Lettre CXV: _Les Liaisons dangereuses._

Quant aux femmes, leur éducation informe, leur incompétence politique

et littéraire empêchent beaucoup d'auteurs de voir en elles autre chose

que des ustensiles de ménage ou des objets de luxure. Le dîner absorbé

et l'animal satisfait, le poète entre dans la vaste solitude de sa

pensée.

Les femmes écrivent, écrivent avec une rapidité débordante, leur

cœur bavarde à la rame. Elles ne connaissent généralement ni l'art,

ni la mesure, ni la logique; leur style traîne et ondoie comme leurs

vêtements. Un très grand et très justement illustre écrivain, George

Sand and elle-même, n'a pas tout à fait, malgré sa supériorité, échappé

à cette loi du tempérament; elle jette ses chefs-d'œuvre à la poste

comme des lettres. Ne dit-on pas qu'elle écrit ses livres sur du papier

à lettres?

...Je pense qu'une littérature sévère serait chez nous une protestation

utile contre l'envahissante _fatuité_ des femmes, de plus en plus

surexcitée par la dégoûtante idolâtrie des hommes; et je suis très

indulgent pour Voltaire, trouvant bon dans sa préface de _La Mort

de César_, tragédie sans femme, sous de feintes excuses de son

impertinence, de bien faire remarquer son glorieux tour de force:

«_...Aucun de ces auteurs n'a avili ce grand sujet par une intrigue

de galanterie. Mais il y a environ trente-cinq ans qu'un des plus

beaux génies de France [Fontenelle] s'étant associé avec Mlle Barbier

pour composer un Jules César, il ne manqua pas de représenter César

et Brutus amoureux et jaloux. Cette petitesse ridicule est un des

plus grands exemples de la force de l'habitude; personne n'ose guérir

le théâtre français de cette contagion. Il a fallu que, dans Racine,

Mithridate, Alexandre, Porus, aient été galants. Corneille n'a

jamais évité cette faiblesse: il n'a fait aucune pièce sans amour,

et il faut avouer que, dans ses tragédies, si vous exceptez_ Le Cid

_et_ Polyeucte, _cette passion est aussi mal peinte qu'elle y est

étrangère._»

SUR LA BELGIQUE.--MŒURS. LES FEMMES ET L'AMOUR. Pas de _femmes_; pas

d'amour.

Pourquoi?

Pas de galanterie chez l'homme, pas de pudeur chez la femme. La

pudeur, objet prohibé, ou dont on ne sent pas le besoin. Portrait

général de la Flamande, ou du moins de la Brabançonne. (La Wallonne,

mise de côté, provisoirement.) Type général de physionomie, analogue

à celui du mouton et du bélier.--Le sourire, impossible à cause de la

récalcitrante des muscles et de la structure des dents et des mâchoires.

Le teint, en général, blafard, quelquefois vineux. Les cheveux, jaunes.

Les jambes, les gorges, énormes, pleines de suif, les pieds, horreur!!!

En général, une précocité d'embonpoint monstrueux, un gonflement

marécageux, conséquence de l'humidité de l'atmosphère et de la

goinfrerie des femmes.

La puanteur des femmes. Anecdotes.

Obscénité des dames belges. Anecdotes de latrines et de coins de rues.

Quant à l'amour, en référer aux ordures des anciens Flamands. Amour de

sexagénaires. Ce peuple n'a pas changé, et les peintres flamands sont

encore vrais.

De l'amour · 第 21 / 37 题