------+------+------+------------+

|Non-mariés | 5,69 |25,73 |66,95 |90,72 |150,08|229,27| 333,35 |

|(veufs et | | | | | | | |

|célibataires)| | | | | | | |

+-------------+------+------+------+------+------+------+------------+

| | FEMMES |

+-------------+------+------+------+------+------+------+------------+

|Mariées | 2,63 | 2,76 | 4,15 | 5,55 | 7,09| 4,67| 7,64 |

+-------------+------+------+------+------+------+------+------------+

|Non-mariées | 2,99 | 6,14 |13,23 |17,05 | 25,98| 51,93| 34,69 |

+-------------+------+------+------+------+------+------+------------+

| _Combien les non-mariés se tuent-ils de fois plus que les mariés |

| du même sexe et du même âge?_ |

+-------------+------+------+------+------+------+------+------------+

|Hommes | 0,5 | 2,4 | 3,5 | 3,7 | 5,7 | 11 | 37 |

+-------------+------+------+------+------+------+------+------------+

|Femmes | 1,13 | 2,22 | 3,18 | 3,04 | 3,66| 11,12| 4,5 |

+-------------+------+------+------+------+------+------+------------+

*/

Ces résultats nous ont, dès le premier abord, paru suspects en ce qui

concerne l'énorme degré de préservation dont jouiraient les mariés des

âges avancés, tant ils s'écartent de tous les faits que nous

connaissons. Pour procéder à une vérification que nous jugions

indispensable, nous avons recherché les nombres absolus de suicides

commis par chaque groupe d'âge dans le même pays et pendant la même

période. Ce sont les suivants pour le sexe masculin:

/*

+---------------------+-----+-----+-----+-----+-----+-----+----------+

| |16-25|26-35|36-45|46-55|56-65|66-75|AU-DESSUS.|

| |ans. |ans. |ans. |ans. |ans. |ans. | |

+---------------------+-----+-----+-----+-----+-----+-----+----------+

|Mariés. | 16 | 220 | 567 | 640 | 383 | 140 | 15 |

+---------------------+-----+-----+-----+-----+-----+-----+----------+

|Non-mariés. | 283 | 519 | 410 | 269 | 217 | 156 | 56 |

+---------------------+-----+-----+-----+-----+-----+-----+----------+

*/

En rapprochant ces chiffres des nombres proportionnels donnés ci-dessus

on peut se convaincre qu'une erreur a été commise. En effet, de 66 à 75

ans, les mariés et les non-mariés donnent presque le même nombre absolu

de suicides, alors que, par 100.000 habitants, les premiers se tueraient

11 fois moins que les seconds. Pour cela, il faudrait qu'à cet âge il y

eût environ 10 fois (exactement 9,2 fois) plus d'époux que de

non-mariés, c'est-à-dire que de veufs et célibataires réunis. Pour la

même raison, au-dessus de 75 ans, la population mariée devrait être

exactement 10 fois plus considérable que l'autre. Or cela est

impossible. À ces âges avancés, les veufs sont très nombreux et, joints

aux célibataires, ils sont ou égaux ou même supérieurs en nombre aux

époux. On pressent par là quelle erreur a probablement été commise. On a

dû additionner ensemble les suicides des célibataires et des veufs et ne

diviser le total ainsi obtenu que par le chiffre représentant la

population célibataire seule, tandis que les suicides des époux ont été

divisés par un chiffre représentant la population veuve et la population

mariée réunies. Ce qui tend à faire croire qu'on a dû procéder ainsi,

c'est que le degré de préservation dont jouiraient les époux n'est

extraordinaire que vers les âges avancés, c'est-à-dire quand le nombre

des veufs devient assez important pour fausser gravement les résultats

du calcul. Et l'invraisemblance est à son maximum après 75 ans,

c'est-à-dire quand les veufs sont très nombreux.]

[165: Les chiffres se rapportent donc, non à l'année moyenne, mais au

total des suicides commis pendant ces quinze années.]

[166: V. plus haut liv. II, ch. III, p. I.--On pourrait croire, il est

vrai, que cette situation défavorable des époux de 15 à 20 ans vient de

ce que leur âge moyen est supérieur à celui des célibataires de la même

période. Mais ce qui prouve qu'il y a réelle aggravation, c'est que le

taux des époux de l'âge suivant (20 à 25 ans) est cinq fois moindre.]

[167: V. Bertillon, art. _Mariage_, p. 43 et suiv.]

[168: Il n'y a qu'une exception; ce sont les femmes de 70 à 80 ans dont

le coefficient descend légèrement au-dessous de l'unité. Ce qui

détermine ce fléchissement, c'est l'action du département de la Seine.

Dans les autres départements (V. Tableau XXII, ci-dessous) le

coefficient des femmes de cet âge est supérieur à l'unité; cependant, il

est à remarquer que, même en province, il est inférieur à celui des

autres âges.]

[169: Paris, 1888, p. 436.]

[170: J. Bertillon fils, article cité de la _Revue scientifique_.]

[171: Pour rejeter l'hypothèse d'après laquelle la situation privilégiée

des mariés serait due à la sélection matrimoniale, on a quelquefois

allégué la prétendue aggravation qui résulterait du veuvage. Mais nous

venons de voir que cette aggravation n'existe pas par rapport aux

célibataires. Les veufs se tuent plutôt moins que les individus non

mariés. L'argument ne porte donc pas.]

[172: Ces chiffres se rapportent à la France et au dénombrement de

1891.]

[173: Nous faisons cette réserve parce que ce coefficient de 2,39 se

rapporte à la période de 15 à 20 ans et que, comme les suicides

d'épouses sont très rares à cet âge, le petit nombre de cas qui a servi

de base au calcul en rend l'exactitude un peu douteuse.]

[174: Le plus souvent, quand on compare ainsi la situation respective

des sexes dans deux conditions d'état civil différentes, on ne prend pas

soin d'éliminer l'influence de l'âge; mais on obtient alors des

résultats inexacts. Ainsi, d'après la méthode ordinaire, on trouverait

qu'en 1887-91 il y a eu 21 suicides de femmes mariées pour 79 d'époux et

19 suicides de filles sur 100 suicides de célibataires de tout âge. Ces

chiffres donneraient une idée fausse de la situation. Le tableau

ci-dessus montre que la différence entre la part de l'épouse et celle de

la fille est, à tout âge, beaucoup plus grande. La raison en est que

l'écart entre les sexes varie avec l'âge dans les deux conditions. Entre

70 et 80 ans il est environ le double de ce qu'il était à 20 ans. Or, la

population célibataire est presque tout entière composée de sujets

au-dessous de 30 ans. Si donc on ne tient pas compte de l'âge, l'écart

que l'on obtient est, en réalité, celui qui sépare garçons et filles

vers la trentaine. Mais alors, en le comparant à celui qui sépare les

époux sans distinction d'âge, comme ces derniers sont en moyenne âgés de

50 ans, c'est par rapport aux époux de cet âge que se fait la

comparaison. Celle-ci se trouve ainsi faussée, et l'erreur est encore

aggravée par ce fait que la distance entre les sexes ne varie pas de la

même manière dans les deux groupes sous l'action de l'âge. Elle croît

plus chez les célibataires que chez les gens mariés.]

[175: De même, on peut voir au tableau précédent que la part

proportionnelle des épouses aux suicides des gens mariés dépasse de plus

en plus la part des filles aux suicides des célibataires, à mesure qu'on

avance en âge.]

[176: Legoyt (_op. cit._, p. 175) et Corre (_Crime et suicide_, p. 475)

ont, cependant, cru pouvoir établir un rapport entre le mouvement des

suicides et celui de la nuptialité. Mais leur erreur vient d'abord de ce

qu'ils n'ont considéré qu'une trop courte période, puis de ce qu'ils ont

comparé les années les plus récentes à une année anormale, 1872, où la

nuptialité française a atteint un chiffre exceptionnel, inconnu depuis

1813, parce qu'il était nécessaire de combler les vides causés par la

guerre de 1870 dans les cadres de la population mariée; ce n'est pas par

rapport à un pareil point de repère qu'on peut mesurer les mouvements de

la nuptialité. La même observation s'applique à l'Allemagne et même à,

presque tous les pays d'Europe. Il semble qu'à cette époque la

nuptialité ait subi comme un coup de fouet. Nous notons une hausse

importante et brusque, qui se continue parfois jusqu'en 1873, en Italie,

en Suisse, en Belgique, en Angleterre, en Hollande. On dirait que toute

l'Europe a été mise à contribution pour réparer les pertes des deux pays

éprouvés par la guerre. Il en est résulté naturellement au bout d'un

temps une baisse énorme qui n'a pas la signification qu'on lui donne (V.

Oettingen, _Moralstatistik_, annexes, tableaux 1, 2 et 3).]

[177: D'après Levasseur, _Population française_, t. II, p. 208.]

[178: D'après le recensement de 1886, p. 123 du _Dénombrement_.]

[179: V. _Annuaire statistique de la France_, 15e vol., p. 43.]

[180: Pour la même raison, l'âge des époux avec enfants est supérieur à

celui des époux en général et, par conséquent, le coefficient de

préservation 2,9 doit être plutôt regardé comme au-dessous de la

réalité.]

[181: Un écart analogue se retrouve entre le coefficient des époux sans

enfants et celui des épouses sans enfants; il est toutefois beaucoup

plus considérable. Le second (0,67) est inférieur au premier (1,5) de 66

%. La présence des enfants fait donc regagner à la femme la moitié du

terrain qu'elle perd en se mariant. C'est dire que, si elle bénéficie

moins que l'homme du mariage, elle profite, au contraire, plus que lui

de la famille, c'est-à-dire des enfants. Elle est plus sensible que lui

à leur heureuse influence.]

[182: Article _Mariage_, _Dict. Encycl._, 2e série, t. V, p. 36.]

[183: _Op. cit._, p. 342.]

[184: V. Bertillon, _Les célibataires, les veufs, etc._, _Rev. scient._,

1879.]

[185: Morselli invoque également à l'appui de sa thèse qu'au lendemain

des guerres les suicides de veuves subissent une hausse beaucoup plus

considérable que ceux de filles ou d'épouses. Mais c'est tout simplement

qu'à ce moment la population des veuves s'accroît dans des proportions

exceptionnelles; il est donc naturel qu'elle produise plus de suicides

et que cette élévation persiste jusqu'à ce que l'équilibre se soit

rétabli et que les différentes catégories d'état civil soient revenues à

leur niveau normal.]

[186: Quand il y a des enfants, la baisse que subissent les deux sexes

par le fait du veuvage est presque la même. Le coefficient des maris

avec enfants est de 2,9; il devient de 1,6. Celui des femmes, dans les

mêmes conditions, passe de 1,89 à 1,06. La diminution est de 45 % pour

les premiers, de 44 % pour les secondes. C'est que, comme nous l'avons

déjà dit, le veuvage produit deux sortes d'effets; il trouble: 1° la

société conjugale, 2° la société familiale. Le premier trouble est

beaucoup moins senti par la femme que par l'homme, précisément parce

qu'elle profite moins du mariage. Mais, en revanche, le second l'est

davantage; car il lui est souvent plus difficile de se substituer à

l'époux dans la direction de la famille qu'à lui de la remplacer dans

ses fonctions domestiques. Quand donc il y a des enfants, il se produit

une sorte de compensation qui fait que la tendance au suicide des deux

sexes varie, par l'effet du veuvage, dans les mêmes proportions. Ainsi

c'est surtout quand il n'y a pas d'enfants, que la femme veuve regagne

une part du terrain qu'elle avait perdu à l'état de mariage.]

[187: On peut voir sur le tableau XXII qu'à Paris, comme en province, le

coefficient des époux au-dessous de 20 ans est au-dessous de l'unité;

c'est-à-dire qu'il y a pour eux aggravation. C'est une confirmation de

la loi précédemment énoncée.]

[188: On voit que, quand le sexe féminin est le plus favorisé par le

mariage, la disproportion entre les sexes est bien moindre que quand

c'est l'époux qui a l'avantage; nouvelle confirmation d'une remarque

faite plus haut.]

[189: M. Bertillon (article cité de la _Revue scientifique_), avait déjà

donné le taux des suicides pour les différentes catégories d'état civil,

suivant qu'il y avait des enfants ou non. Voici les résultats qu'il a

trouvés:

/*

+--------------------------------------------------------------------+

|Époux avec enf.| 205 suicides par million| Veufs avec enf.| 526|

| --- sans enf.| 478 --- --- | -- sans enf.| 1.004|

|Épouses avec enf.| 45 --- --- | Veuves avec enf.| 104|

| --- sans enf.| 158 --- --- | -- sans enf.| 238|

+--------------------------------------------------------------------+

*/

Ces chiffres se rapportent aux années 1861-68. Étant donné

l'accroissement général des suicides, ils confirment ceux que nous avons

trouvés. Mais comme l'absence d'un tableau analogue à notre tableau XXI

ne permettait pas de comparer époux et veufs aux célibataires du même

âge, on n'en pouvait tirer aucune conclusion précise relativement aux

coefficients de préservation. Nous nous demandons d'autre part s'ils se

réfèrent au pays tout entier. On nous assure, en effet, au bureau de la

statistique de France, que la distinction entre époux sans enfants et

époux avec enfants n'a jamais été faite avant 1886 dans les

dénombrements, sauf en 1855 pour les départements, moins la Seine.]

[190: V. livre II, chap. V, § 3.]

[191: V. _Dénombrement de 1886_, p. 106.]

[192: Nous venons d'employer le mot de densité dans un sens un peu

différent de celui que nous lui donnons d'ordinaire en sociologie.

Généralement, nous définissons la densité d'un groupe en fonction, non

du nombre absolu des individus associés (c'est plutôt ce que nous

appelons le volume), mais du nombre des individus qui, à volume égal,

sont effectivement en relations (V. _Règles de la Méth. sociol._, p,

139). Mais dans le cas de la famille, la distinction entre le volume et

la densité est sans intérêt, parce que, à cause des petites dimensions

du groupe, tous les individus associés sont en relations effectives.]

[193: Ne pas confondre les sociétés jeunes, appelées à un développement,

avec les sociétés inférieures; dans ces dernières, au contraire, les

suicides sont très fréquents, comme on le verra au chapitre suivant.]

[194: Voici ce qu'écrivait Helvétius en 1781: «Le désordre des finances

et le changement de la constitution de l'État répandirent une

consternation générale. De nombreux suicides dans la capitale en sont la

triste preuve». Nous citons d'après Legoyt, p. 30. Mercier, dans son

_Tableau de Paris_ (1782), dit qu'en 25 ans le nombre des suicides a

triplé à Paris.]

[195: D'après Legoyt, p. 252.]

[196: D'après Masaryck, _Der Selbstmord_, p. 137.]

[197: En effet, en 1889-91, le taux annuel, à cet âge, était seulement

de 396; le taux semestriel de 200 environ. Or, de 1870 à 1890, le nombre

des suicides à chaque âge a doublé.]

[198: Et encore n'est-il pas bien sûr que cette diminution de 1872 ait

eu pour cause les événements de 1870. En effet, en dehors de la Prusse,

la dépression des suicides ne s'est guère fait sentir au delà de la

période même de la guerre. En Saxe, la baisse de 1870, qui n'est,

d'ailleurs, que de 8 %, ne s'accentue pas en 1871 et cesse en 1872

presque complètement. Dans le duché de Bade la diminution est limitée à

1870; 1871, avec 244 cas, dépasse 1869 de 10 %. Il semble donc que la

Prusse ait été seule atteinte d'une sorte d'euphorie collective au

lendemain de la victoire. Les autres États furent moins sensibles au

gain de gloire et de puissance qui résulta de la guerre et, une fois la

grande angoisse nationale passée, les passions sociales rentrèrent dans

le repos.]

[199: V. plus haut, liv. II ch. II, p. IV.]

[200: Nous ne parlons pas du prolongement idéal d'existence qu'apporte

avec elle la croyance à l'immortalité de l'âme, car 1° ce n'est pas là

ce qui peut expliquer pourquoi la famille ou l'attachement à la société

politique nous préservent du suicide; 2° ce n'est même pas cette

croyance qui fait l'influence prophylactique de la religion; nous

l'avons montré plus haut.]

[201: Et voilà pourquoi il est injuste d'accuser ces théoriciens de la

tristesse de généraliser des impressions personnelles. Ils sont l'écho

d'un état général.]

[202: _Bibliographie_.--Steinmetz, _Suicide among primitive Peoples_, in

_American Anthropologist_, janvier 1894.--Waitz, _Anthropologie der

Naturvoelker, passim_.--_Suicides dans les Armées_, in _Journal de la

société de statistique_, 1874, p. 250.--Millar, _Statistic of military

suicide_, in _Journal of the statistical society_, Londres, juin

1874.--Mesnier, _Du suicide dans l'Armée_, Paris 1881.--Bournet,

_Criminalité en France et en Italie_, p. 83 et suiv.--Roth, _Die

Selbstmorde in der K. u. K. Armee, in den Jahren 1873-80_, in

_Statistische Monatschrift_, 1892.--Rosenfeld, _Die Selbstmorde in der

Preussischen Armee_, in _Militarwochenblatt_, 1894, 3es Beiheft.--Du

même, _Der Selbstmord in der K. u. K. oesterreischischen Heere_, in

_Deutsche Worte_, 1893.--Antony, _Suicide dans l'armée allemande_, in

_Arch. de med. et de phar. militaire_, Paris, 1895.]

[203: Oettingen, _Moralstatistik_, p. 762.]

[204: Cité d'après Brierre de Boismont, p. 23.]

[205: _Punica_, I, 225 et suiv.]

[206: _Vie d'Alexandre_, CXIII.]

[207: VIII, 9.]

[208: V. Wyatt Gill, _Myths and songs of the South Pacific_, p. 163.]

[209: Frazer, _Golden Bough_, t. I, p. 216 et suiv.]

[210: Strabon, § 486.--Elien, V. H. 337.]

[211: Diodore de Sicile, III, 33, §§ 5 et 6.]

[212: Pomponius Mela; III, 7.]

[213: _Histoire de France_, I, 81. Cf. César, _De Bello Gallico_, VI,

19.]

[214: V. Spencer, _Sociologie_, t. II, p. 146.]

[215: V. Jarves, _History of the Sandwich Islands_, 1843, p. 108.]

[216: Il est probable qu'il y a aussi au fond de ces pratiques la

préoccupation d'empêcher l'esprit du mort de revenir sur la terre

chercher les choses et les êtres qui lui tiennent de près. Mais cette

préoccupation même implique que serviteurs et clients sont étroitement

subordonnés au maître, qu'ils en sont inséparables et que, de plus, pour

éviter les malheurs qui résulteraient de la persistance de l'Esprit sur

cette terre, ils doivent se sacrifier dans l'intérêt commun.]

[217: V. Frazer, _Golden Bough loc. cit._ et _passim_.]

[218: V. _Division du travail social_, _passim_.]

[219: César, _Guerre des Gaules_, VI, 14.--Valère-Maxime, VI, 11 et

12.--Pline, _Hist. nat._, IV, 12.]

[220: Posidonius, XXIII, ap. Athen. Deipno, IV, 154.]

[221: Elien, XII, 23.]

[222: Waitz, _Anthropologie der Naturvoelker_, t. VI, p. 115.]

[223: _Ibid._, t. III, 1e Hælfte, p. 102.]

[224: Mary Eastman, _Dacotah_, p. 89, 169.--Lombroso, _L'Uomo

delinquente_, 1884, p. 51.]

[225: Lisle, _op. cit._, p. 333.]

[226: _Lois de Manou_, VI, 32 (trad. Loiseleur).]

[227: Barth, _The religions of India_, Londres, 1891, p. 146.]

[228: Bühler, _Uber die Indische Secte der Jaïna_, Vienne, 1887, p. 10,

19 et 37.]

[229: Barth, _op. cit._, p. 279.]

[230: Heber, _Narrative of a Journey through the Upper Provinces of

India_, 1824-25, ch. XII.]

[231: Forsyth, _The Highlands of Central India_, Londres, 1871, p.

172-175.]

[232: V, Burnell, _Glossary_, 1886, au mot, _Jagarnnath_. La pratique a

à peu près disparu; cependant, on en a encore observé de nos jours des

cas isolés. V. Stirling, _Asiat. Resch._, t. XV, p. 324.]

[233: _Histoire du Japon_, t. II.]

[234: On a appelé _acedia_ l'état moral qui déterminait ces suicides. V.

Bourquelot, _Recherches sur les opinions et la législation en matière de

mort volontaire pendant le moyen âge_.]

[235: Il est vraisemblable que les suicides si fréquents chez les hommes

de la Révolution étaient dus, au moins en partie, à un état d'esprit

altruiste. En ces temps de luttes intérieures, d'enthousiasme collectif,

la personnalité individuelle avait perdu de sa valeur. Les intérêts de

la patrie ou du parti primaient tout. La multiplicité des exécutions

capitales provient, sans doute, de la même cause. On tuait aussi

facilement qu'on se tuait.]

[236: Les chiffres relatifs aux suicides militaires sont empruntés soit

aux documents officiels, soit à Wagner (_op. cit._, p. 229 et suiv.);

les chiffres relatifs aux suicides civils, aux documents officiels, aux

indications de Wagner ou à Morselli. Pour les États-Unis, nous avons

supposé que l'âge moyen, à l'armée, était, comme en Europe, de 20 à 30

ans.]

[237: Preuve nouvelle de l'inefficacité du facteur organique en général

et de la sélection matrimoniale en particulier.]

[238: Pendant les années 1867-74 le taux des suicides est d'environ 140;

en 1889-91, il est de 210 à 220, soit une augmentation de près de 60 %.

Si le taux des célibataires a crû dans la même mesure, et il n'y a pas

de raison pour qu'il en soit autrement, il n'aurait été pendant la

première de ces périodes que de 319, ce qui élèverait à 3,11 le

coefficient d'aggravation des sous-officiers. Si nous ne parlons pas des

sous-officiers après 1874, c'est que, à partir de ce moment, il y eut de

moins en moins de sous-officiers de carrière.]

[239: V. l'article de Roth, dans la _Stat. Monatschrift_, 1892, p. 200.]

[240: Pour la Prusse et l'Autriche, nous n'avons pas l'effectif par

année de service, c'est ce qui nous empêche d'établir les nombres

proportionnels. En France, on a prétendu que si, au lendemain de la

guerre, les suicides militaires avaient diminué, c'était parce que le

service était devenu moins long. (5 ans au lieu de 7). Mais cette

diminution ne s'est pas maintenue et, à partir de 1882, les chiffres se

sont sensiblement relevés. De 1882 à 1889, ils sont revenus à ce qu'ils

étaient avant la guerre, oscillant entre 322 et 424 par million, et

cela, quoique le service ait subi une nouvelle réduction, 3 ans au lieu

de 5.]

[241: On peut se demander si l'énormité du coefficient d'aggravation

militaire en Autriche ne vient pas de ce que les suicides de l'armée

sont plus exactement recensés que ceux de la population civile.]

[242: On remarquera que l'état d'altruisme est inhérent à la région. Le

corps d'armée de Bretagne n'est pas composé exclusivement de Bretons,

mais il subit l'influence de l'état moral ambiant.]

[243: Parce que les gendarmes et les gardes municipaux sont souvent

maries.]

[244: Ce relèvement est trop important pour être accidentel. Si l'on

remarque qu'il s'est produit exactement au moment où commençait la

période des entreprises coloniales, on est fondé à se demander si les

guerres auxquelles elles ont donné lieu n'ont pas déterminé un réveil de

l'esprit militaire.]

[245: Nous ne voulons pas dire que les individus souffraient de cette

compression et se tuaient parce qu'ils en souffraient. Ils se tuaient

davantage parce qu'ils étaient moins individualisés.]

[246: Ce qui ne veut pas dire qu'elle doive, dès à présent, disparaître.

Ces survivances ont leurs raisons d'être et il est naturel qu'une partie

du passé subsiste au sein du présent. La vie est faite de ces

contradictions.]

[247: V. Starck, _Verbrechen und Vergehen in Preussen_, Berlin, 1884, p.

55.]

[248: _Die Gesetzmüssigkeit in Gesellchaftsleben_, p. 345.]

[249: V. Fornasari di Verce, _La criminalita e le vicende economiche

d'Italia_, Turin, 1894, p. 77-83.]

[250: _Ibid._, p. 108-117.]

[251: _Ibid._, p. 86-104.]

[252: L'accroissement est moindre dans la période 1885-90 par suite

d'une crise financière.]

[253: Pour prouver que l'amélioration du bien-être diminue les suicides,

on a essayé parfois d'établir que, quand l'émigration, cette soupape de

sûreté de la misère, est largement pratiquée, les suicides baissent (V.

Legoyt, p. 257-259). Mais les cas où, au lieu d'une inversion, on

constate un parallélisme entre ces deux phénomènes, sont nombreux. En

Italie, de 1876 à 1890, le nombre des émigrants est passé de 76 pour

100.000 habitants à 335, chiffre qui a même été dépassé de 1887 à 1889.

En même temps les suicides n'ont cessé de croître.]

[254: Cette réprobation est, actuellement, toute morale et ne paraît

guère susceptible d'être sanctionnée juridiquement. Nous ne pensons pas

qu'un rétablissement quelconque de lois somptuaires soit désirable ou

simplement possible.]

[255: Quand la statistique distingue plusieurs sortes de carrières

libérales, nous indiquons, comme point de repère celle où le taux des

suicides est le plus élevé.]

[256: De 1826 à 1880, les fonctions économiques paraissent moins

éprouvées (V. _Compte-rendu_ de 1880); mais la statistique des

professions était-elle bien exacte?]

[257: Ce chiffre n'est atteint que par les gens de lettres.]

[258: Voir plus haut, liv. II, ch. III, p. II.]

[259: V. plus haut, liv. II, chap. III, p. III.]

[260: Nous prenons cette période éloignée parce que le divorce

n'existait pas du tout alors. La loi de 1884 qui l'a rétabli ne paraît

pas d'ailleurs avoir produit jusqu'à présent d'effets sensibles sur les

suicides d'époux; leur coefficient de préservation n'avait pas

sensiblement varié en 1888-92; une institution ne produit pas ses effets

en si peu de temps.]

[261: Pour la Saxe, nous n'avons que les nombres relatifs ci-dessus,

empruntés à Oettingen; ils suffisent à notre objet. On trouvera dans

Legoyt (p. 171) d'autres documents qui prouvent également que, en Saxe,

les époux ont un taux plus élevé que les célibataires. Legoyt lui-même

en fait la remarque avec surprise.]

[262: Si nous ne comparons à ce point de vue que ces quelques pays,

c'est que, pour les autres, les statistiques confondent les suicides

d'époux avec ceux des épouses et on verra plus bas combien il est

nécessaire de les distinguer.

Maie il ne faudrait pas conclure de ce tableau qu'en Prusse, à Bade et

en Saxe, les époux se tuent réellement plus que les garçons. Il ne faut

pas perdre de vue que ces coefficients ont été établis indépendamment de

l'âge et de son influence sur le suicide. Or, comme les hommes de 25 à

30 ans, âge moyen des garçons, se tuent deux fois moins environ que les

hommes de 40 à 45 ans, âge moyen des époux, ceux-ci jouissent d'une

immunité même dans les pays où le divorce est fréquent; mais elle y est

plus faible qu'ailleurs. Pour qu'on pût dire qu'elle y est nulle, il

faudrait que le taux des mariés, abstraction faite de l'âge, fût deux

fois plus fort que celui des célibataires; ce qui n'est pas le cas.

Cette omission n'atteint, d'ailleurs, en rien la conclusion à laquelle

nous sommes arrivés. Car l'âge moyen des époux varie peu d'un pays à

l'autre, de deux ou trois ans seulement, et, d'un autre côté, la loi

selon laquelle l'âge agit sur le suicide est partout la même. Par

conséquent, en négligeant l'action de ce facteur, nous avons bien

diminué la valeur absolue des coefficients de préservation, mais, comme

nous les avons partout diminués selon la même proportion, nous n'avons

pas altéré leur valeur relative qui, seule, nous importe. Car nous ne

cherchons pas à estimer en valeur absolue l'immunité des époux dans

chaque pays, mais à classer les différents pays au point de vue de cette

immunité. Quant aux raisons qui nous ont déterminés à cette

simplification, c'est d'abord pour ne pas compliquer le problème

inutilement, mais c'est aussi parce que nous n'avons pas dans tous les

cas les éléments nécessaires pour calculer exactement l'action de

l'âge.]

[263: Les périodes sont les mêmes qu'au tableau XXVII.]

[264: Nous avons dû classer ces provinces d'après le nombre des divorcés

recensés, n'ayant pas trouvé le nombre des divorces annuels.]

[265: Levasseur, _Population française_, t. II, p. 92. Cf. Bertillon,

_Annales de Dem. Inter._, 1880, p. 460.--En Saxe, les demandes intentées

par les hommes sont presque aussi nombreuses que celles qui émanent des

femmes.]

[266: Bertillon, _Annales, etc._, 1882, p. 275 et suiv.]

[267: V. _Rolla_ et dans _Namouna_ le portrait de Don Juan.]

[268: V. le monologue de Faust dans la pièce de Goethe.]

[269: Mais, dira-t-on, est-ce que, là où le divorce ne tempère pas le

mariage, l'obligation étroitement monogamique ne risque pas d'entraîner

le dégoût? Oui, sans doute, ce résultat se produira nécessairement, si

le caractère moral de l'obligation n'est plus senti. Ce qui importe, en

effet, ce n'est pas seulement que la réglementation existe, mais qu'elle

soit acceptée par les consciences. Autrement, si elle n'a plus

d'autorité morale et ne se maintient plus que par la force d'inertie,

elle ne peut plus jouer de rôle utile. Elle gêne sans beaucoup servir.]

[270: Puisque, là où l'immunité de l'époux est moindre, celle de la

femme est plus élevée, on se demandera peut-être comment il ne s'établit

pas de compensation. Mais c'est que la part de la femme étant très

faible dans le nombre total des suicides, la diminution des suicides

féminins n'est pas sensible dans l'ensemble et ne compense pas

l'augmentation des suicides masculins. Voilà pourquoi le divorce est

accompagné finalement d'une élévation du chiffre général des suicides.]

[271: _Op. cit._, p. 171.]

[272: V. plus haut, liv. II, ch. III, p. II.]

[273: Il est même probable que le mariage, à lui seul, ne commence à

produire des effets prophylactiques que plus tard, après trente ans. En

effet, jusque-là, les mariés sans enfants donnent annuellement, en

chiffres absolus, autant de suicides que les mariés avec enfants, à

savoir 6,6 de 20 à 25 ans pour les uns et les autres, 33 d'un côté et 34

de l'autre de 25 à 30 ans. Il est clair cependant que les ménages

féconds sont, même à cette période, beaucoup plus nombreux que les

ménages stériles. La tendance au suicide de ces derniers doit donc être

plusieurs fois plus forte que celle des époux avec enfants; par

conséquent, elle doit être très voisine, comme intensité, de celle des

célibataires. Nous ne pouvons malheureusement faire sur ce point que des

hypothèses; car comme le dénombrement ne donne pas pour chaque âge la

population des époux sans enfants, distinguée des époux avec enfants, il

nous est impossible de calculer séparément le taux des uns et celui des

autres pour chaque période de la vie. Nous ne pouvons que donner les

chiffres absolus, tels que nous les avons relevés au Ministère de la

Justice pour les années 1889-91. Nous les reproduisons en un tableau

spécial qu'on trouvera à la fin de l'ouvrage. Cette lacune du

recensement est des plus regrettables.]

[274: V. plus haut liv. II, ch. III, p. I et III.]

[275: On voit par les considérations qui précèdent qu'il existe un type

de suicide qui s'oppose au suicide anomique, comme le suicide égoïste et

le suicide altruiste s'opposent entre eux. C'est celui qui résulte d'un

excès de réglementation; celui que commettent les sujets dont l'avenir

est impitoyablement muré, dont les passions sont violemment comprimées

par une discipline oppressive. C'est le suicide des époux trop jeunes,

de la femme mariée sans enfant. Pour être complet, nous devrions donc

constituer un quatrième type de suicide. Mais il est de si peu

d'importance aujourd'hui et, en dehors des cas que nous venons de citer,

il est si difficile d'en trouver des exemples, qu'il nous paraît inutile

de nous y arrêter. Cependant, il pourrait se faire qu'il eût un intérêt

historique. N'est-ce pas à ce type que se rattachent les suicides

d'esclaves que l'on dit être fréquents dans de certaines conditions (V.

Corre, _Le crime en pays créoles_, p. 48), tous ceux, en un mot, qui

peuvent être attribués aux intempérances du despotisme matériel ou

moral? Pour rendre sensible ce caractère inéluctable et inflexible de la

règle sur laquelle on ne peut rien, et par opposition à cette expression

d'anomie que nous venons d'employer, on pourrait l'appeler le _suicide

fataliste_.]

[276: _Raphaël_, Édit. Hachette, p. 6.]

[277: _Hypochondrie et suicide_, p. 316.]

[278: Brierre de Boismont, _Du suicide_, p. 198.]

[279: _Ibid._, p. 194.]

[280: On trouvera des exemples dans Brierre de Boismont, p. 494 et 506.]

[281: Leroy, _op. cit._, p. 241.]

[282: V. des cas dans Brierre de Boismont, p. 187-189.]

[283: _De tranquillitate animi_, II, _sub fine_. Cf. Lettre XXIV.]

[284: _René_, édition Vialat, Paris, 1849, p. 112.]

[285: V. plus haut, liv. II, ch. III, p. III.]

[286: Sénèque célèbre le suicide de Caton comme le triomphe de la

volonté humaine sur les choses (V. _De Prov._, 2, 9 et _Ep._, 71, 16).]

[287: Morselli, p. 445-446.]

[288: V. Lisle, _op. cit._, p. 94.]

[289: Notamment dans ses deux ouvrages _Sur l'homme et le développement

de ses facultés ou Essai de physique sociale_, 2 vol., Paris 1835, et

_Du système social et des lois qui le régissent_, Paris 1848. Si

Quételet est le premier qui ait essayé d'expliquer scientifiquement

cette régularité, il n'est pas le premier qui l'ait observée. Le

véritable fondateur de la statistique morale est le pasteur Süssmilch,

dans son ouvrage, _Die Göttliche Ordnung in den Veränderungen des

menschlichen Geschlechts, aus der Geburt, dem Tode und der Fortpflanzung

desselben erwiesen_, 3 vol., 1742.

V. sur cette même question: Wagner, _Die Gesetzmässigkeit_, etc.,

première partie; Drobisch, _Die Moralische Statistik und die menschliche

Willensfreiheit_, Leipzig, 1867 (surtout p. 1-58); Mayr, _Die

Gesetzmässigheit im Gesellschaftsleben_, Munich, 1877; Oettingen,

_Moralstatistik_, p. 90 et suiv.]

[290: Ces considérations fournissent une preuve de plus que la race ne

peut rendre compte du taux social des suicides. Le type ethnique, en

effet, est lui aussi un type générique; il ne comprend que des

caractères communs à une masse considérable d'individus. Le suicide, au

contraire, est un fait exceptionnel. La race n'a donc rien qui puisse

suffire à déterminer le suicide; autrement, il aurait une généralité

que, en fait, il n'a pas. Dira-t-on que si, en effet, aucun des éléments

qui constituent la race ne saurait être regardé comme une cause

suffisante du suicide, cependant, elle peut, selon ce qu'elle est,

rendre, les hommes plus ou moins accessibles à l'action des causes

suicidogènes? Mais, quand même les faits vérifieraient cette hypothèse,

ce qui n'est pas, il faudrait tout au moins reconnaître que le type

ethnique est un facteur de bien médiocre efficacité, puisque son

influence supposée serait empêchée de se manifester dans la presque

totalité des cas et ne serait sensible que très exceptionnellement. En

un mot, la race ne peut expliquer comment, sur un million de sujets qui

tous appartiennent également à cette race, il y en a tout au plus 100 ou

200 qui se tuent chaque année.]

[291: C'est, au fond, l'opinion exposée par Drobisch, dans son livre

cité plus haut.]

[292: Cette argumentation n'est pas seulement vraie du suicide,

quoiqu'elle soit, en ce cas, plus particulièrement frappante qu'en tout

autre. Elle s'applique identiquement au crime sous ses différentes

formes. Le criminel, en effet, est un être exceptionnel tout comme le

suicidé et, par conséquent, ce n'est pas la nature du type moyen qui

peut expliquer les mouvements de la criminalité. Mais il n'en est pas

autrement du mariage, quoique la tendance à contracter mariage soit plus

générale que le penchant à tuer ou à se tuer. À chaque période de la

vie, le nombre des gens qui se marient ne représente qu'une petite

minorité par rapport à la population célibataire du même âge. Ainsi, en

France, de 25 à 30 ans, c'est-à-dire à l'époque où la nuptialité est

_maxima_, il n'y a par an que 176 hommes et 135 femmes qui se marient

sur 1.000 célibataires de chaque sexe (période 1877-81). Si donc la

tendance au mariage, qu'il ne faut pas confondre avec le goût du

commerce sexuel, n'a que chez un petit, nombre de sujets une force

suffisante pour se satisfaire, ce n'est pas l'énergie qu'elle a dans le

type moyen qui peut expliquer l'état de la nuptialité à un moment donné.

La vérité, c'est qu'ici, comme quand il s'agit du suicide, les chiffres

de la statistique expriment, non l'intensité moyenne des dispositions

individuelles, mais celle de la force collective qui pousse au mariage.]

[293: Elle n'est pas d'ailleurs la seule; tous les faits de statistique

morale, comme le montre la note précédente, impliquent cette

conclusion.]

[294: Tarde, _La sociologie élémentaire_, in _Annales de l'Institut

international de sociologie_, p. 213.]

[295: Nous disons à la rigueur, car ce qu'il y a d'essentiel dans le

problème ne saurait être résolu de cette manière. En effet, ce qui

importe si l'on veut expliquer cette continuité, c'est de faire voir,

non pas simplement comment les pratiques usitées à une période ne

s'oublient pas à la période qui suit, mais comment elles gardent leur

autorité et continuent à fonctionner. De ce que les générations

nouvelles peuvent savoir par des transmissions purement

inter-individuelles ce que faisaient leurs aînées, il ne suit pas

qu'elles soient nécessitées à agir de même. Qu'est-ce donc qui les y

oblige? Le respect de la coutume, l'autorité des anciens? Mais alors la

cause de la continuité, ce ne sont plus les individus qui servent de

véhicules aux idées ou aux pratiques, c'est cet état d'esprit éminemment

collectif qui fait que, chez tel peuple, les ancêtres sont l'objet d'un

respect particulier. Et cet état d'esprit s'impose aux individus. Même,

tout comme la tendance au suicide, il a pour une même société une

intensité définie selon le degré de laquelle les individus se conforment

plus ou moins à la tradition.]

[296: V. _Règles de la méthode sociologique_, ch. II.]

[297: Tarde, _op. cit._, in _Annales de l'Institut de sociol._, p. 222.]

[298: V. Frazer, _Golden Bough_, p. 9 et suiv.]

[299: Ajoutons, pour prévenir toute interprétation inexacte, que nous

n'admettons pas pour cela qu'il y ait un point précis où finisse

l'individuel et où commence le règne social. L'association ne s'établit

pas d'un seul coup et ne produit pas d'un seul coup ses effets; il lui

faut du temps pour cela et il y a, par conséquent, des moments où la

réalité est indécise. Ainsi, on passe sans hiatus d'un ordre de faits à

l'autre; mais ce n'est pas une raison pour ne pas les distinguer.

Autrement, il n'y aurait rien de distinct dans le monde, si du moins on

pense qu'il n'y a pas de genres séparés et que l'évolution est

continue.]

[300: Nous pensons qu'après cette explication on ne nous reprochera plus

de vouloir, en sociologie, substituer le dehors au dedans. Nous partons

du dehors parce qu'il est seul immédiatement donné, mais c'est pour

atteindre le dedans. Le procédé est, sans doute, compliqué; mais il n'en

est pas d'autre, si l'on ne veut pas s'exposer à faire porter la

recherche, non sur l'ordre de faits que l'on veut étudier, mais sur le

sentiment personnel qu'on en a.]

[301: Pour savoir si ce sentiment de respect est plus fort dans une

société que dans l'autre, il ne faut pas considérer seulement la

violence intrinsèque des mesures qui constituent la répression, mais la

place occupée par la peine dans l'échelle pénale. L'assassinat n'est

puni que de mort aujourd'hui comme aux siècles derniers. Mais

aujourd'hui, la peine de mort simple a une gravité relative plus grande;

car elle constitue le châtiment suprême, tandis qu'autrefois elle

pouvait être aggravée. Et puisque ces aggravations ne s'appliquaient pas

alors à l'assassinat ordinaire, il en résulte que celui-ci était l'objet

d'une moindre réprobation.]

[302: De même que la science de la physique n'a pas à discuter la

croyance en Dieu, créateur du monde physique, la science de la morale

n'a pas à connaître de la doctrine qui voit en Dieu le créateur de la

morale. La question n'est pas de notre ressort; nous n'avons à nous

prononcer pour aucune solution. Les causes secondes sont les seules dont

nous ayons à nous occuper.]

[303: V. plus haut, liv. III, ch. I, p. III.]

[304: V. Tarde, _op. cit._, p. 212.]

[305: V. Delage, _Structure du protoplasme, passim_; Weissmann,

_L'hérédité_ et toutes les théories qui se rapprochent de celle de

Weissmann.]

[306: V. plus haut, liv. II, ch. IV, p. II.]

[307: Notons toutefois que cette progression n'a été établie que pour

les sociétés européennes où le suicide altruiste est relativement rare.

Peut-être n'est-elle pas vraie de ce dernier. Il est possible qu'il

atteigne son apogée plutôt vers l'époque de la maturité, au moment où

l'homme est le plus ardemment mêlé à la vie sociale. Les rapports que ce

suicide soutient avec l'homicide, et dont il sera parlé dans le chapitre

suivant, confirment cette hypothèse.]

[308: Sans vouloir soulever une question de métaphysique que nous

n'avons pas à traiter, nous tenons à faire remarquer que cette théorie

de la statistique n'oblige pas à refuser à l'homme toute espèce de

liberté. Elle laisse, au contraire, la question du libre arbitre

beaucoup plus entière que si l'on fait de l'individu la source des

phénomènes sociaux. En effet, quelles que soient les causes auxquelles

est due la régularité des manifestations collectives, elles ne peuvent

pas ne pas produire leurs effets là où elles sont: car, autrement, on

verrait ces effets varier capricieusement alors qu'ils sont uniformes.

Si donc elles sont inhérentes aux individus, elles ne peuvent pas ne pas

déterminer nécessairement ceux; en qui elles résident. Par conséquent,

dans cette hypothèse, on ne voit pas le moyen d'échapper au déterminisme

le plus rigoureux. Mais il n'en est plus de même si cette constance des

données démographiques provient d'une force extérieure aux individus.

Car celle-ci ne détermine pas tels sujets plutôt que tels autres. Elle

réclame certains actes en nombre défini, non que ces actes viennent de

celui-ci ou de celui-là. On peut admettre que certains lui résistent et

qu'elle se satisfasse sur d'autres. En définitive, notre conception n'a

d'autre effet que d'ajouter aux forces physiques, chimiques,

biologiques, psychologiques des forces sociales qui agissent sur l'homme

du dehors tout comme les premières. Si donc celles-ci n'excluent pas la

liberté humaine, il n'y a pas de raison pour qu'il en soit autrement de

celles-là. La question se pose dans les mêmes termes pour les unes et

pour les autres. Quand un foyer d'épidémie se déclare, son intensité

prédétermine l'importance de la mortalité qui en résultera; mais ceux

qui doivent être atteints ne sont pas désignés pour cela. La situation

des suicidés n'est pas autre par rapport aux courants suicidogènes.]

[309: V. _Division du travail social_, Introduction.]

[310: Bibliographie de la question. Appiano Buonafede, _Histoire

critique et philosophique du suicide_, 1762, trad. fr., Paris,

1843.--Bourquelot, _Recherches sur les opinions de la législation en

matière de morts volontaires_, in _Bibliothèque de l'École des Chartes_,

1842 et 1843.--Guernesey, _Suicide, history of the penal laws_,

New-York, 1883.--Garrison, _Le suicide en droit romain et en droit

français_, Toulouse, 1883.--ynn Wescott, _Suicide_, Londres, 1885, p.

43-58.--Geiger, _Der Selbstmord im klassischen Altertum_, Augsbourg,

1888.]

[311: Garrison, op. cit., p. 77.]

[312: _Omicidio-suicidio_, p. 61-62.]

[313: _Origines du droit français_, p. 371.]

[314: Ferri, _op. cit._, p. 62.]

[315: Garrison, _op. cit._, p. 144, 145.]

[316: Ferri, _op. cit._, p. 63, 64.]

[317: _Coran_, III, v. 139.]

[318: _Ibid._, XVI, v. 63.]

[319: _Ibid._, LVI, v. 60.]

[320: _Ibid._, XXXIII, v. 33.]

[321: Aristote, _Eth. Nic._, V, 11, 3.]

[322: Eschine, C. Ctésiphon, p. 244--Platon, _Lois_, IX, 12, p. 873.]

[323: Dion Chrysostome, _Or._, 4, 14 (éd. Teubner, V, 2, p. 207).]

[324: _Melet_. Edition Reiske, Altenburg, 1797, p. 198 et suiv.]

[325: Valère-Maxime, 2, 6, 8.]

[326: Valère-Maxime, 2, 6, 7.]

[327: XII, 603.]

[328: V. Lasaulx, _Ueber die Bücher des Koenigs Numa_, dans ses _Etudes

d'antiquité classique_. Nous citons d'après Geiger, p. 63.]

[329: Servius, _loc. cit._--Pline, _Hist. nat._ XXXVI, 24.]

[330: III, tit. II, liv. II, § 3.]

[331: _Inst. orat._, VII, 4, 39.--_Declam_. 337.]

[332: _Digeste_, liv. XLIX, tit. XVI, loi 6, § 7.]

[333: _Ibid._, liv. XXVIII, tit. III, loi 6, § 7.]

[334: _Digeste_, liv. XLVIII, tit. XXI, loi 3, § 6.]

[335: Vers la fin de la République et le commencement de l'Empire, voir

Geiger, p. 69.]

[336: Et encore ce droit commence-t-il à être, même dans ce cas,

contesté à la société.]

[337: V. Geiger, _op. cit._, p. 58-59.]

[338: V. notre _Division du travail social_, liv. II.]

[339: Lyon, 1881. Au Congrès de criminologie tenu à Rome en 1887, M.

Lacassagne a, d'ailleurs, revendiqué la paternité de cette théorie.]

[340: _Bibliographie._--Guerry, _Essai sur la statistique morale de la

France_.--Cazauvieilh, _Du suicide, de l'aliénation mentale et des

crimes contre les personnes, comparés dans leurs rapports réciproques_,

2 vol. 1840.--Despine, _Psychologie natur._, p. 111.--Manry, _Du

mouvement moral des sociétés_, in _Revue des Deux-Mondes_,

1860.--Morselli, _Il suicidio_, p. 243 et suiv.--_Actes du premier

congrès international d'Anthropologie criminelle_, Turin, 1886-87, p.

202 et suiv.--Tarde, _Criminalité comparée_, p. 152 et suiv.--Ferri,

_Omicidio-suicidio_, 4e édit., Turin, 1895, p. 253 et suiv.]

[341: _Moralstatistik_, p. 526.]

[342: _Op. cit._, p. 333.--Dans les _Actes du congrès de Rome_, p. 205,

le même auteur émet pourtant des doutes sur la réalité de cet

antagonisme.]

[343: Les chiffres relatifs aux deux premières périodes ne sont pas,

pour l'homicide, d'une rigoureuse exactitude, parce que la statistique

criminelle fait commencer sa première période à 16 ans et la fait aller

jusqu'à 21, tandis que le dénombrement donne le chiffre global de la

population de 15 à 20. Mais cette légère inexactitude n'altère en rien

les résultats généraux qui se dégagent du tableau. Pour l'infanticide,

le maximum est atteint plus tôt, vers 25 ans, et la décroissance

beaucoup plus rapide. On comprend aisément pourquoi.]

[344: D'après Chaussinand.]

[345: _Op. cit._, p. 310 et suiv.]

[346: _Op. cit._, p. 67.]

[347: _Des prisonniers, de l'emprisonnement et des prisons_, Paris,

1850, p. 133.]

[348: _Op. cit._, p. 95.]

[349: _Le suicide dans le département de Seine-et-Marne._]

[350: _Op. cit._, p. 377.]

[351: _L'homme criminel_, trad. fr., p. 338.]

[352: En quoi consiste cette influence? Une part semble bien en devoir

être attribuée au régime cellulaire. Mais nous ne serions pas étonnés

que la vie commune de la prison fût de nature à produire les mêmes

effets. On sait que la société des malfaiteurs et des détenus est très

cohérente; l'individu y est complètement effacé et la discipline de la

prison agit dans le même sens. Il pourrait donc s'y passer quelque chose

d'analogue à ce que nous avons observé dans l'armée. Ce qui confirme

cette hypothèse, c'est que les épidémies de suicides sont fréquentes

dans les prisons comme dans les casernes.]

[353: Une statistique rapportée par Ferri (_Omicidio_, p. 373) n'est pas

plus probante. De 1866 à 1876, il y aurait eu, dans les bagnes italiens,

17 suicides commis par des forçats condamnés pour des crimes contre les

personnes, et seulement 5 commis par des auteurs de crimes-propriété.

Mais, au bagne, les premiers sont beaucoup plus nombreux que les

seconds. Ces chiffres n'ont donc rien de concluant. Nous ignorons,

d'ailleurs, à quelle source l'auteur de cette statistique a puisé les

éléments dont il s'est servi.]

[354: D'après Oettingen, _Moralstatistik_, annexes, table 61.]

[355: _Ibid._, table 109.]

[356: _Ibid._, table 65.]

[357: D'après les tables mêmes dressées par Ferri.]

[358: Cette classification des départements est empruntée à Bournet, _De

la criminalité en France et en Italie_, Paris, 1884, p. 41 et 51.]

[359: Starke, _Verbrechen und Verbrecher in Preussen_, Berlin, 1884, p.

144 et suiv.]

[360: D'après les tables de Ferri.]

[361: V. Bosco, _Gli Omicidii in alcuni Stati d'Europa_, Rome, 1889.]

[362: _Philosophie pénale_, p. 347-48.]

[363: Certaines de ces affaires ne sont pas poursuivies parce qu'elles

ne constituent ni crimes ni délits. Il y aurait donc lieu de les

défalquer. Pourtant, nous ne l'avons pas fait afin de suivre notre

auteur sur son propre terrain; d'ailleurs, cette défalcation, nous nous

en sommes assuré, ne changerait rien au résultat qui se dégage des

chiffres ci-dessus.]

[364: Une considération secondaire, présentée par le même auteur à

l'appui de sa thèse, n'est pas plus probante. D'après lui, il faudrait

aussi tenir compte des homicides classés par erreur parmi les morts

volontaires ou accidentelles. Or, comme le nombre des unes et des autres

a augmenté depuis le début du siècle, il en conclut que le chiffre des

homicides placés sous l'une ou l'autre de ces deux étiquettes a dû

croître également. Voilà donc encore, dit-il, une augmentation sérieuse

dont il faut tenir compte, si l'on veut apprécier exactement la marche

de l'homicide.--Mais le raisonnement repose sur une confusion. De ce que

le chiffre des morts accidentelles et volontaires a crû, il ne suit pas

qu'il en soit de même des homicides rangés à tort sous cette rubrique.

De ce qu'il y a plus de suicides et plus d'accidents, il ne résulte pas

qu'il y ait aussi plus de faux suicides et de faux accidents. Pour

qu'une pareille hypothèse eût quelque vraisemblance, il faudrait établir

que les enquêtes administratives ou judiciaires, dans les cas douteux,

se font plus mal qu'autrefois; supposition à laquelle nous ne

connaissons aucun fondement. M, Tarde, il est vrai, s'étonne qu'il y ait

aujourd'hui plus de morts par submersion que jadis et il est disposé à

voir, sous cet accroissement, un accroissement dissimulé d'homicides.

Mais le nombre des morts par la foudre a encore beaucoup plus augmenté;

il a doublé. La malveillance criminelle n'y est pourtant pour rien. La

vérité, c'est d'abord que les recensements statistiques se font plus

exactement et, pour les cas de submersion, que les bains de mer plus

fréquentés, les ports plus actifs, les bateaux plus nombreux sur nos

rivières donnent lieu à plus d'accidents.]

[365: Pour l'assassinat, l'inversion est moins prononcée; ce qui

confirme ce qui a été dit plus haut sur le caractère mixte de ce crime.]

[366: Les assassinats, au contraire, qui étaient à 200 en 1869, à 215 en

1868, tombent à 162 en 1870. On voit combien ces deux sortes de crimes

doivent être distinguées.]

[367: D'après Starke, _op. cit._, p. 133.]

[368: Les assassinats restent à peu près stationnaires.]

[369: Ces remarques sont, d'ailleurs, plutôt destinées à poser la

question qu'à la trancher. Elle ne pourra être résolue que quand on aura

isolé l'action de l'âge et celle de l'état civil, comme nous avons fait

pour le suicide.]

[370: Ce tableau a été établi avec les documents inédits du Ministère de

la Justice. Nous n'avons pas pu nous en servir beaucoup, parce que le

dénombrement de la population ne fait pas connaître, à chaque âge, le

nombre des époux et des veufs sans enfants. Nous publions pourtant les

résultats de notre travail, dans l'espérance qu'il sera utilisé plus

tard, quand cette lacune du dénombrement sera comblée.]

[371: V. _Règles de la Méthode sociologique_, chap. III.]

[372: Et même tout lien logique n'est-il pas médiat? Si rapprochés que

soient les deux termes qu'il relie, ils sont toujours distincts et, par

conséquent, il y a toujours entre eux un écart, un intervalle logique.]

[373: Ce qui a contribué à obscurcir cette question, c'est qu'on ne

remarque pas assez combien ces idées de santé et de maladie sont

relatives. Ce qui est normal aujourd'hui ne le sera plus demain, et

inversement. Les intestins volumineux du primitif sont normaux par

rapport à son milieu, mais ne le seraient plus aujourd'hui. Ce qui est

morbide pour les individus peut être normal pour la société. La

neurasthénie est une maladie au point de vue de la physiologie

individuelle; que serait une société sans neurasthéniques? Ils ont

actuellement un rôle social à jouer. Quand on dit d'un état qu'il est

normal ou anormal, il faut ajouter par rapport à quoi il est ainsi

qualifié; sinon, on ne s'entend pas.]

[374: _Division du travail social_, p. 266.]

[375: Oettingen, _Ueber acuten und chronischen Selbstmord_, p. 28-32 et

_Moralstatistik_, p. 761.]

[376: M. Poletti; nous ne connaissons d'ailleurs sa théorie que par

l'exposé qu'en a donné M. Tarde, dans sa _Criminalité comparée_, p. 72.]

[377: On dit, il est vrai (Oettingen), pour échapper à cette conclusion,

que le suicide est seulement un des mauvais côtés de la civilisation

(_Schattenseite_) et qu'il est possible de le réduire sans la combattre.

Mais c'est se payer de mots. S'il dérive des causes mêmes dont dépend la

culture, on ne peut diminuer l'un sans amoindrir l'autre; car le seul

moyen de l'atteindre efficacement est d'agir sur ses causes.]

[378: Cet argument est exposé à une objection. Le Bouddhisme, le

Jaïnisme sont des doctrines systématiquement pessimistes de la vie;

faut-il y voir l'indice d'un état morbide des peuples qui les ont

pratiquées? Nous les connaissons trop mal pour oser trancher la

question. Qu'on ne considère notre raisonnement que comme s'appliquant

aux peuples européens et même aux sociétés du type de la cité. Dans ces

limites, nous le croyons difficilement discutable. Il reste possible que

l'esprit de renoncement propre à certaines autres sociétés puisse, sans

anomalie, se formuler en système.]

[379: Entre autres Lisle, _op. cit._, p. 437 et suiv.]

[380: Ce n'est pas que, même dans ces cas, la séparation entre les actes

moraux et les actes immoraux soit absolue. L'opposition du bien et du

mal n'a pas le caractère radical que lui prête la conscience vulgaire.

On passe toujours de l'un à l'autre par une dégradation insensible et

les frontières sont souvent indécises. Seulement, quand il s'agit de

crimes avérés, la distance est grande et le rapport entre les extrêmes

moins apparent que pour le suicide.]

[381: _Op. cit._, p. 499.]

[382: Art. _Suicide_, in _Diction. Philos._]

[383: Qu'on ne se méprenne pas sur notre pensée. Sans doute, un jour

viendra où les sociétés actuelles mourront; elles se décomposeront donc

en groupes plus petits. Seulement, si l'on induit l'avenir d'après le

passé, cet état ne sera que provisoire, ces groupes partiels seront la

matière de sociétés nouvelles, beaucoup plus vastes que celles

d'aujourd'hui. Encore peut-on prévoir qu'ils seront eux-mêmes beaucoup

plus vastes que ceux dont la réunion a formé les sociétés actuelles.]

[384: Les premiers collèges d'artisans remontent à la Rome royale. V.

Marquardt, _Privat Leben der Roemer_, II, p. 4.]

[385: Voir les raisons dans notre _Division du travail social_, L. II,

ch. III, notamment, p. 335 et suiv.]

[386: Cette différenciation, on peut le prévoir, n'aurait probablement

plus le caractère strictement réglementaire qu'elle a aujourd'hui. La

femme ne serait pas, d'office, exclue de certaines fonctions et reléguée

dans d'autres. Elle pourrait plus librement choisir, mais son choix,

étant déterminé par ses aptitudes, se porterait en général sur un même

ordre d'occupations. Il serait sensiblement uniforme, sans être

obligatoire.]

[387: Bien entendu, nous ne pouvons indiquer que les principales étapes

de cette évolution. Nous n'entendons pas dire que les sociétés modernes

aient succédé à la cité; nous laissons de côté les intermédiaires.]

[388: V. sur ce point, Benoist, _L'organization du suffrage universel_,

in _Revue des Deux-Mondes_, 1886.]

Le Suicide: Etude de Sociologie · 第 163 / 163 题