HÉLÈNE.

«Je l'avais bien dit qu'elle ne pourrait pas nous suivre!

--Viens, ma petite, dit Raymond en la prenant par la main; je trouverai

bien une source, et nous boirons tous les trois.»

Ils arrivèrent à un passage, entre deux rochers hauts comme le clocher

du village. Comme le soleil commençait à leur faire mal, ils entrèrent

dans ce passage qui était tout plein d'ombre, et ils se trouvèrent

bientôt dans un espace grand comme leur jardin et entouré de rochers

droits comme des murailles; mais, au lieu d'être tout unis, ils étaient

pleins de crevasses d'où pendaient de belles guirlandes d'églantiers

dont les fleurs embaumaient l'air. Il y avait aussi des clématites et

des vignes sauvages; puis encore de grosses touffes de spirées aux

grandes feuilles plissées, dont les fleurs ressemblent à des bouquets de

plumes blanches. Les enfants oublièrent leur soif en voyant toutes ces

belles fleurs qu'ils auraient bien voulu cueillir; mais elles étaient

placées trop haut pour que leurs petites mains pussent y atteindre.

Au bout de cette espèce de jardin sauvage, un filet d'eau tombait des

rochers et bouillonnait dans un petit bassin; puis cette eau allait se

perdre dans les pierres.

Les trois enfants, se désaltérèrent avec l'eau du bassin; ensuite ils

s'amusèrent beaucoup à passer et repasser sous l'arcade que formait le

filet d'eau en tombant du haut de cette espèce de muraille. Ils firent

aussi des bouquets de belle bruyère rose. Sur une de ces bruyères Hélène

trouva une petite bête faite comme un grain de café. Son dos tout

arrondi était rayé de rouge et de noir, puis doré. Elle la posa sur sa

main; et la petite bête était si légère, elle avait les pattes si fines,

que l'enfant ne la sentait pas marcher.

Contes et historiettes à l'usage des jeunes enfants Qui commencent à savoir lire · 第 44 / 127 题