HÉLÈNE.

Vite! vite! mes chéris! sauvons-nous!

Et les prenant par la main, elle les entraîna vers le sentier. Ils

descendirent le plus promptement qu'ils purent. Quand ils furent arrivés

au bas de la montagne, ils se sentaient bien las; mais cela ne les

empêcha pas de traverser la route et de passer le pont en courant de

toutes leurs forces; ils ne s'arrêtèrent que quand ils se virent dans

leur cour. Alors ils fermèrent la grille, tant ils avaient peur que la

vieille ne vînt les reprendre.

Ne rencontrant personne ni dans la cour, ni sur la terrasse qui était

fort grande, ils entrèrent dans la maison dont toutes les portes étaient

ouvertes; mais personne dans le salon, personne dans le billard, ni

dans la bibliothèque, ni même dans la cuisine. Ils montèrent le grand

escalier et allèrent droit au parloir de leur mère dont la porte était

ouverte aussi. Elle était à genoux et disait: «Mon Dieu! rendez-moi mes

petits!

--Nous voilà! maman, nous voilà!» crièrent-ils tous ensemble. Et ils

sautèrent sur ses épaules, l'une embrassant ses cheveux, l'autre son

cou, Raymond lui tirant le bras pour lui baiser la main.

En entendant ces petites voix chéries, la pauvre mère se leva vivement,

les prit tous les trois dans ses bras et les serra sur son coeur; puis

elle devint bien pâle et tomba sur le divan.

Raymond et Suzanne montèrent auprès de leur mère, et pressant leurs

petites mains sur ses joues froides, ils baisaient ses paupières

fermées.

Contes et historiettes à l'usage des jeunes enfants Qui commencent à savoir lire · 第 104 / 127 题