TUNIS, HAMMAN-LIF

Le voyage est plaisant de la Goulette à Tunis, par ce chemin de fer

improvisé, sorte de tramway à vapeur primitif et commode, avec ses

lourds wagons disgracieux mais ouverts au grand air et munis de

plates-formes où l’on circule. A gauche, la lagune aux bords sablonneux

peuplés d’oiseaux d’eau; à droite, des coteaux bas sur lesquels de

nuages promènent leurs ombres, plantés d’oliviers trapus au feuillage

dur et qui ne s’argente pas au vent comme nos oliviers de Provence.

Derrière nous, la Goulette, ligne mince et blanche entre le lac et la

mer.

* * * * *

A Tunis, où sans que la locomotive s’essouffle, on arrive en une

demi-heure, j’ai tout de suite trouvé le bon endroit pour voir la

population défiler. C’est une petite place entourée d’arcades, dans

l’ombre d’une haute porte à créneaux, très historiée, que décore une

inscription arabe gravée sur le marbre: _Bab-el-Bahr_, la porte Marine.

Un pittoresque fort mêlé! Deux grandes maisons à l’italienne, le toit

couronné de balustres, la façade superposant les colonnes fines de deux

loggias; à côté, une maison mauresque aux murailles nues, portant,

collée à ses parois comme un gigantesque nid d’hirondelle, la grille

ventrue d’un moucharabi. Sous les arcades, une sorte de boutique qui est

la Bourse, et, me tirant l’œil par son enseigne en français et

l’antithèse de deux mots hurlant de se rencontrer: la _Pharmacie

carthaginoise_!

On dirait que le vieux Tunis tout entier, Européens, Maltais, Arabes et

Juifs, se vide par cette unique porte. Voici l’Orient pacifique: un

indigène à turban vert, le nez chaussé de grandes lunettes rondes; jambe

de ci, jambe de là, sur une selle en belle tapisserie, et tranquille

comme à son comptoir, il s’en va doucement, Allah sait où, au trot de sa

mule. Quelque négociant! car on trouverait, en y regardant, pas mal

d’épicerie au fond de ces âmes barbaresques. Seulement, fils heureux

d’un pays de lumière, ils éprouvent le besoin de s’habiller de couleurs

tendres pour piler leur poivre et débiter leur cannelle.

* * * * *

Et voici l’Orient guerrier! Un vulgaire banc de bois peint en vert

sépare le café où je me suis assis d’un autre établissement qui se

trouve être un poste de soldats; un homme trop brun, à barbe grise, à

figure de doux forban en sort, grignotant des gâteaux. Il a une veste

brodée et trois poignards démesurés, gaine d’argent, manche d’ivoire,

dans une ceinture de soie. C’est, paraît-il, le chef de la police; à son

air férocement débonnaire, j’eusse parié pour le bourreau.

Achetons, avant d’entreprendre notre promenade, un de ces bouquets à

l’odeur délicieuse, mi-naturels, mi-artificiels, faits de corolles de

jasmin enfilées sur des fibres de palmier, et que l’on vend enveloppés

d’une fraîche feuille de vigne. Les gens d’ici, riches ou pauvres,

bourgeois ou soldats, ce voleur qui passe et les zaptiés qui l’emmènent,

portent tous un de ces bouquets sur l’oreille, un peu penché, à portée

des narines. Mais je n’ai pas de turban, et, malgré mon envie, je n’ose

pas faire comme eux.

* * * * *

Maintenant, au hasard de la découverte!

C’est une bizarre et particulière émotion que de se savoir citoyen pour

un jour de cette fabuleuse Thunes, dont rêvaient comme d’une Mecque

bohème les tire-laine du vieux Paris. Et, de fait, il y a du vieux

Paris, il y a quelque chose d’un moyen âge transporté sous le ciel

africain, dans cet enchevêtrement labyrinthique de rues tournant court

et d’impasses, de longs couloirs coupés d’arcades où l’ombre et le

soleil vont par tranches et se suivent sans se mêler, comme le vinaigre

et l’huile dans l’unique burette d’un pauvre homme. Portes basses et

murs aveugles; fenêtres en garde-manger où des houris, invisibles et qui

vous voient, arrosent un pot d’œillets ou de basilic; puis, au sortir de

ce silence, brusquement, avec un bruit d’écluse qui s’ouvrirait tout à

coup, les souks arabes ou juifs,--car je ne suis pas encore assez ferré

pour distinguer dans tout cela,--marchés couverts aux voûtes basses, aux

piliers enrubannés de jaune et de rouge, et, dessous, des brodeurs, des

selliers, des tisseurs, des marchands de fruits, de parfums et d’épices.

Le souk du Bey, avec ses boutiques régulières en bois découpé, jadis

marché aux esclaves, est aujourd’hui habité par des Juifs qui vendent

des tapis, des étoffes, ou bien fabriquent des calottes rouges foulées,

feutrées, tondues au ciseau et pressées dans des pressoirs à vis, sous

le regard du passant. Voici le souk aux vieux habits; un bric-à-brac des

_Mille et une Nuits_, une foule hurlante de gens à faces de pirates qui

se poussent, les bras levés, offrant aux amateurs des djebas, des

kmesas, des sourias, toutes sortes de costumes bariolés et de radieuses

guenilles. Parmi le vacarme, mendiant et quêtant à la porte d’odorantes

gargotes qui ont leur fourneau de terre sur la rue, un santon se promène

en habit de pénitent bleu avec des amulettes au cou. Il est roux,

fanatique et jeune, il me fait penser à Jésus-Christ.

Comment me retrouvai-je en plein soleil sur un chemin jaune et brûlé

longeant une pente que surmontent les murs effrités de la kasbah?

Au-dessous, va dégringolant en cascade blanche le faubourg arabe de

Bab-el-Djzira.

Décidément Allah me gâte et Tunis fait des frais pour moi! J’entends des

chants, des cris rythmés, des lamentations sur-aiguës. Je gravis un

talus en glaise sèche, et comme il se trouve de plain-pied avec l’étage

supérieur des maisons qui y sont adossées, je puis, passant de terrasse

en terrasse et me donnant le plaisir nouveau d’une promenade sur les

toits, arriver jusqu’à l’endroit d’où part l’étrange et mystérieuse

symphonie. Dans une étroite cour, une vingtaine de femmes se lamentent,

avec des salutations réglées et de grands gestes, devant une porte

ouverte d’où sortent les pieds raidis d’un cadavre. Deux d’entre elles

soutiennent par-dessous les bras une vieille femme échevelée. C’est une

cérémonie de funérailles. Je jette un regard et me retire, ne voulant

pas troubler d’une indiscrète curiosité ces bons musulmans dans leur

deuil. D’ailleurs, de tous côtés les chiens aboient, et un teinturier en

train d’étendre au soleil, sous les remparts, de longues pièces de

cotonnade bleue, vocifère de loin, à l’adresse du sacrilége roumi que je

suis, les plus épouvantables injures.

* * * * *

Montons toujours; le soleil pique, et voici justement, oasis rêvée, un

petit square aménagé à l’européenne autour du bassin où arrivent,

sortant de l’aqueduc en grosse gerbe bouillonnante, les eaux fraîches et

vierges du Zaghouan. La fontaine déborde et chante, un arbre fait ombre,

des gamins noirs et nus se baignent ingénument dans le bassin.

Une porte en fer à cheval, gardée par de pacifiques douaniers élevant un

mouton et des poules, ouvre sur la campagne. Mais des monticules pelés

interceptent la vue; je veux jouir du paysage et me décide à pénétrer

dans la kasbah. Nos soldats y campent. Ces grands murs en pisé, lézardés

fort pittoresquement, ont le ton et l’aspect de ruines romaines. Sous la

voûte en arabesque d’un marabout écroulé, mangent deux chevaux

d’officiers. Une large voie en plan incliné conduit sur des dessus de

casemates se prolongeant en bastion où poussent des herbes et des

ronces.

Enfin, la Tunisie m’apparaît: des minarets, des terrasses, des coupoles;

le Bardo, solitaire au milieu d’une plaine triste coupée d’un aqueduc et

semée de petits cubes blancs; à nos pieds, dans l’étendue déserte, entre

des plages basses et rouges, la Sebkha desséchée, incrustée de sel, a

l’éclat blanc et mat d’un grand plat d’argent non poli.

J’essaie de regagner l’hôtel. Encore des souks, encore des ruelles! et

des routes sombres, de douteux passages bordés de cabarets maltais et

d’habitations juives, où de grasses filles d’Israël, penchées derrière

les volets de leurs fenêtres ou debout à l’entrée d’un couloir revêtu de

faïences bleues, ont des regards d’une bienveillance troublante. Puis,

tout à coup, c’est un morceau de rue de village où le coq chante, un

jardin avec des dattiers qui regardent par-dessus le mur, des bananiers

aux feuilles molles, effiloquées, laissant pendre une fleur énorme,

violette et rouge, au bout du régime à moitié formé.

Évidemment je m’égare; mais dans cette lumière douce, cette fraîcheur,

ce silencieux va-et-vient d’ombres blanches, puisse mon égarement

longtemps durer!

Hélas! voici du bruit, de la poussière, une insupportable chaleur: c’est

le progrès, la civilisation, la ville européenne nouvelle, et l’hôtel de

Paris où, compensation insuffisante, la cloche sonne l’heure du

déjeuner... Car il paraît, chose invraisemblable, que j’ai fait cette

course folle en moins de deux heures.

* * * * *

Que devenir l’après-midi? Je ne voudrais pas recommencer ma promenade;

on gâte une sensation en insistant trop. D’un autre côté, ce grand hôtel

froid, d’un cosmopolitisme décoloré, et qui ressemble à tous les hôtels

du monde, est un triste séjour pour un affamé d’Orient. Si je faisais la

sieste? Mais ne fait pas la sieste qui veut, et je n’ai pas encore

appris à faire la sieste.

Tandis que je prends ma demi-tasse,--à l’européenne, ô rougeur!--sous

les arcades poussiéreuses d’un café neuf, peuplé de garçons rasés, et

qui affiche pour toute originalité d’avoir sa terrasse assiégée par une

quinzaine de cicerones décrotteurs, de douze à quinze ans, plus ou moins

juifs ou nègres, et d’employer en guise de chasseur un officier tunisien

lamentable et poli dont on garde le sabre au comptoir quand il va en

course, quelqu’un s’approche et me salue. Je reconnais Dario, l’ami

Dario Attia, le jeune Tunisien de la _Ville de Naples_, qui me croyait à

Sousse depuis deux jours et se montre affectueusement ravi de ma

mésaventure. Remuant et fin, d’une aimable et vive intelligence, mélange

d’Italien et d’Asiatique, car sa mère est des environs de Naples et son

grand-père venait d’Alep, quelque peu Israélite aussi, autant qu’on peut

l’induire de son profil très pur et de son regard noir, mais Israélite

sans fanatisme, Dario présente un fort sympathique spécimen de la fusion

des races en Tunisie, et de ce métal de Corinthe que l’on appelle un

Levantin.

Dario trouve tout de suite l’emploi de la journée. N’est-ce pas fête?

C’est fête, en effet; tout à l’heure, je me le rappelle, j’ai failli

assister à une grand’messe, étant entré,--comme je suivais, sans penser

à mal, un groupe de Maltaises brunes, à mâchoire solide, à pommettes

saillantes, belles sous leur cape de satin noir, quoique d’une beauté un

peu masculine,--dans une église d’aspect très catholique à l’intérieur,

mais précédée, en guise de parvis, d’une petite cour mauresque où les

fidèles, en attendant l’heure, marchandaient des souvenirs de Jérusalem,

menus objets en nacre et en bois d’olivier familièrement étalés sur le

pavé. C’est fête! Or un Tunisien qui se respecte va, les fêtes et le

dimanche, à Hammam-Lif, quand il ne va pas à la Goulette. Dario Attia me

donne, d’ailleurs, à entendre que le patriotisme au besoin me ferait un

devoir d’opter pour Hammam-Lif. Le chemin de fer de la Goulette,

sommairement construit par les Anglais, a été acheté, comme on sait, par

une Compagnie italienne, la Compagnie Rubbatino. Aussi les employés

affectent-ils de ne parler que l’italien et les affiches sont-elles

exclusivement rédigées dans la langue du Dante, ce qui ne laisse pas que

d’être gênant et même quelque peu vexatoire. Mais la ligne de Hammam-Lif

est française; et, comme lieu de plaisir et de bain de mer dominical,

Hammam-Lif commence à faire une sérieuse concurrence à la Goulette. Les

amis des Français vont à Hammam-Lif de préférence: Vivent la France et

Hammam-Lif!

Nous trouvons à la gare une foule endimanchée qui attend. Sauf quelques

chechias, quelques turbans, la note éclatante d’un costume juif, on

pourrait se croire un jour d’été à une gare de banlieue. Le train

contourne d’abord le lac, puis il suit la mer et vous dépose en plein

sable, sur une plage, au pied de montagnes arrondies, couvertes de

myrtes ras et se creusant en vallons agréables. Quelques maisons, un

café maure, un dar-el-Bey transformé en caserne, et l’établissement des

bains que je commets l’imprudence de visiter. Les étuves souterraines où

jaillissent des sources d’eau, bouillantes et fumantes, datent du temps

des Romains. Mais si les constructions paraissent romaines, les puces

qui y pullulent sont certainement d’importation arabe; seule la puce

arabe peut donner ainsi la sensation d’une aiguille de fin acier

s’enfonçant soudain dans la chair. Ces puces maigres et nerveuses

m’empêcheront longtemps d’oublier ma visite aux thermes d’Hammam-Lif.

J’ai pourtant essayé de les noyer. On se baigne là-bas, le long de la

plage, joyeusement, comme en famille; puis on mange et boit sur le

sable, mets quelconques et boissons tièdes que vend un mercanti, à

l’ombre de cabanes improvisées. L’installation est encore assez

primitive; mais le sable fin descend sous l’eau à très douce pente; le

paysage, entre la montagne et la mer, avec cet horizon de caps pareils à

des îles, rappelle, par la grandeur et l’intimité, le golfe de Naples et

le golfe de Juan. Sans même compter les eaux thermales, Tunis, aisément,

peut se faire là, pour remplacer la Goulette envahie et devenue ville,

un vrai paradis de baigneurs.

* * * * *

Le soir, de six à sept heures, tout le monde se promène sur la Marine,

qui est une superbe et large allée filant droit de la porte Bab-el-Bahr

au lac et aux Docks. A l’entrée, sont les constructions neuves de la

colonie européenne, de grands hôtels et des cafés, la Compagnie

transatlantique, la poste, les consulats, le palais du résident

français, une église. Mais les maisons s’abaissent peu à peu, et l’on

est bientôt dans une espèce de campagne çà et là bordée de bicoques et

de débits, quelque chose, moins les villas somptueuses et les platanes,

comme ce Prado de Marseille que je parcourais il y a quatre jours. La

ressemblance est même frappante, à cause de cette colline excoriée,

portant à son faîte les constructions blanches d’un petit fort, flanqué

d’un marabout, qui ne sont pas sans rappeler la chapelle et le fort de

Notre-Dame-de-la-Garde. Quelques haies en roseaux, bordant la route,

ajoutent à l’illusion. Et c’est là, sans doute, ce qui a inspiré cette

enseigne touchante: _Café Provençal_, posée à l’entrée d’une rustique

guinguette où, toute l’après-midi, de braves gens, exilés comme moi de

Sisteron ou de Barbantane, jouent aux boules dans la poussière en se

rafraîchissant de limonades et de sirops.

Derrière les grilles de l’Entrepôt se profilent les mâtures des petits

bateaux plats qui naviguent de Tunis à la Goulette. Tournant à gauche et

franchissant la ligne du chemin de fer, que ne défend aucune barrière,

je me suis trouvé au bord du lac. Dans la nuit tombante, des voiles se

voyaient encore. Le ciel et l’eau, d’un même ton, étaient d’un violet

gris plein de mélancolie. La plage, faite de détritus innommés, exhalait

une odeur de sentine et d’égout; et, au lieu des flamants roses dont

parlent les voyageurs, des milliers de chauves-souris, avec des cris

aigus, voletaient de leur vol palpitant d’oiseaux blessés.

Et c’est en me pressant que j’ai repris le chemin de Tunis, qui m’est

subitement apparu noir sur fond d’or, avec ses remparts, ses minarets et

ses dômes, comme toutes les cités barbaresques regardées au soleil

couchant.

* * * * *

Il y avait musique et foule sur la Marine.

Je n’ai pas voulu me laisser entraîner aux délices du Tunis nocturne

dont j’ai, d’ailleurs, entrevu en plein jour les ruelles mystérieuses et

grouillantes. J’ai même refusé d’entrer dans les brasseries nouvelles,

où l’on boit à l’instar de Paris une bière exécrable, servie par des

Hébé de douteuse fraîcheur, débarquées la veille de Marseille ou

d’Alger.

Le _Giardino Paradiso_ me tente un instant: on y joue la comédie en

italien, au fond d’une longue cour que recouvre une treille, de sorte

que les spectateurs ont sur la tête un plafond de feuilles vertes et de

raisins ambrés. Mais je m’aperçois avec terreur que la pièce, _Il Gobbo

alla corte_, n’est autre chose qu’une adaptation du _Bossu_. Je ne suis

pas venu à Tunis pour y retrouver Lagardère!

Enfin, le dieu du hasard et des voyages, prenant en pitié mon destin, me

fait découvrir un café grec, un peu de couleur locale. Une jeune femme,

vêtue de rouge et portant la calotte ionienne reluisante d’or, secoue

nonchalamment un tambour de basque et chante des couplets à la fois très

rythmés et très mélancoliques. Ce n’est point précisément la musique

grecque comme je l’avais rêvée. Les Turcs, depuis Orphée, ont

malheureusement passé par là. Je n’en veux d’autre preuve que l’air de

profonde satisfaction avec lequel l’auditoire, tout musulman, écoute, en

respirant ses petits bouquets de jasmin et en se chatouillant la plante

des pieds. La chanteuse n’est pas seule. Un violoniste maigre et noir,

coiffé du fez grec en forme de pot à fleurs, un vieillard à grand nez, à

moustaches de pallikare, grattant sur ses genoux une guitare à gros

ventre, constituent l’orchestre. Après chaque chanson, un long entr’acte

silencieux et désolé. Les spectateurs sont alors comme s’ils

n’existaient plus. La femme joue avec le chien. Le violon et la guitare,

les yeux levés au ciel, se perdent en rêveries, immobiles sur leur

estrade, derrière une table portant pour tout ornement un bocal où

circulent, tristes aussi, deux poissons rouges. Puis la femme renvoie le

chien, secoue les plaques en cuivre de son tambour, pousse une note

gutturale, et le concert recommence.

A minuit, j’écoutais encore, envahi de je ne sais quelle paresseuse

extase, et regardant, pendant les intervalles de silence, une vue

photographique de l’Acropole d’Athènes accrochée au mur.

Vingt jours en Tunisie · 第 13 / 39 题