La faveur qu’a trouvée auprès du public ce premier volume, avant que le
second fût prêt à lui être présenté, nous oblige à un aveu: la tâche
était plus lourde que nous ne l’avions pensé, d’exposer, dans un résumé
qui fût pourtant solide et précis, l’œuvre de la diplomatie européenne
en ce siècle. Pour justifier le titre que nous lui avions donné, pour
lui garder le caractère d’un _manuel historique_, il nous a fallu
reviser sur un nombre considérable de points les jugements courants,
faussés par les passions contemporaines, et recourir aux documents
d’archives.
De longues recherches sont venues ainsi s’interposer entre nos prémisses
et notre conclusion.
Cet intervalle a été rempli par des événements diplomatiques qui ont été
l’occasion en France d’un nouvel ordre de choses. Le vœu que nous
formulions il y a quatre ans a commencé de se réaliser. La nation
française a manifesté en 1896 qu’elle reconnaissait la nécessité et les
obligations d’une politique étrangère conforme à ses intérêts présents,
réglée par les circonstances et non plus par les traditions du passé, ou
par des préjugés. C’est pour nous un précieux encouragement à poursuivre
et à terminer, malgré les difficultés, le manuel d’éducation nationale
que nous avons entrepris.
Versailles, 20 novembre 1896.