"Quant au COSTUME DES FEMMES d'aujourd'hui, comme il faudrait un
volume entier pour le décrire, je n'ai pas le courage de m'engager
dans ce labyrinte de ridicules et de frivolités. Ce que j'en dirai
seulement en général, c'est qu'autant les femmes du temps passé,
etaient décentes et chastes, et se faisaient gloire d'être graves
et modestes, autant celles de notre siècle mettent tout en oeuvre
pour paraître cyniques et voluptueuses. Nous ne sommes plus au
temps où les plus grandes dames se faisaient honneur de porter la
cordélière.[C] Leurs habillemens étaient aussi larges et fermés,
que celui des femmes de nos jours sont ouverts et légers, et d'une
finesse que les formes du corps, au moindre mouvement, se
dessinent, de manière à ne laisser rien ignorer. A peine se
couvrent-elles le sein d'un voile transparent très-léger ou de je
ne sais quelle palatine qu'elles nomment point-à-jour, qui, en
couvrant tout, ne cache rien; en sorte que si elles n'étalent pas
tous leurs charmes à découvert, c'est que les hommes les moins
scrupuleux, qui se contentent de les persifler, en seraient
révoltés tout-à-fait. D'ailleurs, c'est que ce n'est pas encore la
mode; plusieurs poussent même l'impudence jusqu'à venir dans nos
temples sans coiffure, les cheveux hérissés comme des furies;
d'autres, par une bizarrerie qu'on ne peut expliquer se
dépouillent, autant qu'il est en leur pouvoir, des marques de leur
propre sexe, sembleut rougir d'être femmes, et deviennent
ridicules en voulant paraitre demi-hommes.
"Après avoir deshonoré l'habit des femmes, elles ont encore voulu
prostituer CELUI DES HOMMES. On les a vues adopter successivement
les chapeaux, les redingotes, les vestes, les gilets, les bottes
et jusqu'aux boutons. Enfin si, au lieu de jupons, elles avaient
pu s'accommoder de l'usage de la culotte, la métamorphose était
complette; mais elles ont préféré les robes traînantes; c'est
dommage que la nature ne leur ait donné une troisième main, qui
leur serait nécessaire pour tenir cette longue queue, qui souvent
patrouille la boue ou balaye la poussière. Plût à Dieu que les
anciennes lois fussent encore en vigueur, ou ceux et celles qui
portaient des habits indécent étaient obligés d'aller à Rome pour
en obtenir l'absolution, qui ne pouvait leur être accordée que par
le souverain pontife, &c.
"Les femmes du Bocage, et sur-tout les Viroises, joignent à un
esprit vif et enjoué les qualités du corps les plus estimables.
Blondes et brunes pour le plus grand nombre, elles sont de la
moyenne taille, mais bien formées: elles ont le teint frais et
fleuri, l'oeil vif, le visage vermeil, la démarche leste, un air
étoffé et très élégantes dans tout leur maintien. Si on dit avec
raison que les Bayeusines sont belles, les filles du Bocage, qui
sont leurs voisines, ne leur cèdent en aucune manière, car en
général le sang est très-beau en ce pays. Quant aux talens
spirituels, elles les possèdent à un dégré éminent. Elles parlent
avec aisance, ont le repartie prompte, et outre les soins du
ménage, ou elles excellent de telle sorte qu'il n'y a point de
contrées ou il y ait plus de linge, elles entendent à merveille,
et font avec succès tout le détail du commerce." p. 238.
These passages, notwithstanding the amende honorable of the concluding
paragraph, raised a storm of indignation against the unsuspecting
author! Nor can we be surprised at it.
This publication is really filled with a great variety of curious
historical detail--throughout which is interspersed much that relates
to "romaunt lore" and romantic adventures. The civil wars between
MONTGOMERY and MATIGNON form alone a very important and interesting
portion of the volume; and it is evident that the author has exerted
himself with equal energy and anxiety to do justice to both
parties--except that occasionally he betrays his antipathies against
the Hugonots.[D] I will quote the concluding passage of this work.
There may be at least half a score readers who may think it something
more than merely historically curious:
"Je finirai donc ici mon Histoire. Je n'ai point parlé d'un grand
nombre des faits d'armes et d'actions glorieuses, qui se sont
passés dans la guerre de l'indépendance des Etats-Unis d'Amérique
où beaucoup de Bocains ont eu part; mais mon principal dessein a
été de traiter des guerres qui ont eu lieu dans le Bocage; ainsi
je crois avoir atteint mon but, qui était d'écrire l'Histoire
Militaire des Bocains par des faits et non par des phrases, je ne
peux cependant omettre une circonstance glorieuse pour le Bocage;
c'est la visite que le bon et infortuné Louis XVI. fit aux Bocains
en 1786. Ce grand Monarque dont les vues étaient aussi sages que
profondes, avait résolu de faire construire le beau Port de
Cherbourg, ouvrage vraiment Royal, qui est une des plus nobles
entreprises qui aient été faites depuis l'origine de la Monarchie.
Les Bocains sentirent l'avantage d'un si grand bienfait. Le Roi
venant visiter les travaux, fut accueilli avec un enthousiasme
presqu'impossible à décrire, ainsi que les Princes qui
l'accompagnaient. Sa marche rassemblait à un triomphe. Les peuples
accouraient en foule du fond des campagnes, et bordaient la route,
faisant retentir les airs de chants d'alégresse et des cris
millions de fois répétés de Vive le Roi! Musique, Processions,
Arcs de triomphe, Chemins jonchés de fleurs; tout fut prodigué.
Les villes de Caen, de Bayeux, de Saint-Lo, de Carentan, de
Valognes, se surpassérent dans cette occasion, pour prouver à S.M.
leur amour et leur reconnaissance; mais rien ne fut plus brillant
que l'entrée de ce grand Roi à Cherbourg. Un peuple immense, le
clergé, toute la noblesse du pays, le son des cloches, le bruit du
canon, les acclamations universelles prouvérent au Monarque mieux
encore que la pompe toute Royale et les fêtes magnifiques que la
ville ne cessa de lui donner tous les jours, que les coeurs de
tous les Bocains étaient à lui." p. 428.
[C] "Ceinture alors regardée comme le symbole de la continence. La
reine de France en décorait les femmes titrées dont la conduite
était irréprochable." _Hist. de la réun. de Bretagne a la France
par l'abbé Irail_.
[D] "Les soldats Huguenots commirent dans cette occasion, toutes
sortes de cruautés, d'infamies et de sacrilèges, jusqu'à mêler les
Saintes Hosties avec l'avoine qu'ils donnaient à leurs chevaux: mais
Dieu permit qu'ils n'en voulurent pas manger." p. 369.