I.--Résultats de ce qui précède. Absence de relations entre le taux des
suicides et les phénomènes cosmiques ou biologiques. Rapports définis
avec les faits sociaux. Le taux social correspond donc à un penchant
collectif de la société.
II.--La constance et l'individualité de ce taux ne peut pas s'expliquer
autrement. Théorie de Quételet pour en rendre compte: l'homme moyen.
Réfutation: la régularité des données statistiques se retrouve même dans
des faits qui sont en dehors de la moyenne. Nécessité d'admettre une
force ou un groupe de forces collectives dont le taux social des
suicides exprime l'intensité.
III.--Ce qu'il faut entendre par cette force collective: c'est une
réalité extérieure et supérieure à l'individu. Exposé et examen des
objections faites à cette conception:
1° Objection d'après laquelle un fait social ne peut se transmettre que
par traditions inter-individuelles. Réponse: le taux des suicides ne
peut se transmettre ainsi.
2° Objection diaprés laquelle l'individu est tout le réel de la société.
Réponse: _a_) Comment des choses matérielles, extérieures aux individus,
sont érigées en faits sociaux et jouent en cette qualité un rôle _sui
generis;_ _b_) Les faits sociaux qui ne s'objectivent pas sous cette
forme débordent chaque conscience individuelle. Ils ont pour substrat
l'agrégat formé par les consciences individuelles réunies en société.
Que cette conception n'a rien d'ontologique.
IV.--Application de ces idées au suicide.